Après avoir mené l'opération ayant mené à la mort de Baghdadi, les Etats-Unis "ont lancé une gigantesque campagne de communication", a déclaré M. Erdogan lors d'un discours à Ankara retranmis à la télévision.

"Quant à nous, nous avons attrapé son épouse - je le dis aujourd'hui pour la toute première fois -, mais nous ne fanfaronnons pas à ce sujet", a dit le président turc, sans indiquer ni quand ni où cette arrestation avait eu lieu.

Mardi, des responsables turcs avaient annoncé l'arrestation d'une soeur de Baghdadi, de l'époux de celle-ci, de sa belle-fille et de cinq enfants, lors d'une opération des forces turques en Syrie.

M. Erdogan a lui aussi déclaré mercredi qu'une "soeur et un beau-frère" de Baghdadi avaient été arrêtés.

Le président américain Donald Trump a annoncé le 27 octobre la mort de Baghdadi lors d'un raid au cours de la nuit précédente dans le nord-ouest de la Syrie, à quelques kilomètres de la frontière turque.

Le lendemain de cette annonce, la Turquie a affirmé que ses services de renseignement et ses militaires avaient eu des contacts "intenses" avec leurs homologues américains dans la nuit où s'est déroulée l'opération ayant conduit à l'élimination de Baghdadi.

Longtemps soupçonnée d'avoir laissé les djihadistes traverser sa frontière pour rejoindre la Syrie après le début du conflit qui déchire ce pays depuis 2011, la Turquie, frappée par plusieurs attentats commis par l'EI, a rejoint en 2015 la coalition antidjihadiste.

Mais Ankara a été accusé ces dernières semaines d'affaiblir la lutte contre les éléments dispersés de l'EI en lançant, le 9 octobre, une offensive contre la milice kurde des Unités de protection du peuple (YPG), fer de lance du combat contre l'organisation djihadiste.