Cette première grande décision économique de son mandat était attendue. Pendant sa campagne, le candidat républicain n'a cessé de dénoncer cet accord abolissant les barrières douanières et règlementaires entre les Etats-Unis et 11 pays de la région Asie-Pacifique, et auquel la Chine n'était pas associée.

"Le TPP est un accord horrible. Il nous apportera que des ennuis", avait notamment lancé M. Trump assurant que ce traité, qui était en attente de ratification au Congrès, accélérerait les délocalisations.

Elu sur la promesse de ramener des emplois sur le sol américain, le nouveau président ne compte pas s'arrêter là et a promis dimanche de renégocier l'accord de libre-échange Aléna alliant depuis 1994 Etats-Unis, Mexique et Canada, et accusé de précipiter la désindustrialisation aux Etats-Unis.

Traditionnel défenseur du libre-échange sous des administrations démocrates comme républicaines, les Etats-Unis s'engagent donc, sous l'impulsion de leur nouveau président, dans un changement de cap radical.

"La libéralisation régionale des échanges associant les Etats-Unis est morte", affirme à l'AFP Edward Alden, expert au Council on Foreign Relations.

Selon lui, l'administration Trump est persuadée que les Etats-Unis "se font toujours avoir dans les grandes négociations multilatérales" et privilégiera désormais des accords bilatéraux de moindre ampleur.

Le TTIP menacé

Déjà dans les limbes, l'accord de libre-échange TTIP négocié depuis 2013 entre les Etats-Unis et l'Union européenne pourrait donc bien être la prochaine victime sur la liste.

Grand critique de la construction européenne, M. Trump semble se désintéresser totalement de ce traité et ne cache pas son souhait de négocier en priorité un accord bi-latéral avec le Royaume-Uni afin de faire du Brexit un "succès".

Signe qui ne trompe pas, la Première ministre britannique Theresa May sera, vendredi, la première dirigeante étrangère à venir rencontrer le président Trump à Washington.

Portée par un cabinet aux forts penchants protectionnistes, la nouvelle administration américaine pourrait aller encore plus loin en imposant des taxes frontalières, mettant ainsi à exécution une menace maintes fois agitée par M. Trump.

"Ce serait un immense revirement par rapport à la politique américaine des 50 dernières années", affirme à l'AFP Barry Bosworth, expert au Brookings Institute.

Ce recalibrage américain, et plus spécifiquement l'abandon du TPP, n'est toutefois pas sans risques pour la nouvelle administration et pourrait paradoxalement conduire à renforcer la Chine.

Selon ses promoteurs, le TPP aurait ainsi permis de faire contrepoids à l'influence grandissante de la Chine et à la contraindre à se plier à des pratiques commerciales plus équitables pour ne pas être délaissée par les investisseurs.

L'abandon pur et simple du TPP "va consolider le statut de la Chine comme le seul acteur dominant en Asie dans le commerce", estime M. Alden, selon qui les Etats-Unis ont ainsi détruit "leur meilleur moyen de pression" sur Pékin.

La deuxième puissance économique mondiale, que M. Trump menace de représailles commerciales, pourrait même en profiter pour tenter de combler le vide laissé par les Américains.

Lors du récent Forum de Davos, le président chinois Xi Jinping s'est posé en champion du commerce international en plaidant pour le "développement du libre-échange".

Tablant sur l'échec du TPP, Pékin fait d'ailleurs depuis plusieurs mois la promotion de ses propres accords de libre-échange (FTAAP pour le bassin Asie-Pacifique et RCEP en Asie orientale).

Sur la scène intérieure, le recalibrage américain amorcé par le président Trump promet en tout cas de continuer à brouiller les règles du jeu politique, comme il l'a fait pendant sa campagne.

Le TPP était ainsi défendu en choeur par les élus républicains au Congrès et les milieux d'affaires, grands défenseurs du libre-échange, et était farouchement combattu par les syndicats et les ONG environnementales et sociales... qui ont pourtant appelé à défiler contre M. Trump pendant les grands rassemblements de ce week-end.

Cette première grande décision économique de son mandat était attendue. Pendant sa campagne, le candidat républicain n'a cessé de dénoncer cet accord abolissant les barrières douanières et règlementaires entre les Etats-Unis et 11 pays de la région Asie-Pacifique, et auquel la Chine n'était pas associée."Le TPP est un accord horrible. Il nous apportera que des ennuis", avait notamment lancé M. Trump assurant que ce traité, qui était en attente de ratification au Congrès, accélérerait les délocalisations.Elu sur la promesse de ramener des emplois sur le sol américain, le nouveau président ne compte pas s'arrêter là et a promis dimanche de renégocier l'accord de libre-échange Aléna alliant depuis 1994 Etats-Unis, Mexique et Canada, et accusé de précipiter la désindustrialisation aux Etats-Unis.Traditionnel défenseur du libre-échange sous des administrations démocrates comme républicaines, les Etats-Unis s'engagent donc, sous l'impulsion de leur nouveau président, dans un changement de cap radical."La libéralisation régionale des échanges associant les Etats-Unis est morte", affirme à l'AFP Edward Alden, expert au Council on Foreign Relations. Selon lui, l'administration Trump est persuadée que les Etats-Unis "se font toujours avoir dans les grandes négociations multilatérales" et privilégiera désormais des accords bilatéraux de moindre ampleur.Déjà dans les limbes, l'accord de libre-échange TTIP négocié depuis 2013 entre les Etats-Unis et l'Union européenne pourrait donc bien être la prochaine victime sur la liste. Grand critique de la construction européenne, M. Trump semble se désintéresser totalement de ce traité et ne cache pas son souhait de négocier en priorité un accord bi-latéral avec le Royaume-Uni afin de faire du Brexit un "succès". Signe qui ne trompe pas, la Première ministre britannique Theresa May sera, vendredi, la première dirigeante étrangère à venir rencontrer le président Trump à Washington.Portée par un cabinet aux forts penchants protectionnistes, la nouvelle administration américaine pourrait aller encore plus loin en imposant des taxes frontalières, mettant ainsi à exécution une menace maintes fois agitée par M. Trump."Ce serait un immense revirement par rapport à la politique américaine des 50 dernières années", affirme à l'AFP Barry Bosworth, expert au Brookings Institute. Ce recalibrage américain, et plus spécifiquement l'abandon du TPP, n'est toutefois pas sans risques pour la nouvelle administration et pourrait paradoxalement conduire à renforcer la Chine.Selon ses promoteurs, le TPP aurait ainsi permis de faire contrepoids à l'influence grandissante de la Chine et à la contraindre à se plier à des pratiques commerciales plus équitables pour ne pas être délaissée par les investisseurs.L'abandon pur et simple du TPP "va consolider le statut de la Chine comme le seul acteur dominant en Asie dans le commerce", estime M. Alden, selon qui les Etats-Unis ont ainsi détruit "leur meilleur moyen de pression" sur Pékin. La deuxième puissance économique mondiale, que M. Trump menace de représailles commerciales, pourrait même en profiter pour tenter de combler le vide laissé par les Américains.Lors du récent Forum de Davos, le président chinois Xi Jinping s'est posé en champion du commerce international en plaidant pour le "développement du libre-échange".Tablant sur l'échec du TPP, Pékin fait d'ailleurs depuis plusieurs mois la promotion de ses propres accords de libre-échange (FTAAP pour le bassin Asie-Pacifique et RCEP en Asie orientale).Sur la scène intérieure, le recalibrage américain amorcé par le président Trump promet en tout cas de continuer à brouiller les règles du jeu politique, comme il l'a fait pendant sa campagne.Le TPP était ainsi défendu en choeur par les élus républicains au Congrès et les milieux d'affaires, grands défenseurs du libre-échange, et était farouchement combattu par les syndicats et les ONG environnementales et sociales... qui ont pourtant appelé à défiler contre M. Trump pendant les grands rassemblements de ce week-end.