Andrew Jackson, le septième président américain, est le premier à essuyer un attentat. Le 30 janvier 1835, à michemin de son second mandat, Jackson se rend au Capitole, le siège du Parlement américain, pour assister aux funérailles d'un membre de la Chambre des représentants. En quittant l'église, le président est mis en joue par un homme armé de deux pistolets. Mais les deux armes s'enrayent, probablement à cause du mauvais temps. Jackson, bien qu'âgé de 76 ans, aguerri par une longue carrière militaire, a tôt fait de mettre son assaillant au pas à coups de canne. L'auteur de l'attentat, Richard Lawrence, était un peintre en bâtiment né en Angleterre qui se prenait pour Richard III ! Il était si désaxé qu'on renonça à le juger. Il fut interné dans un asile jusqu'à sa mort, en 1861.
...

Andrew Jackson, le septième président américain, est le premier à essuyer un attentat. Le 30 janvier 1835, à michemin de son second mandat, Jackson se rend au Capitole, le siège du Parlement américain, pour assister aux funérailles d'un membre de la Chambre des représentants. En quittant l'église, le président est mis en joue par un homme armé de deux pistolets. Mais les deux armes s'enrayent, probablement à cause du mauvais temps. Jackson, bien qu'âgé de 76 ans, aguerri par une longue carrière militaire, a tôt fait de mettre son assaillant au pas à coups de canne. L'auteur de l'attentat, Richard Lawrence, était un peintre en bâtiment né en Angleterre qui se prenait pour Richard III ! Il était si désaxé qu'on renonça à le juger. Il fut interné dans un asile jusqu'à sa mort, en 1861.Avant même que Lincoln n'ait entamé sa présidence, six Etats du Sud ont décidé de se séparer de l'Union. Le 1er février 1861, ils proclament l'instauration des Etats confédérés d'Amérique et se dotent de leur propre président, Jefferson Davis. Deux mois plus tard, les troupes confédérées ayant ouvert le feu sur un fort fédéral qui contrôlait l'accès à Charleston, capitale de la Caroline du Sud, la guerre de Sécession est déclarée.Nettement plus peuplé que le Sud, le Nord affichait certes sa supériorité économique mais les Sudistes étaient militairement mieux préparés. Les premières confrontations se soldent ainsi à l'avantage de la confédération.Trois jours d'été vont pourtant renverser la situation en 1863, à Gettysburg. Jetant toutes ses forces dans la bataille, le commandant en chef de l'armée sudiste Robert Lee tente d'envahir le Nord, mais il doit sonner la retraite au bout du troisième jour après avoir subi de lourdes pertes. La rébellion se poursuit encore durant deux ans, jusqu'au 9 avril 1865, date à laquelle le général Lee rend finalement les armes. Ces quelques années de guerre civile ayant permis aux Américains d'apprécier sa droiture, sa sincérité et sa ténacité, Lincoln est réélu à l'automne 1864, avec une écrasante majorité, pour un second mandat présidentiel.Loin de chercher à humilier le Sud, Lincoln envisage même de dédommager les planteurs pour l'affranchissement de leurs esclaves. Mais il n'a guère l'opportunité de mettre son plan magnanime à exécution. John Wilkes Booth, un acteur populaire rendu célèbre par ses interprétations de Shakespeare, haïssait profondément les Nordistes et il voyait en Lincoln, qui prétendait octroyer le droit de vote aux Noirs, le diable en personne. Avec quelques complices, Booth fomente un complot visant, dès le début de son deuxième mandat, à supprimer le président et ses principaux ministres. Le jour de l'investiture, Lincoln aurait pu être enlevé et sans doute assassiné lorsqu'il se prépare à prononcer son second discours inaugural, mais le président change finalement d'itinéraire et les conjurés l'attendent en vain sur le parcours initial.Le 14 avril 1865, Booth apprend que Lincoln assistera le soir même à une représentation au théâtre Ford. Le comédien étant un familier du lieu, nul ne s'étonne de sa présence sans ticket dans l'escalier menant à la loge présidentielle. Le garde qui en défend l'entrée quitte inopinément son poste. Au beau milieu du troisième acte, Booth pousse la porte et tire une balle dans la nuque du président. Il bondit ensuite sur la scène hurlant la devise de l'Etat de Virginie " Sic semper tyrannis " (" Ainsi tombent les tyrans "). Bien qu'il se soit fracturé la jambe dans sa chute, il tire parti de la confusion ambiante et parvient à s'échapper par la sortie des artistes.Les attentats concomitants contre le vice-président Johnson et le secrétaire à la guerre Stanton échouent quant à eux. Lincoln décède le lendemain du meurtre. Sa mort est vécue comme un désastre dans tout le pays, y compris les Etats sudistes. Son successeur Andrew Johnson a beau partager les idées de Lincoln, il n'a pas autant de carrure pour s'opposer à la vindicte d'un Congrès déterminé à faire payer sa rébellion au Sud.Fuyant vers le sud avec l'un de ses acolytes, Booth se fait aider en chemin par des sympathisants et trouve même un docteur pour réparer sa jambe cassée. Il aboutit finalement dans une grange à une cinquantaine de kilomètres de Washington, en Virginie du Nord. Deux semaines après l'attentat, il est repéré par des troupes fédérales qui tentent de le faire sortir de sa cachette en y boutant le feu. Refusant de se rendre, Booth est abattu par un soldat à travers une ouverture soudain pratiquée dans le mur de la grange et meurt sur le coup.Plusieurs personnes furent arrêtées et interrogées pour leur participation présumée à la conspiration. Seules 7 d'entre elles furent inculpées par un tribunal militaire : sept hommes et une femme, Mary Suratt, propriétaire d'une pension où se réunissaient les conjurés. Condamnés à mort, Suratt et trois complices furent pendus. Trois autres furent détenus à perpétuité et le dernier s'en sortit avec une peine de six ans de prison.Malgré l'assassinat de Lincoln, nul ne songea à renforcer la sécurité des présidents qui suivirent puisque les raisons de cet attentat naissaient avec la guerre de Sécession, qui était bel et bien terminée. Seize ans plus tard, le 2 juillet 1881, il semble donc absolument normal que le président Garfield débarque sans la moindre escorte dans une gare de Washington pour prendre le train à destination du New Jersey. Il n'est accompagné que par le secrétaire d'Etat James Blaine, qui le laisse même un moment seul dans la salle des pas perdus. Et c'est précisément ce qu'attendait Charles Guiteau, tapi dans les toilettes des dames. Il sort à la rencontre du président, dégaine brusquement son arme et lui tire dessus à deux reprises.La première balle atteignit seulement Garfield au bras, mais la seconde le frappa au ventre et resta logée dans la région intestinale. Le président fut aussitôt reconduit à la Maison-Blanche où les meilleurs chirurgiens du pays firent ce qu'ils purent pour retirer le projectile. Dans l'état actuel de la médecine, Garfield aurait plus que probablement pu être sauvé et c'est vraisemblablement le manque d'hygiène au cours de son opération qui lui fut fatal. Emmené dans une villa en bord de mer pour se remettre de ses blessures, le président y succomba finalement le 19 septembre, quelque six mois après avoir sa prestation de serment.Mais qui donc était Charles Guiteau ? Après une carrière de juriste manquée, Guiteau s'intéresse à la politique. Il était d'ailleurs présent à la Convention républicaine de 1880 où James Garfield fut nominé comme candidat à la présidence, au trente-sixième tour de scrutin.Guiteau s'était persuadé que Garfield devait sa victoire à un discours qu'il avait lui-même écrit et tenu pendant la Convention. Une fois Garfield élu, l'homme manifestement déséquilibré qu'était Guiteau jugea que son engagement lui donnait droit à un emploi de fonctionnaire. Il ambitionnait d'être nommé au poste de consul des Etats-Unis à Paris.Après le rejet systématique de sa requête, Guiteau se mit à harceler le tout nouveau président.Guiteau fut maîtrisé par des témoins juste après l'attentat. Ses avocats plaidèrent son irresponsabilité pour cause de folie, mais leur thèse fut rejetée. Jugé coupable à l'issue d'un long procès, il fut condamné à mort et exécuté.William McKinley accéda à la présidence en 1897, les Etats-Unis étant alors plongés dans une forte crise. Grâce à une gestion économique audacieuse et une politique étrangère musclée, McKinley fit néanmoins en sorte qu'à l'aube de son second mandat, les Etats-Unis puissent se hisser au rang de grande puissance mondiale. La victoire remportée dans une courte guerre contre une Espagne sans défense vit passer Cuba, Porto Rico, les Philippines et l'île de Guam sous pavillon américain. Pour bien montrer que les Etats-Unis comptaient maintenir ce cap, une vaste exposition panaméricaine fut organisée à Buffalo en septembre 1901.La position expansionniste du président ne faisait pas que des heureux et les services de sécurité avaient eu vent de l'existence d'une frange de radicaux extrêmement déterminés au sein du mouvement ouvrier en plein essor. A Buffalo, ces anarchistes faisaient l'objet d'une vigilance renforcée. Un moment critique se présenta le vendredi 6 septembre, une foule nombreuse faisant la file lors d'une réception publique pour serrer la main du président. D'après un journaliste du Baltimore Sun, les hommes chargés de sa sécurité tenaient à l'oeil un individu moustachu qui avait l'air d'un étranger. Ce faisant, ils ne remarquèrent pas le jeune homme mince et élancé dont une main était bandée d'un foulard. Quand vint son tour, il repoussa la main tendue de McKinley, sortit un pistolet de son bandage et tira deux coups dans l'abdomen du président. Une balle fut déviée par un bouton, mais l'autre s'enfonça dans ses entrailles. A l'instar de Garfield, c'est l'infection causée par la blessure qui fut fatale. Mais son agonie fut nettement moins longue. Il expira le 14 septembre, une bonne semaine après l'assassinat.Son meurtrier, un jeune anarchiste nommé Leon Czolgosz, était le fils d'une famille polonaise émigrée aux Etats-Unis. Emma Goldman, une anarchiste d'origine russe, avait su le convertir à la " bonne cause " à l'occasion d'une entrevue à Chicago. Czolgosz refusa toute assistance juridique et assura seul sa propre défense à son procès. Il proclama que McKinley était l'ennemi des travailleurs livrés à une exploitation intolérable, raison pour laquelle il avait dû l'assassiner. Czolgosz fut condamné à mort et électrocuté.John Fitzgerald Kennedy fut-il l'un des plus grands présidents des Etats-Unis ou aurait-on surestimé son importance ? Aujourd'hui encore, beaucoup d'Américains n'ont pas tranché la question. Ses détracteurs lui reprochent sa responsabilité dans la crise des missiles de Cuba et son incapacité à faire baisser les taxes ou à faire reconnaître les droits civiques de la population afroaméricaine. Pour ses partisans, l'erreur de jugement commise lors du débarquement de la baie des Cochons, au printemps 1961, fut compensée six mois plus tard en contraignant Khrouchtchev à retirer les missiles soviétiques de Cuba. Quant à son plan de politique intérieure, Kennedy n'a tout simplement pas eu le temps de le réaliser.La personnalité éclatante de Kennedy contribua à en faire le plus jeune président de l'histoire américaine, et le premier catholique à occuper la Maison-Blanche. Quels que fussent ses défauts, son charisme, sa présence et sa franchise lui assurèrent, tant aux Etats-Unis que dans le reste du monde occidental, une popularité exceptionnelle pendant toute la durée de sa présidence. Cinq mois avant sa mort, sa renommée atteignit des sommets inégalés lorsque, face à une foule de 400 000 personnes, il lança son célèbre " Ich bin ein Berliner " (" Je suis un Berlinois ") devant la mairie de Schöneberg à Berlin.Après son retour à Washington, Kennedy entame ses préparatifs en vue des élections de novembre 1964. Le sénateur républicain Barry Goldwater se dressant bientôt sur sa route, nul ne doute que Kennedy se dirige vers une victoire. La seule ombre au tableau vient de frictions internes dans le Parti démocrate du Texas, où le gouverneur John Connally et le sénateur Ralph Yarborough sont à couteaux tirés. Pour le vice-président Lyndon Johnson, lui-même texan, une visite présidentielle dans cet Etat serait opportune pour éviter que leur conflit ne dégénère.Le 22 novembre 1963, Kennedy atterrit donc avec sa femme Jackie à l'aéroport de Dallas. Accompagné du gouverneur Connally, le couple présidentiel pénètre triomphalement en ville à bord d'une Lincoln, une limousine décapotée. A moins de cinq kilomètres de sa destination, le véhicule des Kennedy est la cible de coups de feu. Deux balles atteignent la nuque du président et le gouverneur est lui aussi gravement touché. La voiture se déroute immédiatement vers le Parkland Memorial Hospital, où Kennedy s'éteindra une demi-heure plus tard.Quelques instants après les faits, le tireur présumé, Lee Harvey Oswald, est arrêté. Cet ex-Marine de 24 ans, qui avait vécu trois ans en URSS, s'était marié avec une Russe et affichait des sympathies pour le régime de Fidel Castro à Cuba. Mais le procès d'Oswald n'eut jamais lieu. Au cours de son transfert depuis le commissariat vers la prison, lui-même fut abattu par Jack Ruby, un propriétaire de boîte de nuit qui déclara avoir agi par compassion envers l'épouse de Kennedy.L'enquête sur son assassinat fut menée sans audition complète du meurtrier présumé. Le nouveau président Lyndon Johnson confia au juge en chef des Etats-Unis Earl Warren la tâche de faire toute la lumière sur l'attentat de Dallas. En septembre 1964, la Commission Warren conclut dans son rapport qu'Oswald et Ruby avaient tous deux agi de leur propre chef et sans aucune complicité. Maintes questions furent cependant laissées sans réponse par cette commission. Plusieurs indices suggéraient notamment la présence d'un second tireur sur les lieux. Une nouvelle commission d'enquête fut donc mise sur pied à la Chambre des représentants, qui conclut en mars 1979 à l'existence d'un complot, bien que les indices en faveur de cette thèse furent à nouveau largement mis en doute. Et aujourd'hui encore, plus d'un demi-siècle après les faits, l'assassinat de Kennedy reste entouré d'un inquiétant voile de mystère.Les funérailles publiques de Kennedy furent célébrées le 25 novembre 1963 à la cathédrale Saint-Matthieu de Washington. Après la messe, le président fut enterré au cimetière militaire d'Arlington, dans l'Etat de Virginie. Des dizaines de chefs d'Etat et de gouvernement assistèrent à l'imposante cérémonie. Quelque cinq ans après la mort de John Kennedy, son jeune frère Robert fut également assassiné lors des primaires démocrates pour l'élection présidentielle de 1968.Marc Gevaert