Israël, qui a été l'un des pays les plus rapides à vacciner sa population se retrouve obligé de ralentir sa réouverture face au variant Delta. Le variant indien, très contagieux, inquiète les autorités à travers le monde. La Belgique devra-t-elle aussi revoir ses mesures de réouverture ?

Face à une résurgence des contaminations de coronavirus du variant Delta, Israël a dû faire marche arrière dans sa politique sanitaire. Avec plus de la moitié de sa population vaccinée, l'arrêt de l'obligation du port du masque en intérieur, c'est un coup dur pour le pays qui avait commencé sa campagne de vaccination très tôt. Déjà le 19 décembre 2020, l'ex Premier ministre Benjamin Netanyahu s'était fait vacciner. Le gouvernement a annoncé mercredi le report de la réouverture du territoire au tourisme, qui était en préparation. Une distanciation sociale pourrait aussi être de retour pour endiguer une possible nouvelle vague. Ces nouvelles mesures inquiètent car si un état comme Israël, qui a été rapide et efficace dans sa campagne de vaccination, doit faire marche arrière, qu'en est-il des autres pays ?

Le centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) annonçait mercredi dans un communiqué que "sur la base des preuves scientifiques disponibles, le variant Delta est plus transmissible que les autres variants en circulation et nous estimons qu'à la fin du mois d'août, il représentera 90 % de tous les virus SRAS-CoV-2 circulant dans l'Union européenne." De même, Yves Van Laethem, porte-parole interfédéral de la lutte contre le Covid-19 en Belgique a annoncé vendredi que le variant Alpha (Britannique) était en baisse, les variants Gamma et Beta (Brésilien et sudafricain) restent quant à eux "relativement stable", et que le variant Delta est quand à lui "en train d'augmenter".

La Belgique devra-t-elle aussi faire marche arrière ?

Selon Yves Coppieters, épidémiologiste à l'ULB, tout dépend de la politique vaccinale. Même si on observe qu'une partie des cas du variant Delta en Israël sont des personnes vaccinées, rien n'est sûr pour le moment concernant le pourcentage, les cas graves, ou encore le nombre de doses que ces personnes ont reçues. L'épidémiologiste explique que le risque de se retrouver dans la même situation qu'lsraël est surtout présent si les Belges ne sont pas assez vaccinés, "si on n'arrive pas à couvrir de façon plus efficace les plus de 65 ans et les groupes à risque, si on n'arrive pas à atteindre les 70 % dans les groupes à risque, alors, en effet il y a un risque de reprise des situations graves, épidémiques, dues au variant Delta". Les populations de plus de 65 ans ou présentant des comorbidités sont donc toujours celles à prioriser.

Yves Coppieters rassure, "ce n'est pas une question de population, c'est une question de protéger les groupes cibles qui sont eux à risque de faire des formes graves. parce que si on regarde les statistiques aux Royaume Uni, on voit vraiment que les gens qui sont ré-hospitalisés sur base du variant Delta, sont des gens fragiles, à risque du coronavirus, ce n'est pas toute la population, ce sont des gens à risque, qui n'ont pas été vaccinés ou qui n'ont eu qu'une seule dose.".

En effet le vaccin, qui ne protège pas à 100 % d'une contamination, est cependant très efficace pour réduire les risques de faire un Covid sévère. Pour l'épidémiologiste, le vaccin est la solution. Si les Belges sont vaccinés, l'été sera peut être sauvé, "l'enjeu pour nous à l'échelle belge c'est d'augmenter la vaccination en région bruxelloise des groupes de plus de 65 ans et des groupes vulnérables et d'arriver à une couverture de 70% dans ces groupes. Mais ce n'est pas pour autant qu'il faut faire du chantage à la vaccination des autres groupes", conclut l'épidémiologiste.

Delta Plus, un autre variant qui inquiète ?

Si le variant Delta s'avère plus contagieux, sa version mutée, Delta + est aussi inquiétante.

Pour le moment Delta +, de son nom scientifique AY.1 est surtout présent sur le territoire indien, même si le journal Le Parisien indique que des cas ont été détectés en France, cela reste un phénomène minime. Le Hindustan Times parle de 197 cas dans 11 pays d'Europe, Asie et Amérique. Dans un communiqué de presse, le ministère de la santé Indien informait la population que cette mutation du variant génère "une augmentation de la transmissibilité", une "liaison plus forte aux récepteurs des cellules pulmonaires" ainsi qu'une "réduction potentielle de la réponse des anticorps monoclonaux". Autrement dit, il est très contagieux, très virulent et plus résistant aux traitements. Pour le moment, Delta Plus reste sous surveillance.

Angèle Bilégué.

Israël, qui a été l'un des pays les plus rapides à vacciner sa population se retrouve obligé de ralentir sa réouverture face au variant Delta. Le variant indien, très contagieux, inquiète les autorités à travers le monde. La Belgique devra-t-elle aussi revoir ses mesures de réouverture ? Face à une résurgence des contaminations de coronavirus du variant Delta, Israël a dû faire marche arrière dans sa politique sanitaire. Avec plus de la moitié de sa population vaccinée, l'arrêt de l'obligation du port du masque en intérieur, c'est un coup dur pour le pays qui avait commencé sa campagne de vaccination très tôt. Déjà le 19 décembre 2020, l'ex Premier ministre Benjamin Netanyahu s'était fait vacciner. Le gouvernement a annoncé mercredi le report de la réouverture du territoire au tourisme, qui était en préparation. Une distanciation sociale pourrait aussi être de retour pour endiguer une possible nouvelle vague. Ces nouvelles mesures inquiètent car si un état comme Israël, qui a été rapide et efficace dans sa campagne de vaccination, doit faire marche arrière, qu'en est-il des autres pays ? Le centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) annonçait mercredi dans un communiqué que "sur la base des preuves scientifiques disponibles, le variant Delta est plus transmissible que les autres variants en circulation et nous estimons qu'à la fin du mois d'août, il représentera 90 % de tous les virus SRAS-CoV-2 circulant dans l'Union européenne." De même, Yves Van Laethem, porte-parole interfédéral de la lutte contre le Covid-19 en Belgique a annoncé vendredi que le variant Alpha (Britannique) était en baisse, les variants Gamma et Beta (Brésilien et sudafricain) restent quant à eux "relativement stable", et que le variant Delta est quand à lui "en train d'augmenter".La Belgique devra-t-elle aussi faire marche arrière ? Selon Yves Coppieters, épidémiologiste à l'ULB, tout dépend de la politique vaccinale. Même si on observe qu'une partie des cas du variant Delta en Israël sont des personnes vaccinées, rien n'est sûr pour le moment concernant le pourcentage, les cas graves, ou encore le nombre de doses que ces personnes ont reçues. L'épidémiologiste explique que le risque de se retrouver dans la même situation qu'lsraël est surtout présent si les Belges ne sont pas assez vaccinés, "si on n'arrive pas à couvrir de façon plus efficace les plus de 65 ans et les groupes à risque, si on n'arrive pas à atteindre les 70 % dans les groupes à risque, alors, en effet il y a un risque de reprise des situations graves, épidémiques, dues au variant Delta". Les populations de plus de 65 ans ou présentant des comorbidités sont donc toujours celles à prioriser. Yves Coppieters rassure, "ce n'est pas une question de population, c'est une question de protéger les groupes cibles qui sont eux à risque de faire des formes graves. parce que si on regarde les statistiques aux Royaume Uni, on voit vraiment que les gens qui sont ré-hospitalisés sur base du variant Delta, sont des gens fragiles, à risque du coronavirus, ce n'est pas toute la population, ce sont des gens à risque, qui n'ont pas été vaccinés ou qui n'ont eu qu'une seule dose.". En effet le vaccin, qui ne protège pas à 100 % d'une contamination, est cependant très efficace pour réduire les risques de faire un Covid sévère. Pour l'épidémiologiste, le vaccin est la solution. Si les Belges sont vaccinés, l'été sera peut être sauvé, "l'enjeu pour nous à l'échelle belge c'est d'augmenter la vaccination en région bruxelloise des groupes de plus de 65 ans et des groupes vulnérables et d'arriver à une couverture de 70% dans ces groupes. Mais ce n'est pas pour autant qu'il faut faire du chantage à la vaccination des autres groupes", conclut l'épidémiologiste. Angèle Bilégué.