Huit. Il a suffi que huit Belges installent l'application " ThisIsYourDigitalLife " et répondent au questionnaire qui leur était proposé pour que toutes leurs données personnelles soient dérobées. Et pas seulement les leurs : également celles de l'ensemble de leurs amis Facebook, soit 61 000 Belges au total. Identité, âge, adresse, historique des " likes ", mais aussi liste de sujets sociétaux censés les intéresser, histoire de dresser leur profil politique. Pour mieux les influencer. A l'échelle mondiale, 87 millions d'utilisateurs se sont ainsi retrouvés victimes malgré eux du scandale Cambridge Analytica, qui a éclaté en mars à la suite d'une enquête des médias américains The New York Times et The Observer.

Cette entreprise britannique, spécialiste de l'analyse des données, cherchait à se spécialiser dans le profilage électoral. En 2014, elle avait fait appel à un chercheur en psychologie de l'université de Cambridge, Aleksandr Kogan, qui lui avait donné accès à cette application censée n'être utilisée qu'à des fins scientifiques. Sans l'intervention de Cambridge Analytica, Donald Trump aurait-il été élu ? Le Brexit aurait-il été plébiscité par une majorité de Britanniques ?

Et si Facebook n'avait pas fermé les yeux ? Le réseau social était au courant de cette utilisation frauduleuse depuis 2015, mais n'avait pris aucune mesure de sécurité pour l'en empêcher. " Nous n'avons pas pris une mesure assez large de nos responsabilités et c'était une grosse erreur. C'était mon erreur et je suis désolé ", reconnaîtra plus tard son patron, Mark Zuckerberg, auditionné durant plus de treize heures devant le Congrès américain, avant de venir faire son mea culpa devant les députés européens. Promettant par la même occasion de lutter davantage contre les fake news, qui pullulent sur la Toile. Et qui sont devenues le paravent préféré des politiques gênés aux entournures par une révélation médiatique. Ces mêmes politiques qui, chez nous, entendent créer un fonds destiné à soutenir le fact-checking dans les rédactions. Pendant ce temps-là, le RGPD (règlement général sur la protection des données) est entré en application au sein de l'Union européenne. Les entreprises ne pourront plus utiliser les informations récoltées auprès des internautes comme bon leur semble. Mieux vaut - sans doute - tard que jamais.

Huit. Il a suffi que huit Belges installent l'application " ThisIsYourDigitalLife " et répondent au questionnaire qui leur était proposé pour que toutes leurs données personnelles soient dérobées. Et pas seulement les leurs : également celles de l'ensemble de leurs amis Facebook, soit 61 000 Belges au total. Identité, âge, adresse, historique des " likes ", mais aussi liste de sujets sociétaux censés les intéresser, histoire de dresser leur profil politique. Pour mieux les influencer. A l'échelle mondiale, 87 millions d'utilisateurs se sont ainsi retrouvés victimes malgré eux du scandale Cambridge Analytica, qui a éclaté en mars à la suite d'une enquête des médias américains The New York Times et The Observer. Cette entreprise britannique, spécialiste de l'analyse des données, cherchait à se spécialiser dans le profilage électoral. En 2014, elle avait fait appel à un chercheur en psychologie de l'université de Cambridge, Aleksandr Kogan, qui lui avait donné accès à cette application censée n'être utilisée qu'à des fins scientifiques. Sans l'intervention de Cambridge Analytica, Donald Trump aurait-il été élu ? Le Brexit aurait-il été plébiscité par une majorité de Britanniques ? Et si Facebook n'avait pas fermé les yeux ? Le réseau social était au courant de cette utilisation frauduleuse depuis 2015, mais n'avait pris aucune mesure de sécurité pour l'en empêcher. " Nous n'avons pas pris une mesure assez large de nos responsabilités et c'était une grosse erreur. C'était mon erreur et je suis désolé ", reconnaîtra plus tard son patron, Mark Zuckerberg, auditionné durant plus de treize heures devant le Congrès américain, avant de venir faire son mea culpa devant les députés européens. Promettant par la même occasion de lutter davantage contre les fake news, qui pullulent sur la Toile. Et qui sont devenues le paravent préféré des politiques gênés aux entournures par une révélation médiatique. Ces mêmes politiques qui, chez nous, entendent créer un fonds destiné à soutenir le fact-checking dans les rédactions. Pendant ce temps-là, le RGPD (règlement général sur la protection des données) est entré en application au sein de l'Union européenne. Les entreprises ne pourront plus utiliser les informations récoltées auprès des internautes comme bon leur semble. Mieux vaut - sans doute - tard que jamais.