Une success story avortée

Annalena Baerbock avait été désignée à l'unanimité à la tête du parti des Verts. La jeune candidate soufflait sur le parti un vent de fraîcheur et de nouveauté. Âgée de 40 ans, elle était la plus jeune candidate au poste de chancelière et incarnait la promesse d'un nouveau départ après les 16 ans de pouvoir d'Angela Merkel. Le début de sa campagne aura eu un effet immédiat dans les sondages pour le parti, qui connaîtra des scores historiques. Tout semblait s'annoncer pour le mieux pour la candidate.

La majorité des médias nationaux adorait ce que représentait la nouvelle candidate. Femme, moderne, jeune ; elle incarnait l'avenir et s'opposait en tout point aux deux candidats opposés.

Mais le succès de Mme Baerbock ne fut pas au goût de tout le monde, notamment pour la presse conservatrice. Propulsée sur le devant de la scène, elle deviendra rapidement une cible pour ces médias. Elle sera accusée de plagiat pour son livre, et d'inexactitudes dans son CV (qu'elle modifiera par la suite). Elle sera aussi obligée de reconnaître avoir tardé à déclarer ses revenus annexes. "J'ai commis des erreurs de campagne" reconnaîtra-t-elle dimanche, lors d'une courte prise de parole à Berlin. Tout cela se fera vite ressentir dans les sondages : les Verts dégringolent rapidement.

Un résultat qui reste historique

Même si les résultats ne sont pas à la hauteur des attentes du parti, le score reste tout de même historique face à l'éternel duel SPD/CDU-CSU. Lors du scrutin précédent, les Verts avaient obtenu seulement 8,9% des votes. Ils obtiennent 118 sièges, un record en quarante ans d'existence.

Cette 3e place leur permet de s'imposer comme acteur incontournable de la future coalition. "Nous avons un mandat pour l'Avenir !" affirme Annalena Baerbock.

L'écologie en Europe

La première puissance européenne qui élit une chancelière écologiste pour la première fois, cela aurait pu inspirer d'autres pays. Cette occasion ratée laisse un goût amer à tous ceux qui espéraient voir monter les Verts au pouvoir.

Les inondations meurtrières de juillet dans l'ouest de l'Allemagne ont accentué l'enjeu de l'urgence climatique pour les candidats. Même catastrophe en Belgique, signe que le changement climatique s'opère désormais sous nos yeux. Et les jeunes l'ont bien compris, 25% des votants pour les Verts ont moins de 30 ans.

François Gemenne, spécialiste des questions de géopolitique de l'environnement et professeur à l'ULB et Sciences Po, s'est exprimé sur Twitter : "Dans une démocratie apaisée, où la campagne a porté sur des sujets de fond et non sur des polémiques stériles, l'écologie politique ne représente qu'une option très minoritaire, partagée par à peine un électeur sur sept. Je pense sincèrement que c'est foutu pour le climat." Cette prise de parole suscitera beaucoup de réactions. Beaucoup comptent sur la dimension écologique que l'on retrouve dans le programme du parti vainqueur.

Il conclut pourtant qu'"il n'existe pas de majorité démocratique pour le climat".

Aujourd'hui, plusieurs scénarios sont envisageables et une "coalition climatique" est attendue. Ayant voté une loi avec pour objectif d'atteindre la neutralité carbone en 2045, l'Allemagne reste tout de même un pays avec des enjeux climatiques ambitieux.

Lola Buscemi

Une success story avortéeAnnalena Baerbock avait été désignée à l'unanimité à la tête du parti des Verts. La jeune candidate soufflait sur le parti un vent de fraîcheur et de nouveauté. Âgée de 40 ans, elle était la plus jeune candidate au poste de chancelière et incarnait la promesse d'un nouveau départ après les 16 ans de pouvoir d'Angela Merkel. Le début de sa campagne aura eu un effet immédiat dans les sondages pour le parti, qui connaîtra des scores historiques. Tout semblait s'annoncer pour le mieux pour la candidate.La majorité des médias nationaux adorait ce que représentait la nouvelle candidate. Femme, moderne, jeune ; elle incarnait l'avenir et s'opposait en tout point aux deux candidats opposés.Mais le succès de Mme Baerbock ne fut pas au goût de tout le monde, notamment pour la presse conservatrice. Propulsée sur le devant de la scène, elle deviendra rapidement une cible pour ces médias. Elle sera accusée de plagiat pour son livre, et d'inexactitudes dans son CV (qu'elle modifiera par la suite). Elle sera aussi obligée de reconnaître avoir tardé à déclarer ses revenus annexes. "J'ai commis des erreurs de campagne" reconnaîtra-t-elle dimanche, lors d'une courte prise de parole à Berlin. Tout cela se fera vite ressentir dans les sondages : les Verts dégringolent rapidement.Un résultat qui reste historiqueMême si les résultats ne sont pas à la hauteur des attentes du parti, le score reste tout de même historique face à l'éternel duel SPD/CDU-CSU. Lors du scrutin précédent, les Verts avaient obtenu seulement 8,9% des votes. Ils obtiennent 118 sièges, un record en quarante ans d'existence.Cette 3e place leur permet de s'imposer comme acteur incontournable de la future coalition. "Nous avons un mandat pour l'Avenir !" affirme Annalena Baerbock.L'écologie en EuropeLa première puissance européenne qui élit une chancelière écologiste pour la première fois, cela aurait pu inspirer d'autres pays. Cette occasion ratée laisse un goût amer à tous ceux qui espéraient voir monter les Verts au pouvoir.Les inondations meurtrières de juillet dans l'ouest de l'Allemagne ont accentué l'enjeu de l'urgence climatique pour les candidats. Même catastrophe en Belgique, signe que le changement climatique s'opère désormais sous nos yeux. Et les jeunes l'ont bien compris, 25% des votants pour les Verts ont moins de 30 ans.François Gemenne, spécialiste des questions de géopolitique de l'environnement et professeur à l'ULB et Sciences Po, s'est exprimé sur Twitter : "Dans une démocratie apaisée, où la campagne a porté sur des sujets de fond et non sur des polémiques stériles, l'écologie politique ne représente qu'une option très minoritaire, partagée par à peine un électeur sur sept. Je pense sincèrement que c'est foutu pour le climat." Cette prise de parole suscitera beaucoup de réactions. Beaucoup comptent sur la dimension écologique que l'on retrouve dans le programme du parti vainqueur.Il conclut pourtant qu'"il n'existe pas de majorité démocratique pour le climat".Aujourd'hui, plusieurs scénarios sont envisageables et une "coalition climatique" est attendue. Ayant voté une loi avec pour objectif d'atteindre la neutralité carbone en 2045, l'Allemagne reste tout de même un pays avec des enjeux climatiques ambitieux.Lola Buscemi