90% des lits occupés

Le nombre de malades en réanimation en France s'élevait ce lundi à à 4.974. C'est plus que lors du pic de la deuxième vague de l'épidémie de Covid en automne (4.903). Au total, en comptant les malades du Covid et les patients présentant une autre pathologie, ce sont près de 90% des lits de réanimation du pays qui sont occupés.
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Le nombre de malades en réanimation en France s'élevait ce lundi à à 4.974. C'est plus que lors du pic de la deuxième vague de l'épidémie de Covid en automne (4.903). Au total, en comptant les malades du Covid et les patients présentant une autre pathologie, ce sont près de 90% des lits de réanimation du pays qui sont occupés.Exemple frappant : le service de réanimation de l'hôpital de Saint-Denis, près de Paris, affichait complet lundi, avec la moitié des patients Covid ayant moins de 43 ans, dont deux femmes enceintes. Du "jamais vu", selon les soignants, qui voient "de plus en plus de jeunes avec des formes graves, et des évolutions rapides de la maladie".La flambée épidémique n'augure pas d'une baisse immédiate dans les entrées à l'hôpital : entre 40.000 à 50.000 personnes ont été testées positives chaque jour la semaine dernière. Les courbes, tous indicateurs confondus, sont toujours sur une pente ascendante. Le taux de positivité est actuellement de 8,2%, soit un peu plus élevé qu'en Belgique (7,7%). La pandémie ne cesse de s'étendre, boosté par le variant anglais, plus contagieux et plus virulent. Presque 60 départements sur 101 au-dessus du seuil d'alerte maximale des autorités sanitaires. Un chiffre qui ne cesse d'augmenter au fil des semaines. Pour l'instant, 19 départements sont sous le régime de mesures de freinage renforcées, majoritairement dans les Hauts-de-France et en Île-de-France. 24 départements sont en vigilance renforcée. Cela concerne plutôt l'Est du pays. L'Allemagne a par ailleurs classé la France entière comme zone à "haut risque", impliquant notamment des contrôles au moins aléatoires aux frontières, que la plupart des voyageurs en provenance de France observent une période de quarantaine à l'arrivée et doivent disposer d'un test négatif de moins de 48 heures.La semaine dernière, plus de 2.000 personnes sont encore mortes du Covid à l'hôpital ou dans les établissements spécialisés pour les personnes âgées, malgré la campagne de vaccination (7,7 millions de premières doses injectées, 2,6 millions de secondes doses). Depuis le début de l'épidémie, il y a plus d'un an, plus de 94.600 personnes sont mortes en France du Covid.Le gouvernement et le président Emmanuel Macron affrontent la pression des médecins qui réclament un nouveau tour de vis. Dans deux tribunes distinctes dans la presse, des médecins hospitaliers, inquiets, ont donné de la voix pour alerter sur le spectre du tri des patients. "En imposant aux soignants de décider quel patient doit vivre et quel patient doit mourir, sans l'afficher clairement, le gouvernement se déresponsabilise de façon hypocrite", a dénoncé l'un des collectifs signataires.Des "choix terribles pour les soignants" que le ministre de la Santé Olivier Véran a assuré vouloir leur éviter, lors d'un entretien avec ces directeurs médicaux de crise : "Le ministre a rappelé qu'il fallait vérifier ce que les mesures déjà mises en place avaient comme impact sur la réa, et que si cet impact était jugé insuffisant pour passer le cap difficile des trois prochaines semaines, le gouvernement serait amené à prendre rapidement des mesures supplémentaires."Les restaurants, bars, salles de sports et lieux culturels (théâtres, musées, cinémas) n'ont jamais rouvert depuis le début du deuxième confinement à l'automne et un couvre-feu, de 19h à 06h, est en place sur tout le territoire. Dans 19 départements, dont toute la région parisienne, les déplacements sont limités à 10 km et nombre de magasins jugés non essentiels, comme les boutiques de vêtements, y sont fermés. Contrairement à nombre de ses voisins européens, la France n'a pas fermé ses écoles même si désormais l'apparition d'un malade dans une classe entraîne sa fermeture dans les départements reconfinés.Malgré les appels à serrer la vis, la majorité défend la stratégie du gouvernement, celle d'un confinement en tout dernier recours, mettant en avant la santé mentale de la population et la sauvegarde de l'économie. Un conseil de défense sanitaire décisif autour du président Emmanuel Macron aura lieu mercredi matin pour déterminer si des mesures plus strictes sont nécessaires.