Alors que la course avait débuté avec une diversité record au sein des candidats espérant défier le républicain Donald Trump en novembre, tous les participants sur le plateau seront, pour la première fois, blancs.

Attendus sur de nombreux sujets, six candidats se retrouveront à cette nuit (heure belge) pour débattre durant deux heures à Des Moines, dans l'Iowa: l'ancien vice-président Joe Biden, favori dans les sondages nationaux (28% selon RealClearPolitics), le sénateur indépendant Bernie Sanders (20%), la sénatrice progressiste Elizabeth Warren (16%), l'ex-maire Pete Buttigieg (7,5%), la sénatrice modérée Amy Klobuchar (3%) et le milliardaire Tom Steyer (2%).

Ils échangeront sur les tensions avec l'Iran, le réchauffement climatique, la lutte contre les violences par armes à feu, le système de santé, etc.

État rural peu peuplé, l'Iowa pourrait avoir une grande influence sur la course démocrate puisqu'il sera le premier à voter, le 3 février. Les sondages y sont extrêmement serrés entre quatre favoris: Biden, Sanders, Buttigieg et Warren.

Bloomberg absent du débat

Michael Bloomberg. © Reuters

Le milliardaire Michael Bloomberg, candidat à la présidentielle 2020, sera absent du débat télévisé ce soir, mais il affrontera à sa manière un autre milliardaire de cette campagne : Donald Trump. Il le fera le 2 février, lors du Super Bowl par écran publicitaire interposé. Le Super Bowl est la grand-messe annuelle du football américain qui rassemble 100 millions de téléspectateurs. Les secondes publicitaires sont vendues à prix d'or ce soir-là.

Michael Bloomberg diffusera un spot de 60 secondes lors de la finale. L'annonce a été faite peu après que le site d'informations Politico eut révélé que Donald Trump avait acheté 60 secondes d'espace publicitaire lors de cette finale.

Selon des spécialistes, une publicité unique de 30 secondes durant le match est facturée quelque 5,6 millions de dollars, soit 10 millions environ pour 60 secondes. Ce duel publicitaire souligne le coffre-fort dont disposent le président et son rival new-yorkais.

Donald Trump a levé un total de 463 millions de dollars en 2019, soit près du double de la somme dont disposait Barack Obama avant sa réélection en 2012.

Quant à Michael Bloomberg, à 77 ans l'un des hommes les plus riches du monde, il a déjà acheté pour plus de 100 millions de dollars de messages publicitaires depuis l'annonce officielle de sa candidature fin novembre.

Les sondages nationaux placent pour l'instant M. Bloomberg - très en pointe sur le climat ou la lutte contre les armes à feu, mais aux propositions économiquement très centristes - en 5e position parmi les 14 candidats à l'investiture démocrate avec quelque 5.8 % des intentions de vote.

Sanders lâche les coups

Fort de sa bonne place dans les intentions de vote et de levées de fonds impressionnantes en 2019 auprès de ses supporteurs, Bernie Sanders a quitté sa réserve face à ses rivaux.

Au modéré Joe Biden, son équipe a reproché avec virulence son vote en 2002, lorsqu'il était sénateur, pour autoriser George W. Bush à intervenir militairement en Irak.

Puis la température est montée entre le socialiste et Elizabeth Warren, qui avaient maintenu jusqu'ici un front amical entre progressistes. Tout est parti d'un article de Politico affirmant ce week-end que l'équipe de campagne de Bernie Sanders donnait comme consigne à ses volontaires de dépeindre sa rivale comme une candidate des élites. "Je suis déçue d'apprendre que Bernie envoie ses volontaires me salir", a réagi Elizabeth Warren devant des journalistes.

Alors que l'ambiance était déjà tendue, une autre polémique a explosé avec un article de CNN. La chaîne a affirmé que M. Sanders avait déclaré à sa rivale qu'une femme ne pourrait pas gagner la présidentielle contre Donald Trump, alors même qu'elle venait de lui confier, fin 2018, qu'elle comptait se présenter.

"Ridicule", a réagi Bernie Sanders. Mais Elizabeth Warren a plus tard confirmé ces informations. "Nous sommes amis et alliés depuis longtemps, et je n'ai aucun doute que nous continuerons à travailler ensemble pour battre Donald Trump" le 3 novembre, a-t-elle ajouté dans un communiqué.

Bernie Sander, un homme politique atypique

Bernie Sanders. © Reuters

Menacé cet été par l'ascension de la sénatrice progressiste Elizabeth Warren, Bernie Sanders lui a depuis repris la deuxième place dans les sondages pour la primaire. Et si le socialiste reste derrière le modéré Joe Biden, toujours favori dans les enquêtes d'opinion, il l'a dépassé de loin en 2019 en termes de fonds récoltés (96 millions contre 60 millions).

Un exploit d'autant plus remarqué que le candidat le plus âgé de la primaire, à 78 ans, avait démarré le dernier trimestre en position plus que périlleuse: Bernie Sanders avait fait une crise cardiaque le 1er octobre.

Désormais bien rétabli, selon ses médecins, Bernie Sanders a pu dans ce retour en force compter sur le soutien de la benjamine très médiatique du Congrès: l'élue démocrate Alexandria Ocasio-Cortez. Il était encore à l'hôpital lorsque cette voix très influente auprès des jeunes progressistes lui a annoncé son soutien, selon des médias américains. Elle a depuis fait campagne au côté de Bernie Sanders, également soutenu par d'autres visages de la gauche du parti: Ilhan Omar et Rashida Tlaib.

Ces soutiens lui "donnent une certaine crédibilité avec les électeurs issus de minorités", alors qu'en 2016, lors de sa campagne malheureuse contre Hillary Clinton, "son équipe avait été critiquée pour son manque de diversité", souligne Miles Coleman, politologue à l'université de Virginie.

"Les millennials apprécient l'authenticité", souligne Miles Coleman. Or Bernie Sanders "n'est pas un politique typique" et peut donc plaire davantage que les autres à une génération d'Américains qui n'est, d'autre part, plus effrayée par le mot "socialisme".

Joe Biden arrive lui fort du soutien nouvellement annoncé de plusieurs jeunes élus qui ont remporté en 2018 leurs mandats dans des circonscriptions républicaines. Un bon point pour appuyer son image de candidat à même de regagner certains électeurs qui avaient basculé en faveur de Donald Trump en 2016.

Mais ce vétéran de la politique âgé de 77 ans doit aussi faire face aux doutes sur son âge et sa forme, alimentés par ses gaffes. L'ancien bras droit de Barack Obama s'est en outre vu happé par l'affaire ukrainienne qui vaut à Donald Trump une procédure de destitution.

En demandant au président ukrainien d'enquêter sur M. Biden et son fils, Hunter, qu'il accuse sans preuve d'être "corrompu", le président américain a toutefois pu contribuer à renforcer le statut de favori de l'ancien vice-président, en le faisant apparaître comment le candidat qu'il craignait le plus.

Où en est la procédure d'Impeachment ?

null © Reuters

C'est une semaine cruciale pour la procédure d' "Impeachment" à l'encontre du président, même si elle est passée au second plan ces dernières semaines suite au regain de tension entre les États-Unis et l'Iran. Mais les démocrates n'abandonnent pas l'affaire pour autant, le procès en destitution est d'ailleurs imminent. Pour rappel, Donald Trump est accusé d'avoir abusé de son pouvoir pour convaincre l'Ukraine d'enquêter sur son rival Joe Biden, ainsi que d'avoir entravé l'enquête du Congrès.

Nancy Pelosi, présidente démocrate à la Chambre à la base de l'enquête, réunit ses troupes ce mardi. Objectif : planifier la transmission au Sénat de l'acte d'accusation contre Donald Trump. Ils doivent également désigner les élus qui joueront le rôle de "procureurs" lors du procès. Côté républicain, on se prépare. Mitch McConnell, chef de la majorité au Sénat, se dit prêt à agir vite : "La Chambre a fait suffisamment de mal, le Sénat est prêt à assumer ses responsabilités."

Après l'annonce, le 18 décembre, des chefs d'accusation retenus contre Trump - "abus de pouvoir" et "entrave au bon fonctionnement du Congrès" -, les choses auraient pu aller beaucoup plus vite. Mais Nancy Pelosi a volontairement retardé la suite des évènements pour tenter d'obtenir des garanties sur l'équité du procès, le troisième de l'Histoire des États-Unis. Selon les règles du Sénat, le procès débutera quand l'équipe de procureurs de la Chambre traversera les couloirs du Capitole pour rejoindre le Sénat, afin d'y lire les chefs d'accusation retenus contre Donald Trump. Dans la foulée, le président de la Cour suprême des États-Unis, John Roberts, chargé par la Constitution de superviser les débats, devra jurer d'être "impartial", avant de faire prêter serment aux cent sénateurs, à la fois juges et jurés du procès.

Mais la destitution en soi n'est pas l'unique but des démocrates, qui sont conscients que leur minorité au Sénat ne leur laisse quasi aucune chance. Si Pelosi estime "qu'il y a assez de preuves pour destituer le président", les démocrates espèrent surtout profiter de la procédure pour faire émerger des informations embarrassantes pour Donald Trump, à quelques mois de l'élection présidentielle.

Trump déjà en "pré-campagne"

Les primaires démocrates permettent de mettre en lumière les possibles adversaires de Donald Trump pour l'élection du 3 novembre. Mais le président ne compte pas les laisser accaparer l'attention des médias et de l'opinion publique.

Si sa rhétorique contre les démocrates n'a jamais vraiment cessé durant son mandat, elle s'est amplifiée ces dernières semaines. Il s'en est notamment pris violemment lundi à ses adversaires démocrates, les accusant de complaisance à l'égard du régime iranien. Il a également partagé sur Twitter un photomontage de deux chefs de file de l'opposition coiffés d'un turban et d'un tchador et les mots "Démocrates 2020".

Le président se fend régulièrement de tweets ravageurs sur les candidats aux primaires démocrates, et bâtit sa communication sur base de surnoms et d'expressions. Il s'est notamment moqué de l'abandon de Cory Booker et de la querelle entre Bernie Sanders et Elizabeth Warren - qu'il surnomme "Pocahontas". Depuis l'annonce de son entrée dans la course, il cible aussi régulièrement Michael Bloomberg, qu'il appelle "Mini Mike B", et qu'il accuse de dépenser beaucoup d'argent dans des "publicités mensongères".

Il fait également souvent référence au parti démocrate en tant que "Do Nothing Party" (Parti qui ne fait rien), afin de crédibiliser leur communication et leurs primaires, par opposition à ce que lui apporter aux citoyens américains.

Et chez les républicains ?

William F. Weld et Joe Walsh. © Reuters

Donald Trump est candidat à sa propre succession, mais trois autres membres du parti républicain ont osé se lancer dans la course face à lui. Une tâche quasiment impossible.

William F. Weld, ancien gouverneur du Massassuchetts (1991-1997). Il a fait partie du parti libertarien entre 2016 et 2019, avant de revenir chez les républicains et de proposer sa candidature à la présidence.

Il sera concurrencé par Mark Sanford, ancien gouverneur de Caroline du Sud et Joe Walsh, ex-représentant de l'Illinois.

Alors que la course avait débuté avec une diversité record au sein des candidats espérant défier le républicain Donald Trump en novembre, tous les participants sur le plateau seront, pour la première fois, blancs. Attendus sur de nombreux sujets, six candidats se retrouveront à cette nuit (heure belge) pour débattre durant deux heures à Des Moines, dans l'Iowa: l'ancien vice-président Joe Biden, favori dans les sondages nationaux (28% selon RealClearPolitics), le sénateur indépendant Bernie Sanders (20%), la sénatrice progressiste Elizabeth Warren (16%), l'ex-maire Pete Buttigieg (7,5%), la sénatrice modérée Amy Klobuchar (3%) et le milliardaire Tom Steyer (2%).Ils échangeront sur les tensions avec l'Iran, le réchauffement climatique, la lutte contre les violences par armes à feu, le système de santé, etc.État rural peu peuplé, l'Iowa pourrait avoir une grande influence sur la course démocrate puisqu'il sera le premier à voter, le 3 février. Les sondages y sont extrêmement serrés entre quatre favoris: Biden, Sanders, Buttigieg et Warren. Fort de sa bonne place dans les intentions de vote et de levées de fonds impressionnantes en 2019 auprès de ses supporteurs, Bernie Sanders a quitté sa réserve face à ses rivaux. Au modéré Joe Biden, son équipe a reproché avec virulence son vote en 2002, lorsqu'il était sénateur, pour autoriser George W. Bush à intervenir militairement en Irak.Puis la température est montée entre le socialiste et Elizabeth Warren, qui avaient maintenu jusqu'ici un front amical entre progressistes. Tout est parti d'un article de Politico affirmant ce week-end que l'équipe de campagne de Bernie Sanders donnait comme consigne à ses volontaires de dépeindre sa rivale comme une candidate des élites. "Je suis déçue d'apprendre que Bernie envoie ses volontaires me salir", a réagi Elizabeth Warren devant des journalistes.Alors que l'ambiance était déjà tendue, une autre polémique a explosé avec un article de CNN. La chaîne a affirmé que M. Sanders avait déclaré à sa rivale qu'une femme ne pourrait pas gagner la présidentielle contre Donald Trump, alors même qu'elle venait de lui confier, fin 2018, qu'elle comptait se présenter. "Ridicule", a réagi Bernie Sanders. Mais Elizabeth Warren a plus tard confirmé ces informations. "Nous sommes amis et alliés depuis longtemps, et je n'ai aucun doute que nous continuerons à travailler ensemble pour battre Donald Trump" le 3 novembre, a-t-elle ajouté dans un communiqué. Joe Biden arrive lui fort du soutien nouvellement annoncé de plusieurs jeunes élus qui ont remporté en 2018 leurs mandats dans des circonscriptions républicaines. Un bon point pour appuyer son image de candidat à même de regagner certains électeurs qui avaient basculé en faveur de Donald Trump en 2016. Mais ce vétéran de la politique âgé de 77 ans doit aussi faire face aux doutes sur son âge et sa forme, alimentés par ses gaffes. L'ancien bras droit de Barack Obama s'est en outre vu happé par l'affaire ukrainienne qui vaut à Donald Trump une procédure de destitution. En demandant au président ukrainien d'enquêter sur M. Biden et son fils, Hunter, qu'il accuse sans preuve d'être "corrompu", le président américain a toutefois pu contribuer à renforcer le statut de favori de l'ancien vice-président, en le faisant apparaître comment le candidat qu'il craignait le plus.Trump déjà en "pré-campagne"Les primaires démocrates permettent de mettre en lumière les possibles adversaires de Donald Trump pour l'élection du 3 novembre. Mais le président ne compte pas les laisser accaparer l'attention des médias et de l'opinion publique. Si sa rhétorique contre les démocrates n'a jamais vraiment cessé durant son mandat, elle s'est amplifiée ces dernières semaines. Il s'en est notamment pris violemment lundi à ses adversaires démocrates, les accusant de complaisance à l'égard du régime iranien. Il a également partagé sur Twitter un photomontage de deux chefs de file de l'opposition coiffés d'un turban et d'un tchador et les mots "Démocrates 2020".Le président se fend régulièrement de tweets ravageurs sur les candidats aux primaires démocrates, et bâtit sa communication sur base de surnoms et d'expressions. Il s'est notamment moqué de l'abandon de Cory Booker et de la querelle entre Bernie Sanders et Elizabeth Warren - qu'il surnomme "Pocahontas". Depuis l'annonce de son entrée dans la course, il cible aussi régulièrement Michael Bloomberg, qu'il appelle "Mini Mike B", et qu'il accuse de dépenser beaucoup d'argent dans des "publicités mensongères". Il fait également souvent référence au parti démocrate en tant que "Do Nothing Party" (Parti qui ne fait rien), afin de crédibiliser leur communication et leurs primaires, par opposition à ce que lui apporter aux citoyens américains.Et chez les républicains ? Donald Trump est candidat à sa propre succession, mais trois autres membres du parti républicain ont osé se lancer dans la course face à lui. Une tâche quasiment impossible. William F. Weld, ancien gouverneur du Massassuchetts (1991-1997). Il a fait partie du parti libertarien entre 2016 et 2019, avant de revenir chez les républicains et de proposer sa candidature à la présidence. Il sera concurrencé par Mark Sanford, ancien gouverneur de Caroline du Sud et Joe Walsh, ex-représentant de l'Illinois.