Que ce soit la Première ministre Jacinda Ardern en Nouvelle-Zélande, la chancelière Angela Merkel en Allemagne, ou encore la Première ministre Sanna Marin en Finlande, les femmes ont été louées pour leur gestion de la pandémie de coronavirus. Cependant, les chercheurs estiment que ces observations concernent principalement les pays membres de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).
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Que ce soit la Première ministre Jacinda Ardern en Nouvelle-Zélande, la chancelière Angela Merkel en Allemagne, ou encore la Première ministre Sanna Marin en Finlande, les femmes ont été louées pour leur gestion de la pandémie de coronavirus. Cependant, les chercheurs estiment que ces observations concernent principalement les pays membres de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).En avril dernier, un éditorial publié dans le magazine américain Forbes et intitulé "Qu'ont en commun les pays aux meilleures réponses au coronavirus ? Des cheffes d'état", citait ainsi la gestion du Danemark, de Taiwan, de la Finlande, de la Nouvelle-Zélande et de l'Allemagne, toutes des nations dirigées par une femme, en exemple. Dirigée par la chercheuse de Leah Windsor de l'Université de Memphis, l'équipe de scientifiques américains et britanniques a analysé les données nationales liées au Covid-19 (taux d'infection et de mortalité) de 175 pays (dont 16 dirigés par des femmes) durant les premiers mois de la pandémie. Les chercheurs ont pris en compte différents critères dont le sexe du dirigeant, la proportion de femmes au parlement, le produit intérieur brut par habitant, le niveau de préparation aux catastrophes et divers facteurs culturels. Ils détaillent leurs résultats dans la revue Plos One. À première vue, les mesures mises en oeuvre au niveau national pour faire face à la pandémie de coronavirus n'étaient pas plus efficaces dans les pays dirigés par des femmes que dans ceux dirigés par des hommes. Pays de l'OCDELes auteurs du rapport estiment que les bons résultats obtenus dans les pays dirigés par des femmes peuvent s'expliquer en grande partie par le fait que ces femmes sont à la tête des pays de l'OCDE plus enclins à la base à élire des femmes dirigeantes. "Plus précisément, nous avons découvert que le fait d'avoir une femme à la tête d'un pays n'améliore pas la situation d'un pays pendant la pandémie, à moins que ce pays ne possède également les valeurs culturelles qui soutiennent le leadership féminin", déclarent les chercheurs.Selon les scientifiques, ce même préjugé a contribué à mettre en évidence la mauvaise gestion de crise de certains pays occidentaux tels que le Royaume-Uni et les États-Unis, dirigés par les dirigeants masculins Boris Johnson et Donald Trump, et à éclipser les petits pays ayant de meilleurs résultats en matière de santé. Les chercheurs citent l'exemple du Vietnam, dirigé par le Premier ministre Nguyen Xuan Phuc et qui en septembre 2020 ne comptait que 40 décès liés au Covid-19. Sophie WilmèsLes scientifiques abordent également le rôle de Sophie Wilmès, Première ministre belge jusqu'au 30 septembre 2020. Selon eux, une bonne gestion de la pandémie ne se traduit pas nécessairement dans les taux de mortalité ou de cas dans un pays (rappelons qu'aujourd'hui la Belgique déplore plus de 20 000 décès liés au Covid). "Au début de la pandémie, la Belgique - alors dirigée par Sophie Wilmès - a signalé un nombre élevé de décès liés à la crise du Covid-19, en partie parce qu'elle incluait dans son décompte officiel les décès dans les maisons de retraite et les décès suspects. Il est possible que cette inclusion, garantissant que chaque décès était compté et importait, était en soi un phénomène culturellement pertinent et que le sexe du dirigeant l'a amplifié", écrivent les auteurs de l'étude.Les scientifiques soulignent qu'ils n'ont pu baser leurs études que sur une très petite part de femmes (16 sur 175 dirigeants) et qu'il faudrait un échantillon plus large de femmes dirigeantes. Ils ajoutent également que les conséquences de la pandémie dans un pays donné dépendent également du degré de préparation et donc de choix politiques faits longtemps à l'avance.