Selon le Wall Street Journal, la chute de la livre fait grimper le coût des engrais, des semences, des pesticides et d'autres produits essentiels importés. Les usines de noisettes turques sont obligées de payer davantage pour l'énergie, l'emballage et le transport. Le coût de la main-d'oeuvre dans le secteur de la noisette devrait par ailleurs augmenter, car le gouvernement turc s'apprête à relever le salaire minimum pour suivre le rythme d'une inflation de 21 %.

Par conséquent, les producteurs de noisettes turcs s'appauvrissent et leurs exploitations produisent moins de noisettes qui entrent dans la composition de produits Ferrero, tels que les Rochers et le Nutella. Selon les chefs de file du secteur, la baisse de l'offre de noisettes finira par faire grimper les prix pour les consommateurs.

"Le monde est au bord de la pénurie de noisettes", déclare Turgan Zülfikar, un consultant basé à New York pour les entreprises turques qui entrent sur le marché américain, au Wall Street Journal. "Si vous aimez le Nutella, vous feriez mieux de vous approvisionner lors de votre prochaine visite dans un supermarché".

Selon la FAO, le Fonds pour l'agriculture des Nations unies, la Turquie assure environ 70% de la production mondiale des noisettes, et 82% des exportations, très loin devant l'Italie (20%) et quelques pays qui se partagent les miettes, dont l'Azerbaïdjan, la Géorgie et l'Iran. Sur les 600 à 700.000 tonnes de noisettes ramassées, environ 300.000 partent à l'export.

Le scandale des noisettes

En octobre dernier, les ramasseurs accusaient Ferrero de casser les prix. Déjà, en avril 2019, une enquête du New York Times révélait les conditions de travail difficiles de réfugiés syriens gagnant à peine de quoi couvrir leurs frais en participant à la récolte. Six mois plus tard, la BBC renchérissait avec un reportage montrant des enfants kurdes y travailler.

Ferrero, qui achète environ un tiers de la production turque de noisettes, notamment par l'intermédiaire de grossistes, s'était alors défendu en affirmant ne pas toucher aux produits "fabriqués avec des pratiques contraires à l'éthique" et en mettant en avant son programme de formation des agriculteurs.

Plus de 300.000 tonnes de Nutella sont consommées chaque année dans le monde, un poids souvent comparé à celui de l'emblématique Empire State Building new-yorkais. Mais, rien qu'aux Etats-Unis, la consommation de beurre de cacahuète s'élèverait à plus de 630.000 tonnes par an, selon des chiffres compilés par l'American Peanut Council.

La livre turque sauvée ?

Mardi, la livre turque s'est toutefois fortement redressée sur le marché des changes après les mesures d'urgence annoncées par le chef de l'Etat et un mois de pertes historiques. En début de soirée lundi, après une séance chaotique, le président Recep Tayyip Erdogan a pris de cours les marchés et son opposition en décidant de lier la valeur de certains dépôts bancaires en livres au cours du dollar.

Les économistes et de nombreux Turcs essayaient encore de déchiffrer comment ce nouveau mécanisme d'échange fonctionnera et où le gouvernement obtiendra l'argent pour le payer. Mais l'impact sur la livre turque, qui avait perdu 45% par rapport au billet vert de début novembre à lundi en fin d'après-midi, a été considérable.

La monnaie, qui avait encore plongé de 10% quand Erdogan est apparu à la télévision après la réunion hebdomadaire du gouvernement, s'échangeait quelques heures plus tard en hausse de 20% par rapport au dollar. Le chef de l'Etat a poussé ces derniers mois à quatre reprises la banque centrale à réduire son taux d'intérêt directeur bien en deçà du niveau d'inflation qui a atteint en novembre 21% sur un an.

Mardi soir, il fallait 13 livres pour acheter un dollar. Mais malgré un net redressement ces dernières heures de près de 40% par rapport à son plus bas historique, le cours de la monnaie turque a perdu 40% par rapport au dollar depuis le début de l'année. (Avec AFP)

Selon le Wall Street Journal, la chute de la livre fait grimper le coût des engrais, des semences, des pesticides et d'autres produits essentiels importés. Les usines de noisettes turques sont obligées de payer davantage pour l'énergie, l'emballage et le transport. Le coût de la main-d'oeuvre dans le secteur de la noisette devrait par ailleurs augmenter, car le gouvernement turc s'apprête à relever le salaire minimum pour suivre le rythme d'une inflation de 21 %.Par conséquent, les producteurs de noisettes turcs s'appauvrissent et leurs exploitations produisent moins de noisettes qui entrent dans la composition de produits Ferrero, tels que les Rochers et le Nutella. Selon les chefs de file du secteur, la baisse de l'offre de noisettes finira par faire grimper les prix pour les consommateurs."Le monde est au bord de la pénurie de noisettes", déclare Turgan Zülfikar, un consultant basé à New York pour les entreprises turques qui entrent sur le marché américain, au Wall Street Journal. "Si vous aimez le Nutella, vous feriez mieux de vous approvisionner lors de votre prochaine visite dans un supermarché".Selon la FAO, le Fonds pour l'agriculture des Nations unies, la Turquie assure environ 70% de la production mondiale des noisettes, et 82% des exportations, très loin devant l'Italie (20%) et quelques pays qui se partagent les miettes, dont l'Azerbaïdjan, la Géorgie et l'Iran. Sur les 600 à 700.000 tonnes de noisettes ramassées, environ 300.000 partent à l'export.Le scandale des noisettes En octobre dernier, les ramasseurs accusaient Ferrero de casser les prix. Déjà, en avril 2019, une enquête du New York Times révélait les conditions de travail difficiles de réfugiés syriens gagnant à peine de quoi couvrir leurs frais en participant à la récolte. Six mois plus tard, la BBC renchérissait avec un reportage montrant des enfants kurdes y travailler.Ferrero, qui achète environ un tiers de la production turque de noisettes, notamment par l'intermédiaire de grossistes, s'était alors défendu en affirmant ne pas toucher aux produits "fabriqués avec des pratiques contraires à l'éthique" et en mettant en avant son programme de formation des agriculteurs.Plus de 300.000 tonnes de Nutella sont consommées chaque année dans le monde, un poids souvent comparé à celui de l'emblématique Empire State Building new-yorkais. Mais, rien qu'aux Etats-Unis, la consommation de beurre de cacahuète s'élèverait à plus de 630.000 tonnes par an, selon des chiffres compilés par l'American Peanut Council.La livre turque sauvée ?Mardi, la livre turque s'est toutefois fortement redressée sur le marché des changes après les mesures d'urgence annoncées par le chef de l'Etat et un mois de pertes historiques. En début de soirée lundi, après une séance chaotique, le président Recep Tayyip Erdogan a pris de cours les marchés et son opposition en décidant de lier la valeur de certains dépôts bancaires en livres au cours du dollar. Les économistes et de nombreux Turcs essayaient encore de déchiffrer comment ce nouveau mécanisme d'échange fonctionnera et où le gouvernement obtiendra l'argent pour le payer. Mais l'impact sur la livre turque, qui avait perdu 45% par rapport au billet vert de début novembre à lundi en fin d'après-midi, a été considérable.La monnaie, qui avait encore plongé de 10% quand Erdogan est apparu à la télévision après la réunion hebdomadaire du gouvernement, s'échangeait quelques heures plus tard en hausse de 20% par rapport au dollar. Le chef de l'Etat a poussé ces derniers mois à quatre reprises la banque centrale à réduire son taux d'intérêt directeur bien en deçà du niveau d'inflation qui a atteint en novembre 21% sur un an.Mardi soir, il fallait 13 livres pour acheter un dollar. Mais malgré un net redressement ces dernières heures de près de 40% par rapport à son plus bas historique, le cours de la monnaie turque a perdu 40% par rapport au dollar depuis le début de l'année. (Avec AFP)