Les femmes sont mieux traitées dans l'Union européenne que dans d'autres régions du monde, mais chaque jour, trop de femmes sont victimes d'injustices, de discriminations et de violences.

L'indice d'égalité de genre publié récemment confirme ce constat: l'indice global de l'UE en matière d'égalité de genre, à 67,4 points sur 100, a progressé d'un point uniquement par rapport à l'indice publié il y a deux ans. L'indice de la Belgique est de 71,1 soit une hausse de 0.6.

Trop de femmes manquent d'alternatives pour pouvoir équilibrer travail et vie de famille. En 2018, près de 4 femmes sur 10 déclaraient adapter leur vie professionnelle à leurs responsabilités familiales, contre moins de 2 hommes sur 10. C'est pour cette raison que l'UE a adopté une législation pour promouvoir la flexibilité et permettre un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie privée, et un partage plus équitable des responsabilités familiales.

Bien que les femmes soient de plus en plus qualifiées et que leur niveau d'études dépasse statistiquement celui des hommes, elles occupent seulement 17 % des postes d'encadrement supérieur et 6,9 % des postes de direction.

Il est inconcevable que le salaire horaire moyen des femmes soit de nos jours sensiblement moins élevé que celui des hommes. L'écart de rémunération entre les hommes et les femmes s'élève encore à 16 % en Europe, et à 6% en Belgique.

Voilà pourquoi la Commission européenne a réussi à faire adopter un plan d'action qui prévoit des mesures concrètes pour remédier aux écarts de rémunération.

Les pays de l'UE doivent désormais faire preuve d'une volonté politique suffisante dans la lutte contre les causes culturelles de certaines de ces inégalités, ce qui n'est pas chose aisée étant donné la diversité de l'Union européenne.

Il nous faut investir dans les échanges de vues et l'éducation, afin que les hommes comme les femmes se sentent à l'aise dans leurs rôles modernes, se soutiennent entre eux et comprennent que différentes possibilités s'offrent à eux. Il nous faut également promouvoir cette thématique en Europe à des échelles différentes, pour que les autorités locales et nationales comprennent la nécessité de soutenir des infrastructures qui permettraient aux familles de prendre les décisions qui conviennent le mieux à leurs besoins.

Cela est très important, car nous observons parfois une tendance préoccupante et des attitudes régressives envers les questions d'égalité, en particulier de la part de populistes. Le thème des droits des femmes est inutilement utilisé pour alimenter les débats clivants, ce qui fait de la question de l'égalité un problème idéologique. Cette opposition face à nos efforts complique davantage notre combat pour faire avancer les choses.

Il est donc extrêmement important que la présidente élue Ursula von der Leyen ait fixé l'objectif d'atteindre l'égalité entre les genres dans ses premières priorités politiques.

Mme von der Leyen travaillera avec une équipe de commissaires qui respecte mieux la parité entre les genres, et avec des services au sein desquels la proportion de femmes à des postes d'encadrement atteint 40 %, un niveau historique pour l'UE. Ces résultats n'ont pas été obtenus du jour au lendemain : les objectifs ont été fixés en 2014 et leur réalisation a nécessité des efforts systématiques.

En outre, les inégalités sont coûteuses. Les femmes sont en moyenne plus instruites que les hommes, mais leurs compétences ne sont pas pleinement exploitées. D'ici à 2050, la réduction des inégalités entre les sexes aboutirait à la création de 10,5 millions d'emplois, ce qui représenterait une hausse du PIB de l'UE de 9,6 %, soit 3 150 milliards d'euros. Enfin, une société plus juste et ouverte, où les femmes et les hommes sont égaux, serait bénéfique non seulement pour les femmes, mais également pour l'UE tout entière.

Par Vĕra Jourová, commissaire pour la justice, les consommateurs et l'égalité des genres, et Virginija Langbakk, directrice de l'Institut européen pour l'égalité entre les hommes et les femmes