Depuis la manifestation organisée par le mouvement BlackLivesMatter (les vies noires comptent) dimanche dernier, il semble qu'il n'y a plus que deux alternatives: -soit applaudir à la cause, déboulonner des statues, tagger sa rage, -soit garder le silence.

La solidarité avec les émeutes antiracistes aux Etats-Unis, déclenchées par la mort de George Floyd, un Afro-américain étouffé sous le genou d'un policier blanc est compréhensible. D'un côté à l'autre de l'Atlantique, il y a des résonances, même si beaucoup de différences aussi: le racisme y est un "virus" qu'il faut combattre d'urgence. Pourtant la lutte contre le racisme, portée par le mouvement BlackLivesMatter doit-elle nous faire abdiquer de toute raison, de toute réflexion pour se soumettre à la colère comme si elle était supérieure, plus légitime que tout débat ? Dans le documentaire "I am not your negro" consacré à l'auteur noir américain James Baldwin, ce dernier remarquait déjà: si l'homme noir est en colère contre l'homme blanc, l'homme blanc lui a surtout peur de l'homme noir.

Pourtant ni la peur, ni la colère ne permettent de garder la tête froide et abdiquer de la raison n'aidera pas à faire avancer cette noble cause. Il m'a donc semblé utile de partager certaines informations qui ne sont pas nécessairement blanches/noires, mais grises, couleur de la nuance.

Du côté des "noirs/ victimes" d'abord: au coeur du cyclone, il y a un homme, George Floyd. Cet homme a fait plusieurs séjours en prison pour possession de drogues et vol avec violence. En 2007 il a forcé l'entrée d'une maison, menaçant avec son arme une femme enceinte (afro-américaine elle aussi), fouillant les lieux avec des complices. Il a été condamné à 5 ans de prison dans la "Harris County Jail", comme l'indique Associated Press du 27 mai. Au moment de son arrestation, il était sous drogues. Dire cela ne justifie évidemment pas sa mort. Mais le dire est nécessaire pour éviter d'ériger un homme au lourd passé criminel en icône. Avec une vidéo qui affiche plusieurs millions de vues, Candace Owens, une jeune femme afro-américaine a osé rompre la solidarité communautaire pour dire qu'elle ne soutenait pas George Floyd ! Pourquoi? Parce qu'il est, dit-elle, la figure même de la criminalité qui mine précisément sa communauté, l'enfonce dans l'échec et lui fait honte. Mais comme Georges Floyd est considéré comme une victime, ces informations sont gênantes. Donc il est plus simple de les taire.

Ensuite du côté "blancs/bourreaux": il est frappant de constater à quel point seuls les Blancs peuvent faire l'objet d'une légitime colère et être mis au banc des accusés. Pourtant, le tableau n'est pas blanc/noir, lui non plus. Lorsque des images d'un marché aux esclaves tenus en Libye ont été diffusées en 2017, quelqu'un a-t-il osé interpeller les autorités musulmanes sur le fait qu'elles n'ont jamais prononcé d'abolition officielle de l'esclavage ? Que cette pratique demeure tolérée en terre d'Islam? Quant aux Blancs qui subissent aujourd'hui des injures et violences à caractère raciste dans des quartiers en Europe où ils sont devenus minoritaires, le sujet est simplement tu. Ou lorsqu'il est abordé, les arguments sont: ce sont des cas isolés qui ne représentent rien. Ces insultes seraient-elles justifiées parce que leurs grands parents ont été des colonisateurs ?

La situation est complexe et explosive. Il est devenu risqué de se prononcer. D'ailleurs la grande majorité reste silencieuse comme sur le campus universitaire d'Evergreen aux Etats-Unis où en 2017, un véritable terrorisme s'est exercé par des étudiants de couleurs accompagnés de militants d'extrême gauche, contre des professeurs, accusés de perpétuer un racisme, alors qu'ils se déclaraient pourtant antiracistes convaincus! Ces professeurs n'osaient même plus lever les mains pour accompagner leurs paroles car il s'agissait là d'un geste déclaré "dominateur".

La situation sur ce campus qui était devenue folle, a heureusement pris fin. Mais si elle s'est arrêtée, c'est parce qu'un professeur, un seul a ...osé élever la voix contre ces excès !

Laurence dD'Hondt - Journaliste

Depuis la manifestation organisée par le mouvement BlackLivesMatter (les vies noires comptent) dimanche dernier, il semble qu'il n'y a plus que deux alternatives: -soit applaudir à la cause, déboulonner des statues, tagger sa rage, -soit garder le silence.La solidarité avec les émeutes antiracistes aux Etats-Unis, déclenchées par la mort de George Floyd, un Afro-américain étouffé sous le genou d'un policier blanc est compréhensible. D'un côté à l'autre de l'Atlantique, il y a des résonances, même si beaucoup de différences aussi: le racisme y est un "virus" qu'il faut combattre d'urgence. Pourtant la lutte contre le racisme, portée par le mouvement BlackLivesMatter doit-elle nous faire abdiquer de toute raison, de toute réflexion pour se soumettre à la colère comme si elle était supérieure, plus légitime que tout débat ? Dans le documentaire "I am not your negro" consacré à l'auteur noir américain James Baldwin, ce dernier remarquait déjà: si l'homme noir est en colère contre l'homme blanc, l'homme blanc lui a surtout peur de l'homme noir. Pourtant ni la peur, ni la colère ne permettent de garder la tête froide et abdiquer de la raison n'aidera pas à faire avancer cette noble cause. Il m'a donc semblé utile de partager certaines informations qui ne sont pas nécessairement blanches/noires, mais grises, couleur de la nuance.Du côté des "noirs/ victimes" d'abord: au coeur du cyclone, il y a un homme, George Floyd. Cet homme a fait plusieurs séjours en prison pour possession de drogues et vol avec violence. En 2007 il a forcé l'entrée d'une maison, menaçant avec son arme une femme enceinte (afro-américaine elle aussi), fouillant les lieux avec des complices. Il a été condamné à 5 ans de prison dans la "Harris County Jail", comme l'indique Associated Press du 27 mai. Au moment de son arrestation, il était sous drogues. Dire cela ne justifie évidemment pas sa mort. Mais le dire est nécessaire pour éviter d'ériger un homme au lourd passé criminel en icône. Avec une vidéo qui affiche plusieurs millions de vues, Candace Owens, une jeune femme afro-américaine a osé rompre la solidarité communautaire pour dire qu'elle ne soutenait pas George Floyd ! Pourquoi? Parce qu'il est, dit-elle, la figure même de la criminalité qui mine précisément sa communauté, l'enfonce dans l'échec et lui fait honte. Mais comme Georges Floyd est considéré comme une victime, ces informations sont gênantes. Donc il est plus simple de les taire.Ensuite du côté "blancs/bourreaux": il est frappant de constater à quel point seuls les Blancs peuvent faire l'objet d'une légitime colère et être mis au banc des accusés. Pourtant, le tableau n'est pas blanc/noir, lui non plus. Lorsque des images d'un marché aux esclaves tenus en Libye ont été diffusées en 2017, quelqu'un a-t-il osé interpeller les autorités musulmanes sur le fait qu'elles n'ont jamais prononcé d'abolition officielle de l'esclavage ? Que cette pratique demeure tolérée en terre d'Islam? Quant aux Blancs qui subissent aujourd'hui des injures et violences à caractère raciste dans des quartiers en Europe où ils sont devenus minoritaires, le sujet est simplement tu. Ou lorsqu'il est abordé, les arguments sont: ce sont des cas isolés qui ne représentent rien. Ces insultes seraient-elles justifiées parce que leurs grands parents ont été des colonisateurs ? La situation est complexe et explosive. Il est devenu risqué de se prononcer. D'ailleurs la grande majorité reste silencieuse comme sur le campus universitaire d'Evergreen aux Etats-Unis où en 2017, un véritable terrorisme s'est exercé par des étudiants de couleurs accompagnés de militants d'extrême gauche, contre des professeurs, accusés de perpétuer un racisme, alors qu'ils se déclaraient pourtant antiracistes convaincus! Ces professeurs n'osaient même plus lever les mains pour accompagner leurs paroles car il s'agissait là d'un geste déclaré "dominateur". La situation sur ce campus qui était devenue folle, a heureusement pris fin. Mais si elle s'est arrêtée, c'est parce qu'un professeur, un seul a ...osé élever la voix contre ces excès !Laurence dD'Hondt - Journaliste