Cette tâche colossale, qui ravive nombre de questions éthiques sur la science d'après-guerre en Allemagne, vise à établir pendant trois ans la première base de données des victimes du programme dit "T4", entamé début 1940 et cyniquement baptisé "programme d'euthanasie" par ses concepteurs.

Ce recensement "intègrera des données biographiques basiques concernant les victimes, leur traitement institutionnel et les critères utilisés pour les sélectionner", explique dans un communiqué la société Max Planck, qui chapeaute plusieurs instituts spécialisés.

"La cause de leur mort sera aussi documentée, de même que les données sur le prélèvement de leur cerveau, le chemin qu'ont suivi les échantillons et les recherches menées sur eux", poursuit cet institut basé à Munich (sud), qui alloue 1,5 million d'euros à ce projet.

Entre janvier 1940 et août 1941, plus de 70.000 personnes ont été gazées dans six lieux dédiés prévus par le programme "T4", conçu par une soixantaine de bureaucrates et de médecins pour éliminer les handicapés mentaux ou physiques considérés comme une charge pour la société.

Face aux protestations publiques, le programme a officiellement été arrêté mais les meurtres ont continué sous d'autres formes - privations de nourriture, négligence, injections de doses létales d'antidouleurs par de prétendus soignants.

On évalue à plus de 300.000 personnes le nombre de victimes totales de ces massacres, jusqu'à la fin de la Deuxième guerre mondiale en 1945, et d'autres ont également subi des expériences médicales et des stérilisations forcées en raison de leur infériorité génétique supposée.

En 1989, la société Max Planck avait résolu pour des raisons éthiques d'enterrer tous les tissus biologiques appartenant à des victimes du nazisme. Elle les avait hérités de la Société Kaiser-Wilhelm (KWI), principal institut scientifique de l'Allemagne impériale puis nazie, qui exploitait ces échantillons pour ses propres recherches.

Mais la consigne avait été inégalement appliquée dans les différents instituts et en 2015, une archiviste avait découvert une boîte contenant une centaine d'échantillons de cerveaux: ils provenaient de la collection personnelle de Julius Hallervoden, médecin chef de la KWI devenu responsable de la recherche cérébrale à l'Institut Max Planck.

Cette découverte avait entraîné un vaste audit interne

Cette tâche colossale, qui ravive nombre de questions éthiques sur la science d'après-guerre en Allemagne, vise à établir pendant trois ans la première base de données des victimes du programme dit "T4", entamé début 1940 et cyniquement baptisé "programme d'euthanasie" par ses concepteurs.Ce recensement "intègrera des données biographiques basiques concernant les victimes, leur traitement institutionnel et les critères utilisés pour les sélectionner", explique dans un communiqué la société Max Planck, qui chapeaute plusieurs instituts spécialisés."La cause de leur mort sera aussi documentée, de même que les données sur le prélèvement de leur cerveau, le chemin qu'ont suivi les échantillons et les recherches menées sur eux", poursuit cet institut basé à Munich (sud), qui alloue 1,5 million d'euros à ce projet.Entre janvier 1940 et août 1941, plus de 70.000 personnes ont été gazées dans six lieux dédiés prévus par le programme "T4", conçu par une soixantaine de bureaucrates et de médecins pour éliminer les handicapés mentaux ou physiques considérés comme une charge pour la société.Face aux protestations publiques, le programme a officiellement été arrêté mais les meurtres ont continué sous d'autres formes - privations de nourriture, négligence, injections de doses létales d'antidouleurs par de prétendus soignants.On évalue à plus de 300.000 personnes le nombre de victimes totales de ces massacres, jusqu'à la fin de la Deuxième guerre mondiale en 1945, et d'autres ont également subi des expériences médicales et des stérilisations forcées en raison de leur infériorité génétique supposée.En 1989, la société Max Planck avait résolu pour des raisons éthiques d'enterrer tous les tissus biologiques appartenant à des victimes du nazisme. Elle les avait hérités de la Société Kaiser-Wilhelm (KWI), principal institut scientifique de l'Allemagne impériale puis nazie, qui exploitait ces échantillons pour ses propres recherches.Mais la consigne avait été inégalement appliquée dans les différents instituts et en 2015, une archiviste avait découvert une boîte contenant une centaine d'échantillons de cerveaux: ils provenaient de la collection personnelle de Julius Hallervoden, médecin chef de la KWI devenu responsable de la recherche cérébrale à l'Institut Max Planck.Cette découverte avait entraîné un vaste audit interne