Presqu'un an après l'élection de Donald Trump, le camp républicain est plus divisé que jamais. Mais son rival démocrate n'est pas en meilleur état. Si le malaise persiste, cela pourrait mettre à mal la résistance et les tentatives pour vaincre le "trumpisme".
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Presqu'un an après l'élection de Donald Trump, le camp républicain est plus divisé que jamais. Mais son rival démocrate n'est pas en meilleur état. Si le malaise persiste, cela pourrait mettre à mal la résistance et les tentatives pour vaincre le "trumpisme". Grosso modo, ces deux visions peuvent être considérées comme "l'aile populiste" et "l'aile de l'establishment". Mais la terminologie même des deux camps pose problème. Le conflit actuel a débuté durant la primaire démocrate pour la présidentielle. Les querelles internes surgissent souvent durant ce type de campagne, mais celle-ci persiste. Cette année, un écosystème complet (podcasts, magazines, déclaration...) a permis de maintenir cette division. Et elle resurgit régulièrement, de l'élection du nouveau président du Comité national démocrate au scepticisme de certains pour des candidats potentiels pour 2020. Et trouver une solution à ce conflit est difficile, car, au stade actuel, chaque réponse, chaque résolution proposée peut être interprétée comme appartenant à telle ou telle idéologie. Pete Davis, réformateur civique et membre de The Democratic Alternative, résume dans un article pour le Guardian les divisions internes au Parti démocrate en trois points : la loyauté envers le parti, la manière de considérer les élections et la rivalité avec le Parti républicain. Les libéraux trouvent que les "gauchistes" ne sont pas suffisamment loyaux envers le parti démocrate lorsqu'il s'agit des élections générales. Les soutiens d'Hillary Clinton, par exemple, trouvent que Bernie Sanders a trop attaqué sa rivale durant la primaire démocrate, et qu'il ne l'a pas assez soutenue lors de l'élection présidentielle. D'autant que, bien qu'attachée administrativement aux démocrates au Sénat et s'étant présenté à la primaire du parti, Sanders est politiquement indépendant. Il a cependant été adhérent au Parti démocrate entre 2015 et 2016. De plus, la loyauté pour le parti est vue aussi comme une loyauté envers le chef de parti, ou une figure démocrate importante et médiatique. L'aile gauche ressent ces accusations de déloyauté comme une punition, alors qu'ils défendent tout simplement une vision différente. Ils se préoccupent en effet moins de satisfaire un groupe restreint de militants, mais essayent de convaincre des électeurs potentiels, abstentionnistes ou indépendants par exemple, qui ne sont attachés à aucun parti. Concernant la stratégie électorale, deux visions s'opposent également. En cas de défaite, la stratégie des libéraux pour reprendre le pouvoir sera de recentrer ses propositions politiques durant la campagne. Ils trouvent également la gauche axée davantage idéologie que victoire. En cas de défaite, eux auront plus tendance à vouloir se différencier. "En bref, l'aile libérale du parti croit que la victoire mène à l'idéalisme, alors que l'aile gauche du parti croit que l'idéalisme mène à la victoire", résume Pete Davis. La différence perçue par les différents camps entre les démocrates et les républicains influence également leur vision des choses. Les libéraux considèrent que le gouffre entre les deux formations est énorme. Et que seuls les Démocrates sont capables de les arrêter. Leur stratégie est, dès lors, fortement influencée par l'opposition aux agissements et idées du parti rival. A gauche, on pense que cet écart est plus réduit et qu'une coopération est, parfois, possible sur certaines thématiques.