Même si les commissions d'enquête parlementaire au Brésil ont généralement une portée symbolique, celle-ci devrait ternir davantage l'image du dirigeant d'extrême droite, critiqué de toutes parts et mal en point dans les sondages.

Qualifié de "génocidaire" par ses opposants les plus virulents, comme l'ex-président de gauche Luiz Inacio Lula da Silva, candidat non encore déclaré mais déjà donné vainqueur au second tour du scrutin de 2022 par une enquête d'opinion, Jair Bolsonaro a minimisé la pandémie sous tous ses aspects.

Il a notamment rejeté le confinement, le port du masque, la distanciation physique et même les vaccins. Le gouvernement est accusé d'avoir refusé plusieurs offres de laboratoires, notamment de 70 millions de doses proposées par Pfizer dès le mois d'août 2020. La campagne d'immunisation patine aujourd'hui en raison du manque de doses.

Le président Bolsonaro continue en revanche de vanter les mérites de médicaments jugés inefficaces par les spécialistes, comme l'hydroxychloroquine.

"Beaucoup de problèmes"

Avec la commission d'enquête parlementaire, le Sénat va se pencher sur d'éventuelles "omissions" du gouvernement, alors que le Brésil doit dépasser dans les prochains jours le seuil des 400.000 morts de Covid-19, le deuxième pire bilan au monde après les Etats-Unis.

Instaurée mardi pour un mandat de 90 jours renouvelable, cette commission doit évaluer si des délits de négligence, voire de corruption, ont été commis, notamment lors de la pénurie meurtrière d'oxygène à Manaus (Nord), métropole nichée au coeur de la forêt amazonienne.

Dans l'affirmative, le rapport de la commission pourra être soumis au parquet pour d'éventuelles poursuites contre un ou plusieurs membres du gouvernement.

"Je crois que cette commission va poser beaucoup de problèmes au président", explique à l'AFP Andre Rehbein Sathler, chercheur pour le site Congresso em Foco, spécialisé dans l'analyse du Parlement.

"Ils n'ont même pas vraiment besoin d'enquêter. Tout le monde a vu au grand jour la façon dont le gouvernement a géré la pandémie", poursuit-il.

"Ce ne sont pas seulement des omissions, mais aussi des actions. Le gouvernement a saisi la Cour suprême pour faire annuler des mesures de restriction (de mouvement ou d'activité) prises par certains Etats et s'est refusé à acheter des vaccins", résume le chercheur.

Rapport "chirurgical"

Certaines commissions d'enquête parlementaire au Brésil ont parfois eu des effets dévastateurs pour le gouvernement: l'une d'elles a préparé le terrain à la destitution du président Fernando Collor en 1992.

Mais d'autres gouvernements en sont sortis indemnes.

Sentant que le vent commençait à tourner, Jair Bolsonaro s'est récemment rapproché du Centrao, groupe informel de partis centristes qui monnaient leur soutien au Parlement en échange de postes importants.

Mais cette alliance semble fragile, alors que les critiques envers le gouvernement sont de plus en plus acerbes, aussi bien de la part de l'opposition que de certains chefs d'entreprises et autres représentants de la société civile.

Avec un taux de rejet à plus de 50% dans les derniers sondages, ce dernier semble plus vulnérable que jamais face à la crise sanitaire qui a pris une dimension politique, menaçant ses projets de réélection en 2022.

Et Lula, à nouveau éligible pour briguer un troisième mandat après l'annulation de ses condamnations pour corruption par la Cour suprême, a le vent en poupe: un sondage publié à la mi-avril par le site Poder 360 le donne vainqueur face à Jair Bolsonaro au second tour, avec 52% des intentions de vote, contre 34% seulement pour le président sortant.

Le gouvernement a subi mardi une première défaite lors de l'instauration de la commission d'enquête parlementaire, avec la désignation comme rapporteur de Renan Calheiros, ancien président du Sénat, qui a promis un rapport "chirurgical" sur les errements du gouvernement.

Un juge avait interdit que M. Calheiros soit choisi comme rapporteur lundi soir, suite à une requête d'une députée bolsonariste, mais cette décision judiciaire controversée a été annulée en appel mardi, peu après l'ouverture de la première session de la commission.

Même si les commissions d'enquête parlementaire au Brésil ont généralement une portée symbolique, celle-ci devrait ternir davantage l'image du dirigeant d'extrême droite, critiqué de toutes parts et mal en point dans les sondages.Qualifié de "génocidaire" par ses opposants les plus virulents, comme l'ex-président de gauche Luiz Inacio Lula da Silva, candidat non encore déclaré mais déjà donné vainqueur au second tour du scrutin de 2022 par une enquête d'opinion, Jair Bolsonaro a minimisé la pandémie sous tous ses aspects.Il a notamment rejeté le confinement, le port du masque, la distanciation physique et même les vaccins. Le gouvernement est accusé d'avoir refusé plusieurs offres de laboratoires, notamment de 70 millions de doses proposées par Pfizer dès le mois d'août 2020. La campagne d'immunisation patine aujourd'hui en raison du manque de doses.Le président Bolsonaro continue en revanche de vanter les mérites de médicaments jugés inefficaces par les spécialistes, comme l'hydroxychloroquine. "Beaucoup de problèmes"Avec la commission d'enquête parlementaire, le Sénat va se pencher sur d'éventuelles "omissions" du gouvernement, alors que le Brésil doit dépasser dans les prochains jours le seuil des 400.000 morts de Covid-19, le deuxième pire bilan au monde après les Etats-Unis.Instaurée mardi pour un mandat de 90 jours renouvelable, cette commission doit évaluer si des délits de négligence, voire de corruption, ont été commis, notamment lors de la pénurie meurtrière d'oxygène à Manaus (Nord), métropole nichée au coeur de la forêt amazonienne.Dans l'affirmative, le rapport de la commission pourra être soumis au parquet pour d'éventuelles poursuites contre un ou plusieurs membres du gouvernement."Je crois que cette commission va poser beaucoup de problèmes au président", explique à l'AFP Andre Rehbein Sathler, chercheur pour le site Congresso em Foco, spécialisé dans l'analyse du Parlement."Ils n'ont même pas vraiment besoin d'enquêter. Tout le monde a vu au grand jour la façon dont le gouvernement a géré la pandémie", poursuit-il."Ce ne sont pas seulement des omissions, mais aussi des actions. Le gouvernement a saisi la Cour suprême pour faire annuler des mesures de restriction (de mouvement ou d'activité) prises par certains Etats et s'est refusé à acheter des vaccins", résume le chercheur.Rapport "chirurgical"Certaines commissions d'enquête parlementaire au Brésil ont parfois eu des effets dévastateurs pour le gouvernement: l'une d'elles a préparé le terrain à la destitution du président Fernando Collor en 1992.Mais d'autres gouvernements en sont sortis indemnes.Sentant que le vent commençait à tourner, Jair Bolsonaro s'est récemment rapproché du Centrao, groupe informel de partis centristes qui monnaient leur soutien au Parlement en échange de postes importants.Mais cette alliance semble fragile, alors que les critiques envers le gouvernement sont de plus en plus acerbes, aussi bien de la part de l'opposition que de certains chefs d'entreprises et autres représentants de la société civile.Avec un taux de rejet à plus de 50% dans les derniers sondages, ce dernier semble plus vulnérable que jamais face à la crise sanitaire qui a pris une dimension politique, menaçant ses projets de réélection en 2022.Et Lula, à nouveau éligible pour briguer un troisième mandat après l'annulation de ses condamnations pour corruption par la Cour suprême, a le vent en poupe: un sondage publié à la mi-avril par le site Poder 360 le donne vainqueur face à Jair Bolsonaro au second tour, avec 52% des intentions de vote, contre 34% seulement pour le président sortant.Le gouvernement a subi mardi une première défaite lors de l'instauration de la commission d'enquête parlementaire, avec la désignation comme rapporteur de Renan Calheiros, ancien président du Sénat, qui a promis un rapport "chirurgical" sur les errements du gouvernement.Un juge avait interdit que M. Calheiros soit choisi comme rapporteur lundi soir, suite à une requête d'une députée bolsonariste, mais cette décision judiciaire controversée a été annulée en appel mardi, peu après l'ouverture de la première session de la commission.