En Tanzanie, 60% des enfants atteints de cécité meurent de faim dans les deux années qui suivent, délaissés par leurs proches. Dans de nombreuses familles, l'enfant avec un handicap, qu'il soit visuel ou autre, est en effet souvent considéré comme un fardeau. Etre aveugle dans un pays pauvre ne laisse que peu d'espoir à un enfant dans une société où tout un chacun se doit d'apporter sa petite pierre à l'édifice pour survivre.

Au vu des ces statistiques tragiques, le slogan affiché par l'ONG Lumière pour le Monde prend tout son sens: "sauver la vue pour sauver la vie". L'ONG belge, active depuis près de 20 ans, soutient des programmes d'intégration des enfants malvoyants dans l'enseignement dit "ordinaire" dans différentes régions de Tanzanie.

Dans les écoles africaines, force est de constater que les obstacles sont encore grands à l'accueil des élèves aveugles et malvoyants. Certaines écoles réussissent toutefois avec succès leur accompagnement et leur intégration.

En Tanzanie, 60% des enfants aveugles meurent de faim dans les deux années qui suivent.

C'est le cas de la Boma Primary School du village de Korogwe au nord-est de la Tanzanie. Paul est un instituteur itinérant rattaché à cette école. Sur 600 élèves, il suit 53 élèves malvoyants dont 2 totalement aveugles en leur dispensant des cours à domicile. "Nous les suivons au quotidien pour leurs devoirs et s'ils ont des besoins spécifiques", explique-t-il. "Certains enseignants ne se montrent pas très accueillants vis-à-vis des enfants avec un handicap, il y a encore un grand travail à faire là-dessus. Les fonds nous manquent aussi pour mener nos actions à bien", regrette toutefois l'enseignant.

Paul (à gauche) enseignant itinérant dans la région de Korogwe. , LFTW\Raymond Kasoga
Paul (à gauche) enseignant itinérant dans la région de Korogwe. © LFTW\Raymond Kasoga

L'école Mwereni à Moshi, petite bourgade aux pieds du Kilimandjaro, est aussi un exemple réussi d'"enseignement inclusif". Elle a inauguré son unité pour les enfants défients visuels en 1989. Parmi plus de 600 élèves âgés de 5 à 17 ans, elle accueille 80 enfants malvoyants ou aveugles dont une trentaine souffrant d'albinisme. Ces derniers sont encore persécutés à cause de vieilles croyances véhiculées par les plus anciens. Une superstition en Tanzanie affirme ainsi que la prise d'une boisson contenant des membres d'albinos rendrait riche nous confie Damas Fidelis, le directeur de l'établissement. Un mur d'enceinte a même dû être érigé pour les protéger. L'école accueille aussi des enfants souffrant du syndrome Xeroderma Pigmentosum (XP). Surnommés "enfants de la lune", leur peau ne peut pas être exposée au soleil et ils souffrent de photophobie, une crainte de la lumière due à une sensation visuelle douloureuse.

Eric souffre de photophobie., LFTW\Raymond Kasoga
Eric souffre de photophobie. © LFTW\Raymond Kasoga

A l'école Mwereni, les classes sont mixtes. Pendant deux années préparatoires, les enfants déficients visuels suivent un cursus spécial pour apprendre à lire et écrire le braille. Les enseignants s'efforcent de développer leurs facultés tactiles tout en suivant le programme national officiel. Les élèves sont ensuite intégrés dans une classe ordinaire au sein des enfants voyants. De nombreux malvoyants y résident en internat toute l'année, car ils viennent de trop loin que pour pouvoir rentrer régulièrement dans leur famille. Certains sont orphelins.

Dunstan, professeur itinérant à Moshi., LFTW\Raymond Kasoga
Dunstan, professeur itinérant à Moshi. © LFTW\Raymond Kasoga

Le professeur Dunstan s'occupe du programme d'éducation itinérante. Il a suivi 18 élèves issus de 35 écoles de la région sur l'année 2015, dont Elizabeth et Eric de l'école Magereza, atteints tous les deux de photophobie. Il leur a dispensé des cours à domicile, mais a été contraint d'arrêter son programme par manque de fonds. Son travail se focalise maintenant au sein de l'école équipée de tout le matériel nécessaire - machine pour apprendre le braille, loupe,... - à l'accompagnement des enfants malvoyants. Eric et Elisa, munis de lunettes, ont dorénavant une place de choix à un mètre du tableau pour pouvoir suivre, comme n'importe quel autre élève, l'enseignement adapté qui leur est dispensé.

En Tanzanie, 60% des enfants atteints de cécité meurent de faim dans les deux années qui suivent, délaissés par leurs proches. Dans de nombreuses familles, l'enfant avec un handicap, qu'il soit visuel ou autre, est en effet souvent considéré comme un fardeau. Etre aveugle dans un pays pauvre ne laisse que peu d'espoir à un enfant dans une société où tout un chacun se doit d'apporter sa petite pierre à l'édifice pour survivre.Au vu des ces statistiques tragiques, le slogan affiché par l'ONG Lumière pour le Monde prend tout son sens: "sauver la vue pour sauver la vie". L'ONG belge, active depuis près de 20 ans, soutient des programmes d'intégration des enfants malvoyants dans l'enseignement dit "ordinaire" dans différentes régions de Tanzanie. Dans les écoles africaines, force est de constater que les obstacles sont encore grands à l'accueil des élèves aveugles et malvoyants. Certaines écoles réussissent toutefois avec succès leur accompagnement et leur intégration.C'est le cas de la Boma Primary School du village de Korogwe au nord-est de la Tanzanie. Paul est un instituteur itinérant rattaché à cette école. Sur 600 élèves, il suit 53 élèves malvoyants dont 2 totalement aveugles en leur dispensant des cours à domicile. "Nous les suivons au quotidien pour leurs devoirs et s'ils ont des besoins spécifiques", explique-t-il. "Certains enseignants ne se montrent pas très accueillants vis-à-vis des enfants avec un handicap, il y a encore un grand travail à faire là-dessus. Les fonds nous manquent aussi pour mener nos actions à bien", regrette toutefois l'enseignant. L'école Mwereni à Moshi, petite bourgade aux pieds du Kilimandjaro, est aussi un exemple réussi d'"enseignement inclusif". Elle a inauguré son unité pour les enfants défients visuels en 1989. Parmi plus de 600 élèves âgés de 5 à 17 ans, elle accueille 80 enfants malvoyants ou aveugles dont une trentaine souffrant d'albinisme. Ces derniers sont encore persécutés à cause de vieilles croyances véhiculées par les plus anciens. Une superstition en Tanzanie affirme ainsi que la prise d'une boisson contenant des membres d'albinos rendrait riche nous confie Damas Fidelis, le directeur de l'établissement. Un mur d'enceinte a même dû être érigé pour les protéger. L'école accueille aussi des enfants souffrant du syndrome Xeroderma Pigmentosum (XP). Surnommés "enfants de la lune", leur peau ne peut pas être exposée au soleil et ils souffrent de photophobie, une crainte de la lumière due à une sensation visuelle douloureuse.A l'école Mwereni, les classes sont mixtes. Pendant deux années préparatoires, les enfants déficients visuels suivent un cursus spécial pour apprendre à lire et écrire le braille. Les enseignants s'efforcent de développer leurs facultés tactiles tout en suivant le programme national officiel. Les élèves sont ensuite intégrés dans une classe ordinaire au sein des enfants voyants. De nombreux malvoyants y résident en internat toute l'année, car ils viennent de trop loin que pour pouvoir rentrer régulièrement dans leur famille. Certains sont orphelins. Le professeur Dunstan s'occupe du programme d'éducation itinérante. Il a suivi 18 élèves issus de 35 écoles de la région sur l'année 2015, dont Elizabeth et Eric de l'école Magereza, atteints tous les deux de photophobie. Il leur a dispensé des cours à domicile, mais a été contraint d'arrêter son programme par manque de fonds. Son travail se focalise maintenant au sein de l'école équipée de tout le matériel nécessaire - machine pour apprendre le braille, loupe,... - à l'accompagnement des enfants malvoyants. Eric et Elisa, munis de lunettes, ont dorénavant une place de choix à un mètre du tableau pour pouvoir suivre, comme n'importe quel autre élève, l'enseignement adapté qui leur est dispensé.