À l'issue de chaque comité de concertation, les politiques rappellent les mesures sanitaires "non pharmaceutiques", telles que le lavage des mains, le port du masque, la distanciation et la limitation du nombre de contacts. Ils pourraient formuler une recommandation supplémentaire : cesser de parler dans les transports.
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À l'issue de chaque comité de concertation, les politiques rappellent les mesures sanitaires "non pharmaceutiques", telles que le lavage des mains, le port du masque, la distanciation et la limitation du nombre de contacts. Ils pourraient formuler une recommandation supplémentaire : cesser de parler dans les transports. Face à l'émergence de variants plus contagieux du coronavirus, l'Académie Nationale de Médecine française a formulé une série de recommandations qui viennent s'ajouter aux mesures déjà en place. "Le port obligatoire du masque dans les transports en commun, où la distanciation physique ne peut être respectée, doit s'accompagner d'une précaution très simple : éviter de parler et de téléphoner", écrit-elle. En Espagne, les autorités régionales de Catalogne et des Baléares ont également recommandé aux usagers des transports en commun de se taire pendant le trajet.Drôlement gentils L'annonce déclenche la colère de nombreux citoyens. Interrogé sur France 2, l'acteur français Niels Arestrup se dit déçu et choqué par la façon dont les politiques et les scientifiques parlent à la population. "Je crois que les Français sont drôlement gentils. Depuis un bon moment. Depuis pratiquement une année. Ils font tout ce qu'on leur demande, tous les efforts qu'ils peuvent. Et quand j'entends une information qui venait, je crois, de l'Académie de médecine, proposant aux gens qui sont dans un métro à 7 heures du matin de ne pas parler parce que ça risque de faire des postillons alors qu'on est dans une situation proche..."."Je trouve que quand on dit ça aux gens, il faudrait quand même aussi leur parler avec respect, expliquer pourquoi on fait ça et ne pas leur donner des ordres aussi brutaux. Et on vit beaucoup dans cette relation à l'ordre brutal", estime-t-il. "Il faut être gentil avec les gens qui vivent ça et qui acceptent ça". L'avis n'est pas une recommandation officielle du gouvernement. Les épidémiologistes français craignent qu'en ajoutant constamment de nouvelles mesures, moins de citoyens adhèrent aux mesures existantes. L'efficacité d'une mesure dépend en effet entièrement de la façon dont elle est appliquée et respectée par le grand public."Risque de contamination en parlant" Le rapport de l'Académie ne fournit pas d'explications scientifiques, mais il se base peut-être sur une étude récente de chercheurs de l'université de Cambridge et de l'Imperial College London. Celle-ci révèle qu'une discussion menée dans une pièce mal aérée propage beaucoup plus de gouttelettes qu'une toux. Quand on tousse, on expire de grosses gouttelettes qui descendent et se déposent sur le sol rapidement. Parler, cependant, génère des gouttelettes ou des aérosols qui restent plus facilement suspendus dans l'air, se propagent et s'accumulent en cas de mauvaise ventilation. En quelques secondes, elles peuvent se projeter à plus de deux mètres, même à l'air libre. Par exemple, une heure après qu'une personne infectée ait parlé pendant 30 secondes, les particules expirées peuvent contenir une masse virale plus importante qu'après une seule toux. Cependant, les masques peuvent filtrer une partie de l'air expiré. La contamination dépend donc du nombre d'aérosols que l'on respire, et si l'on porte un masque ou non.Il est important de porter un masque, de garder les distances et de bien aérer, rappellent les scientifiques, qui ont développé un outil en ligne pour vérifier le risque de contamination dans un espace clos, en fonction de la taille de la pièce et du nombre de personnes présentes. Les scientifiques britanniques n'évoquent pas d'interdiction de parler.