Très grièvement blessé et secouru côté Sud, le militaire qui est passé au niveau de la "zone commune de sécurité" (JSA) à Panmunjom -seul secteur de la Zone démilitarisée (DMZ) où les deux armées rivales se font face- est toujours soigné dans un hôpital sud-coréen.

Le Commandement des Nations unies en Corée (UNC) a rendu publiques mercredi de spectaculaires images de vidéosurveillance montrant la fuite du militaire nord-coréen qui est poursuivi par d'autres soldats, dont un qui franchit même la ligne de démarcation militaire (LDM) avec le Sud, effectuant quelques pas avant d'hésiter et de s'en retourner au Nord.

Le militaire blessé est ensuite secouru par trois militaires sud-coréens qui se sont portés auprès de lui en rampant.

Il est très rare que des militaires nord-coréens passent au Sud par la JSA, qui est une attraction touristique majeure pour les étrangers visitant la Corée du Sud.

Les images montrent d'abord une jeep conduite par le défecteur roulant à vive allure sur une route totalement déserte menant au village frontalier de Panmunjom, avant de s'immobiliser près de la ligne de démarcation. Le militaire sort du véhicule et s'élance en courant, poursuivi par plusieurs soldats nord-coréens qui lui tirent dessus.

Le colonel Chad Carroll, porte-parole de l'UNC a déclaré aux journalistes que les images montraient un garde "courant pendant quelques secondes au-delà de la LDM avant de repartir du côté Nord". L'UNC a "demandé une réunion pour discuter de notre enquête et des mesures pour empêcher de telles violations futures", a-t-il ajouté en référence à cette incursion qui enfreint l'accord d'armistice de 1953.

"Les conclusions clé de l'équipe spéciale d'enquête sont que l'APC (Armée nord-coréenne) a violé l'accord d'armistice en tirant au-delà de la LDM et en franchissant temporairement la LDM", a-t-il ajouté.

Dans l'armée nord-coréenne, les femmes n'ont plus leurs règles

Être une femme dans l'armée nord-coréenne, la quatrième armée du monde, est loin d'être une partie de plaisir. La BBC a rencontré Lee So Yeon (41) qui a servi entre 1992 et 2001 dans l'armée coréenne.

Comme des milliers d'autres femmes, elle a rejoint l'armée lors de la grande famine des années 1990, car la grande muette garantissait un repas quotidien. Cet afflux de milliers de femmes a fait exploser les maltraitances dans une armée qui n'y était pas préparée. Baek et Juliette Morillot, auteur de North Korea in 100 Questions, décrivent en effet le pays comme une société patriarcale et conservatrice. Pour les spécialistes, l'armée ne fait que reproduire la répartition traditionnelle des rôles en Corée qui veut que la femme ne soit qu'une "ttukong unjeongsu" qu'on peut traduire par couvercle de pot-au-feu. Et qui signifie, dans les faits, que la femme doit rester dans sa cuisine.

Depuis 2015, les femmes sont enrôlées de force pour une durée de 7 ans. Aujourd'hui, 40% des femmes entre 18 et 25 ans seraient dans l'armée. Leur situation est néanmoins une peu meilleure que dans les années 90, car elles reçoivent des soins de santé. Cependant la situation reste problématique dans les campagnes.

Comme jeune recrue de 17 ans, Yeon a suivi un entraînement pratiquement similaire aux hommes, mais devait en prime faire la cuisine et le ménage. Les toilettes étaient partagées et il n'y avait pas d'eau chaude dans les douches. "À cause du stress, je n'ai plus eu mes règles durant un an et demi" raconte Yeon. Et, selon elle, elle était loin d'être la seule. Elle n'a cependant pas trouvé ça dramatique parce que l'armée ne fournissait pas de bande hygiénique. Elle disposait juste des bandelettes qu'elle devait laver elle-même en cachette. Yeon n'a jamais été violée. De nombreuses camarades n'ont pas eu autant de chance. Il n'était pas rare que le commandant reste plus tard pour violer les femmes dans leur chambre. Un viol est passible d'une peine de 7 ans, mais peu osent témoigner.

À l'âge de 28 ans, Yeon a pu quitter l'armée pour s'occuper de sa famille. Elle a fui le pays en 2008.

Très grièvement blessé et secouru côté Sud, le militaire qui est passé au niveau de la "zone commune de sécurité" (JSA) à Panmunjom -seul secteur de la Zone démilitarisée (DMZ) où les deux armées rivales se font face- est toujours soigné dans un hôpital sud-coréen. Le Commandement des Nations unies en Corée (UNC) a rendu publiques mercredi de spectaculaires images de vidéosurveillance montrant la fuite du militaire nord-coréen qui est poursuivi par d'autres soldats, dont un qui franchit même la ligne de démarcation militaire (LDM) avec le Sud, effectuant quelques pas avant d'hésiter et de s'en retourner au Nord.Le militaire blessé est ensuite secouru par trois militaires sud-coréens qui se sont portés auprès de lui en rampant. Il est très rare que des militaires nord-coréens passent au Sud par la JSA, qui est une attraction touristique majeure pour les étrangers visitant la Corée du Sud. Les images montrent d'abord une jeep conduite par le défecteur roulant à vive allure sur une route totalement déserte menant au village frontalier de Panmunjom, avant de s'immobiliser près de la ligne de démarcation. Le militaire sort du véhicule et s'élance en courant, poursuivi par plusieurs soldats nord-coréens qui lui tirent dessus. Le colonel Chad Carroll, porte-parole de l'UNC a déclaré aux journalistes que les images montraient un garde "courant pendant quelques secondes au-delà de la LDM avant de repartir du côté Nord". L'UNC a "demandé une réunion pour discuter de notre enquête et des mesures pour empêcher de telles violations futures", a-t-il ajouté en référence à cette incursion qui enfreint l'accord d'armistice de 1953. "Les conclusions clé de l'équipe spéciale d'enquête sont que l'APC (Armée nord-coréenne) a violé l'accord d'armistice en tirant au-delà de la LDM et en franchissant temporairement la LDM", a-t-il ajouté.Dans l'armée nord-coréenne, les femmes n'ont plus leurs règles Être une femme dans l'armée nord-coréenne, la quatrième armée du monde, est loin d'être une partie de plaisir. La BBC a rencontré Lee So Yeon (41) qui a servi entre 1992 et 2001 dans l'armée coréenne. Comme des milliers d'autres femmes, elle a rejoint l'armée lors de la grande famine des années 1990, car la grande muette garantissait un repas quotidien. Cet afflux de milliers de femmes a fait exploser les maltraitances dans une armée qui n'y était pas préparée. Baek et Juliette Morillot, auteur de North Korea in 100 Questions, décrivent en effet le pays comme une société patriarcale et conservatrice. Pour les spécialistes, l'armée ne fait que reproduire la répartition traditionnelle des rôles en Corée qui veut que la femme ne soit qu'une "ttukong unjeongsu" qu'on peut traduire par couvercle de pot-au-feu. Et qui signifie, dans les faits, que la femme doit rester dans sa cuisine. Depuis 2015, les femmes sont enrôlées de force pour une durée de 7 ans. Aujourd'hui, 40% des femmes entre 18 et 25 ans seraient dans l'armée. Leur situation est néanmoins une peu meilleure que dans les années 90, car elles reçoivent des soins de santé. Cependant la situation reste problématique dans les campagnes. Comme jeune recrue de 17 ans, Yeon a suivi un entraînement pratiquement similaire aux hommes, mais devait en prime faire la cuisine et le ménage. Les toilettes étaient partagées et il n'y avait pas d'eau chaude dans les douches. "À cause du stress, je n'ai plus eu mes règles durant un an et demi" raconte Yeon. Et, selon elle, elle était loin d'être la seule. Elle n'a cependant pas trouvé ça dramatique parce que l'armée ne fournissait pas de bande hygiénique. Elle disposait juste des bandelettes qu'elle devait laver elle-même en cachette. Yeon n'a jamais été violée. De nombreuses camarades n'ont pas eu autant de chance. Il n'était pas rare que le commandant reste plus tard pour violer les femmes dans leur chambre. Un viol est passible d'une peine de 7 ans, mais peu osent témoigner. À l'âge de 28 ans, Yeon a pu quitter l'armée pour s'occuper de sa famille. Elle a fui le pays en 2008.