Ce scrutin "doit se produire l'an prochain et nous nous préparons", a déclaré Nicola Sturgeon dans un discours au congrès de son parti indépendantiste, le SNP, à Aberdeen. La cheffe du gouvernement écossais a ajouté qu'il n'était "pas tenable" pour Londres de refuser de donner son feu vert à l'organisation de ce vote. Au référendum de septembre 2014, le "non" l'avait emporté avec 55% des suffrages exprimés.

Downing Street a fait part de son opposition. Un tel vote est un "événement unique, organisé une fois par génération", a rappelé mardi un porte-parole du Premier ministre britannique.

Mais la cheffe des indépendantistes écossais n'a pas perdu son objectif de vue, estimant que le Brexit a rebattu les cartes et que "le soutien" à son combat "grimpe".

Selon un sondage Panelbase paru dans l'édition écossaise du Sunday Times, la cause indépendantiste rassemble désormais 50% des voix, un chiffre jamais atteint dans les sondages régulièrement réalisés sur ce sujet par cet institut de sondage.

En 2014, l'un des arguments en faveur du maintien de l'Ecosse dans le Royaume-Uni était qu'en cas de scission, cette nation perdrait les avantages de l'appartenance à l'Union européenne.

Deux ans plus tard, au référendum de juin 2016 sur le Brexit, 62% des Ecossais se sont opposés au départ du Royaume-Uni de l'Union européenne.

"Le Pays de Galles a voté pour le départ de l'UE. L'Angleterre a voté pour le départ, l'Irlande du Nord aura un mot à dire sur son avenir", a déclaré Nicola Sturgeon, évoquant les plans du Premier ministre britannique Boris Johnson en vue de demander le consentement des autorités nord-irlandaises sur le Brexit.

"L'Ecosse sera le seul pays du Royaume-Uni à être extraite de l'UE contre notre volonté et sans mot dire sur notre future relation avec l'Europe", a souligné Mme Sturgeon.

A 16 jours de la date prévue du Brexit, au moment où Londres et l'UE tentent toujours de parvenir à un accord de dernière minute, pour éviter un divorce brutal, Nicola Sturgeon a estimé que, quel que soit le résultat, "aucun ne sera dans les intérêts de l'Ecosse".

En devenant indépendante, l'Ecosse deviendrait "un pont entre l'Europe et le Royaume-Uni, faisant de notre pays un pôle d'attraction pour les investissements mondiaux", a-t-elle fait valoir.