Depuis une quinzaine d'années, des archéologues sous-marins réalisent, à la demande des autorités égyptiennes, une cartographie minutieuse de la baie d'Aboukir. Pour ce faire, les chercheurs utilisent notamment les techniques de prospection électromagnétique et des sonars à balayages latéraux. En 2001 déjà, les archéologues avaient pu extraire des eaux des statues monumentales et des épaves antiques.

Durant ce mois de juillet, l'équipe de plongeurs de Franck Goddio, explorateur français de l'Institut européen d'Archéologie sous-marine (IEASM), a repéré dans la baie d'Aboukir les vestiges d'un temple ptolémaïque datant du 4e siècle avant notre ère. Goddio estime que seulement 5% de la cité d'Héracleion est aujourd'hui découverte. À côté de cela, les archéologues ont également retrouvé quelques vestiges de la ville de Canope, permettant ainsi d'agrandir leur carte de la baie.

Les ruines retrouvées à Héracleion forment une partie de Garp Amun, le principal temple égyptien de la cité. Un petit temple grec et d'anciennes colonnes ptolémaïques ont également été découverts à proximité. En outre, les archéologues ont retrouvé de la monnaie en bronze du roi Ptolémée II (283-246 avant J-C). À Canope, les archéologues ont retrouvé toute sorte d'objets comme des bijoux, des pièces d'or byzantines et de la poterie datant du 2e au 4e siècle après J-C dans des épaves de bateaux.

Dès le 7e siècle, Héracleion devient le principal port de commerce international de l'Égypte antique (jusqu'à la fondation d'Alexandrie en 332 avant J-C). Des labyrinthes de canaux circulent parmi d'imposants monuments et sanctuaires. La ville est située à l'entrée de l'embranchement occidental du Nil, d'où viennent les bateaux méditerranéens. Les commerçants grecs et crétois sont obligés de passer par la cité pour s'approvisionner en grains égyptiens. Canope est une ville voisine qui a connu le même développement qu'Héracleion. Les deux cités ont été détruites par des séismes et des tsunamis successifs qui ont fini par les submerger progressivement dès le 2e siècle avant J-C. Leur abandon définitif remonte au 8e siècle de notre ère suite à un tremblement de terre massif en 749.

Loreline Dubuisson