Ce fut un grand moment de solitude télévisuelle, dimanche soir sur TF1. A l'issue duquel Thierry Breton, commissaire européen au Marché intérieur et en charge de la stratégie vaccinale depuis début février, s'est pourtant engagé à ce que l'Europe arrive à une forme d'immunité collective à la mi-juillet.
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Ce fut un grand moment de solitude télévisuelle, dimanche soir sur TF1. A l'issue duquel Thierry Breton, commissaire européen au Marché intérieur et en charge de la stratégie vaccinale depuis début février, s'est pourtant engagé à ce que l'Europe arrive à une forme d'immunité collective à la mi-juillet.Pour rappel, la campagne belge de vaccination dépend de la stratégie européenne d'achat des vaccins et les déconvenues se sont multipliées ces dernières semaines, entre retards et annonces par des producteurs de vaccins que les délais ne seraient pas respectés.L'interview, dimanche soir, débute pourtant sur un mode frontal. "Thierry Breton, si l'on veut être rapidement vacciné aujourd'hui, il faut être Américain, Israélien, Britannique, mais pas Européen", entame, cinglante, Anne-Claire Coudray, présentatrice du JT de TF1. L'Europe est clairement a pris depuis le début du retard dans sa campagne de vaccination et reste à la traîne, d'autant que les déconvenues se multiplient en matière d'approvisionnement.Thierry Breton entame sa réponse avec un aplomb qui tournera rapidement à une langue de bois dénoncée de toutes parts. "Il faut être Européen, répond-il, et il faut être Européen également parce que l'on peut être sûr qu'il n'y a absolument aucun problème. Je vais m'expliquer."Nouvelle intervention de la journaliste: "Vous voulez parler du moment où nous avons validé les vaccins, beaucoup plus tard que nous amis britanniques, par exemple, début décembre pour eux, janvier pour nous?" "On va essayer d'être précis pour vos téléspectateurs, si vous le voulez bien, sourit le commissaire européen. Nous avons validé quatre semaines après les Britanniques et trois semaines après les Américains. Et voyez-vous, nous trouvons cette différence dans la dynamique. Le président Biden vient d'indiquer qu'il pouvait annnoncer cent millions de vaccinés. Pour nous, c'est dans trois semaines. On a cet écart. Et moi, je vois sur le terrain depuis qu'on m'a confié cette mission début février, que l'on monte en puissance." "Vous comprenez l'impuissance? insiste encore la journaliste. Quand nous sommes en situation de pandémie, trois semaines ou un mois, c'est énorme. Est-ce que vous comprenez que les Français ont l'impression que l'Europe a failli?" "J'entends exactement ce que vous dites, bien sûr, je l'entends autour de moi, y compris dans ma famille, répond Thierry Breton après un demi-sourire. Et pourtant, ce n'est pas la réalité." Le commissaire européenn peine à justifier les errements dénonçés jusqu'ici. Il insiste par contre sur la montée en cadence des livraisons attendues en Europe, avec 60 millions de doses livrées en mars, 100 millions en avril, 120 millions en mai... Selon lui, ce sont 55 usines qui fabriquent désormais des vaccins en Europe. L'Union, insiste-t-il, est la seule à faire reposer sa campagne sur quatre vaccins, est devenue autonome pour leur production et pourra se passer sans peine du Spoutnik V russe.Thierry Breton s'engage même plus loin: l'Europe, dit-il, peut avoir atteint l'immunité collective à la mi-juillet. "Prenons une date symbolique: le 14 juillet (jour de la fête nationale française - Ndlr), nous avons la possibilité d'atteindre l'immunité au niveau du continent", a-t-il déclaré sur TF1.Et de répéter, à plusieurs reprises: "C'est la dernière ligne droite parce que nous savons que pour vaincre cette pandémie, une seule solution: se faire vacciner. Les vaccins arrivent, ils seront là. Entre le mois de mars et le mois de juin, on va livrer entre 300 et 350 millions de doses de vaccin".