Vont-ils la saisir? Mardi soir, le président français Emmanuel Macron, qui a multiplié les va-et-vient pendant deux jours entre ses homologues américain et iranien, a estimé que "les conditions d'une reprise rapide des négociations" avaient "été créées".

"Il appartient maintenant à l'Iran et aux Etats-Unis d'Amérique de se saisir de ces conditions", par une "rencontre" Trump-Rohani ou par un processus plus "progressif", a-t-il lancé.

Avant de repartir dans la nuit de New York, Emmanuel Macron a toutefois lancé un dernier appel pour qu'un tête-à-tête, qui serait historique entre les deux pays ennemis, puisse avoir lieu cette semaine lors de l'Assemblée générale annuelle de l'ONU. Si le dirigeant iranien "quitte le pays sans rencontrer le président Trump, honnêtement ce sera une occasion perdue car il ne reviendra pas avant plusieurs mois", a martelé le chef de l'Etat français.

Un tel face-à-face, le premier à ce niveau depuis la révolution islamique de 1979 et la rupture des relations américano-iranienne qui a suivi, viserait à faire retomber la tension, qui n'a cessé de monter ces derniers mois et est à son comble depuis les attaques du 14 septembre contre deux installations pétrolières saoudiennes, attribuées par les Occidentaux à Téhéran.

Ces derniers jours, les dirigeants américain et iranien ont soufflé le chaud et le froid, affirmant leurs divergences, échangeant parfois des menaces, mais sans jamais fermer catégoriquement la porte à une entrevue.

Affaire ukrainienne

"Ils voudraient négocier. Cela est une bonne chose mais nous ne sommes pas encore tombés d'accord", a déclaré mardi le président américain, toujours friand de rencontres "historiques". Mercredi après-midi, il doit clôturer sa participation à la grand-messe diplomatique mondiale par une conférence de presse.

Mais face aux représentants des 193 membres des Nations unies, l'hôte de la Maison Blanche a aussi promis de "durcir" les sanctions "tant que l'attitude menaçante de l'Iran continuera".

Son homologue iranien doit prononcer mercredi matin son discours à la prestigieuse tribune de l'Assemblée générale, au cours duquel il doit détailler son projet régional de "Coalition pour l'espoir" déjà critiqué par l'Arabie saoudite.

Mais il a déjà adressé un message en estimant sur la chaîne de télévision Fox News, l'un des médias préférés du milliardaire républicain, que Donald Trump devait créer "un climat de confiance mutuelle" s'il espérait véritablement dialoguer.

Or, a-t-il rappelé, c'est lui qui a décidé du retrait de Washington de l'accord de 2015 sur le nucléaire iranien, négocié pendant de longues années.

Si cette confiance est "rétablie" par l'allègement des sanctions américaines, Hassan Rohani s'est dit prêt à négocier d'autres accords avec les Etats-Unis.

Outre Emmanuel Macron, la chancelière allemande Angela Merkel, le Premier ministre britannique Boris Johnson et le chef du gouvernement japonais Shinzo Abe ont aussi multiplié les rencontres et les démarches pour rapprocher Donald Trump et Hassan Rohani.

Le Premier ministre pakistanais Imran Khan a même affirmé avoir été chargé d'une médiation par le président américain.

Au-delà du dossier iranien et de sa quête de percées diplomatiques à un an de la présidentielle aux Etats-Unis, les projecteurs seront aussi tournés vers Donald Trump mercredi en raison de l'affaire ukrainienne qui secoue la classe politique américaine.

Les parlementaires démocrates ont initié mardi une procédure de destitution du 45e président des Etats-Unis, qu'ils soupçonnent d'avoir demandé au président ukrainien Volodymyr Zelensky d'enquêter sur Joe Biden, son potentiel rival dans le scrutin de 2020.

Or, hasard du calendrier, Donald Trump doit justement rencontrer son homologue ukrainien mercredi à l'ONU.