De nombreux Afghans redoutent en effet que le mouvement islamique applique, comme lors de son premier passage au pouvoir, une interprétation stricte de la charia, la loi islamique, qui se traduirait par une disparition des femmes de l'espace public et une persécution des opposants.

Les inquiétudes sont également vives sur la situation économique et humanitaire du pays, l'un des plus pauvres du monde, dont l'économie dépend fortement d'une aide internationale qui a été suspendue.

- Quelle politique attendre? -

Depuis leur prise de contrôle de Kaboul le 15 août, les talibans, qui s'efforcent d'afficher une image modérée loin du souvenir qu'ils ont laissé de leur premier passage au pouvoir, ont multiplié les promesses.

Leur principal porte-parole, Zabihullah Mujahid, a notamment annoncé une "amnistie générale" pour les opposants et annoncé que les femmes seraient autorisées à travailler dans certains secteurs, notamment celui de la santé.

Le nouveau régime a aussi fait savoir que les femmes pourraient étudier à l'université, mais dans des classes non mixtes, et qu'un programme d'enseignement "islamique et raisonnable" serait proposé.

Il a également promis un "gouvernement inclusif". Des contacts ont été noués avec d'ancien opposants, comme l'ex-président Hamid Karzaï ou des personnalités venant de la vallée du Panchir, d'ethnie majoritairement tadjik.

Ils ont aussi envoyé des représentants rencontrer des membres de la minorité chiite Hazara, persécutée par les talibans dans les années 1990.

- Les Afghans y croient-ils? -

Pour l'heure, leurs déclarations peinent à convaincre et encore moins à rassurer la population afghane. Des milliers de personnes ont désespérément tenté de quitter le pays lors du gigantesque pont aérien mis en place à l'aéroport de Kaboul ces dernières semaines, ce qui témoigne de la défiance et de la crainte persistantes à l'égard des talibans.

Les talibans "vont faire tout leur possible pour priver les femmes de leurs droits fondamentaux. Le monde ne devrait pas détourner le regard (...) ni se faire d'illusions à ce sujet", a prévenu sur Twitter Shaharzad Akbar, la présidente de la Commission afghane indépendante des droits humains.

- Quid de la communauté internationale? -

Les Talibans ont noué des contacts avec plusieurs puissances régionales, que ce soit le Pakistan, l'Iran, la Russie, la Chine ou encore le Qatar. Mais le chemin vers la reconnaissance de la communauté internationale du nouveau régime de Kaboul s'annonce long.

Les États-Unis et plusieurs pays occidentaux ont été clairs: le mouvement devra "mériter" sa légitimité et à cet égard le respect des droits humains, particulièrement celui des femmes, sera scruté de près, tout comme la possibilité pour les Afghans de se rendre librement à l'étranger.

Les principaux donateurs occidentaux et internationaux ont eux suspendu leur aide au pays. Et l'accès aux réserves de la banque centrale afghane détenues aux États-Unis a été gelé.

La reprise de l'aide internationale, dont le montant représentait plus de 40% du PIB afghan en 2020, ne devrait en tout état de cause pas survenir avant la reconnaissance du nouveau régime par la communauté internationale.

Dans ce contexte, l'ONU a mis en garde contre une catastrophe humanitaire qui pourrait affecter les Afghans dès cet hiver.

- Quel impact sur l'économie? -

"L'économie de l'Afghanistan se caractérise par sa fragilité et sa dépendance à l'aide" internationale, relève la Banque mondiale.

Avec la suspension de l'aide internationale, la situation économique afghane constitue donc un défi de taille pour le nouveau régime, qui va devoir trouver les fonds pour verser les salaires des fonctionnaires et maintenir en état de marche les infrastructures vitales (eau, électricité, communications).

Selon plusieurs analystes, la pression économique pourrait nourrir le mécontentement d'une partie de la population qui avait pu bénéficier au cours de ces vingt dernières années d'une hausse du niveau de vie, du moins dans certaines villes.

- Une guerre civile est-elle possible? -

Les talibans sont incontestablement dans une position plus confortable que lorsqu'ils avaient pris le pouvoir en 1996, certains de leurs principaux rivaux ou ennemis ayant pris la fuite ou été capturés.

La dernière proche de résistance au nouveau régime se situe dans la vallée du Panchir. De récentes déclarations laissent toutefois penser qu'un accord n'est pas complètement exclu.

La rivalité entre les talibans et le groupe État islamique pourrait constituer en revanche une véritable menace. Les deux groupes sont en concurrence pour incarner le jihad et la branche locale de l'EI a vivement critiqué l'accord conclu par les talibans avec Washington qui a conduit au retrait des dernières troupes américaines du pays lundi.

Il faut ajouter à ce tableau plusieurs milices locales présentes à travers le pays qui pourraient se retourner contre les talibans.

De nombreux Afghans redoutent en effet que le mouvement islamique applique, comme lors de son premier passage au pouvoir, une interprétation stricte de la charia, la loi islamique, qui se traduirait par une disparition des femmes de l'espace public et une persécution des opposants. Les inquiétudes sont également vives sur la situation économique et humanitaire du pays, l'un des plus pauvres du monde, dont l'économie dépend fortement d'une aide internationale qui a été suspendue.- Quelle politique attendre? - Depuis leur prise de contrôle de Kaboul le 15 août, les talibans, qui s'efforcent d'afficher une image modérée loin du souvenir qu'ils ont laissé de leur premier passage au pouvoir, ont multiplié les promesses.Leur principal porte-parole, Zabihullah Mujahid, a notamment annoncé une "amnistie générale" pour les opposants et annoncé que les femmes seraient autorisées à travailler dans certains secteurs, notamment celui de la santé. Le nouveau régime a aussi fait savoir que les femmes pourraient étudier à l'université, mais dans des classes non mixtes, et qu'un programme d'enseignement "islamique et raisonnable" serait proposé. Il a également promis un "gouvernement inclusif". Des contacts ont été noués avec d'ancien opposants, comme l'ex-président Hamid Karzaï ou des personnalités venant de la vallée du Panchir, d'ethnie majoritairement tadjik.Ils ont aussi envoyé des représentants rencontrer des membres de la minorité chiite Hazara, persécutée par les talibans dans les années 1990.- Les Afghans y croient-ils? -Pour l'heure, leurs déclarations peinent à convaincre et encore moins à rassurer la population afghane. Des milliers de personnes ont désespérément tenté de quitter le pays lors du gigantesque pont aérien mis en place à l'aéroport de Kaboul ces dernières semaines, ce qui témoigne de la défiance et de la crainte persistantes à l'égard des talibans.Les talibans "vont faire tout leur possible pour priver les femmes de leurs droits fondamentaux. Le monde ne devrait pas détourner le regard (...) ni se faire d'illusions à ce sujet", a prévenu sur Twitter Shaharzad Akbar, la présidente de la Commission afghane indépendante des droits humains.- Quid de la communauté internationale? -Les Talibans ont noué des contacts avec plusieurs puissances régionales, que ce soit le Pakistan, l'Iran, la Russie, la Chine ou encore le Qatar. Mais le chemin vers la reconnaissance de la communauté internationale du nouveau régime de Kaboul s'annonce long. Les États-Unis et plusieurs pays occidentaux ont été clairs: le mouvement devra "mériter" sa légitimité et à cet égard le respect des droits humains, particulièrement celui des femmes, sera scruté de près, tout comme la possibilité pour les Afghans de se rendre librement à l'étranger.Les principaux donateurs occidentaux et internationaux ont eux suspendu leur aide au pays. Et l'accès aux réserves de la banque centrale afghane détenues aux États-Unis a été gelé.La reprise de l'aide internationale, dont le montant représentait plus de 40% du PIB afghan en 2020, ne devrait en tout état de cause pas survenir avant la reconnaissance du nouveau régime par la communauté internationale. Dans ce contexte, l'ONU a mis en garde contre une catastrophe humanitaire qui pourrait affecter les Afghans dès cet hiver.- Quel impact sur l'économie? -"L'économie de l'Afghanistan se caractérise par sa fragilité et sa dépendance à l'aide" internationale, relève la Banque mondiale. Avec la suspension de l'aide internationale, la situation économique afghane constitue donc un défi de taille pour le nouveau régime, qui va devoir trouver les fonds pour verser les salaires des fonctionnaires et maintenir en état de marche les infrastructures vitales (eau, électricité, communications).Selon plusieurs analystes, la pression économique pourrait nourrir le mécontentement d'une partie de la population qui avait pu bénéficier au cours de ces vingt dernières années d'une hausse du niveau de vie, du moins dans certaines villes. - Une guerre civile est-elle possible? -Les talibans sont incontestablement dans une position plus confortable que lorsqu'ils avaient pris le pouvoir en 1996, certains de leurs principaux rivaux ou ennemis ayant pris la fuite ou été capturés. La dernière proche de résistance au nouveau régime se situe dans la vallée du Panchir. De récentes déclarations laissent toutefois penser qu'un accord n'est pas complètement exclu.La rivalité entre les talibans et le groupe État islamique pourrait constituer en revanche une véritable menace. Les deux groupes sont en concurrence pour incarner le jihad et la branche locale de l'EI a vivement critiqué l'accord conclu par les talibans avec Washington qui a conduit au retrait des dernières troupes américaines du pays lundi. Il faut ajouter à ce tableau plusieurs milices locales présentes à travers le pays qui pourraient se retourner contre les talibans.