"Nous l'avons fait. Nous avons obtenu 7,4 milliards d'euros" de contributions, a déclaré Ursula von der Leyen, en précisant que la star Madonna venait de contribuer pour 1 million de dollars. L'objectif de ce téléthon mondial était de recueillir 7,5 milliards d'euros.

La Commission européenne avait donné le coup d'envoi de ce "marathon en ligne" à 15H00 avec l'annonce d'une contribution d'un milliard d'euros. La France et l'Allemagne ont suivi et permis de passer la barre des 2 milliards avec des contributions de 500 et 525 millions d'euros. Une heure après le lancement de l'opération, 5 milliards d'euros avaient été promis.

Un vaccin est notre meilleure chance collective de vaincre le virus, Ursula von der Leyen, organisatrice de ce téléthon

Pour la Belgique, la Première ministre Sophie Wilmès a annoncé un soutien de 27 millions d'euros, tant pour le développement du vaccin que pour les programmes humanitaires de l'OMS et de l'ONU de lutte contre le coronavirus. Elle a elle aussi insisté sur le caractère multilatéral des actions et la nécessité.

Gouvernements, philanthropes, dirigeants d'entreprises et célébrités ont été sollicités. Une quarantaine de pays et une vingtaine d'organisations ont répondu à l'appel. Mais l'initiative est contrariée par l'absence des Etats-Unis. Le président Donald Trump est en conflit ouvert avec l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et affiche sa volonté de voir les Etats-Unis se doter d'un vaccin pour la fin de l'année.

"Le chacun pour soi est une erreur majeure", a déploré le chef de l'Etat français Emmanuel Macron. "Nous devons coopérer et non nous faire concurrence", a renchéri le roi Abdallah II de Jordanie.

La stratégie solitaire de l'administration américaine suscite des regrets. "L'Union européenne a répondu favorablement à une demande d'action globale. Les Etats-Unis ont refusé. Ce sont eux qui s'isolent", a déploré un responsable européen.

La crainte ne semble pas infondée: en mars dernier, la Commission avait dû apporter un lourd soutien financier à la firme allemande CureVac, à la suite d'informations selon lesquelles les Etats-Unis avaient offert un milliard de dollars pour s'approprier l'exclusivité des droits d'un vaccin en développement dans ses laboratoires. CureVac pourrait lancer en juin les essais cliniques de son vaccin contre le nouveau coronavirus en Allemagne et en Belgique, avait annoncé le mois dernier le président de son conseil de surveillance, le Belge Jean Stéphenne.

"Mais nous travaillons de manière très étroite avec des entités américaines très puissantes, comme la fondation de Bill et Melinda Gates qui ont une énorme puissance financière et beaucoup d'influence", a un responsable européen. "Nous ne sommes qu'au début d'un processus. Nous espérons que le gouvernement américain va rejoindre l'effort commun", a-t-il conclu.

"Il faudra cinq fois ce montant" (7,5 milliards) pour développer et distribuer le vaccin, a indiqué le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres.

"Bien public mondial"

"Nous devons développer un vaccin, le produire et le déployer dans tous les coins du monde. Et nous devons le rendre disponible à des prix abordables", plaide Ursula von der Leyen dans son appel aux dons.

La première conséquence du cavalier seul américain pourrait être une accélération des rivalités dans la course au vaccin, ce que redoutaient les Européens. "Les États-Unis espèrent gagner la guerre du vaccin et sont prêts à mettre toutes leurs forces dans la bataille", souligne Isabelle Marchais dans une note publiée lundi par l'Institut Jacques Delors.

Plus de 100 projets de recherche sont actuellement menés dans le monde, dont huit sont déjà au stade des essais cliniques aux Etats-Unis, en Chine et en Europe

"Compte tenu des enjeux de la pandémie actuelle, certaines entreprises, notamment américaines et chinoises, sont prêtes à lancer la production avant la fin des essais cliniques afin d'être les premières à commercialiser le vaccin", souligne l'analyste. "S'ils perdent la bataille, les Européens pourraient alors se retrouver en situation de faiblesse face aux Américains ou aux Chinois", met-elle en garde. "A contrario, si un vaccin est produit par l'Europe et en Europe on peut imaginer que cette dernière sera prioritaire tout en étant en mesure de planifier une distribution dans les pays tiers", explique-t-elle. Ce vaccin devra être "un bien public mondial", a insisté Emmanuel Macron.

"Nous l'avons fait. Nous avons obtenu 7,4 milliards d'euros" de contributions, a déclaré Ursula von der Leyen, en précisant que la star Madonna venait de contribuer pour 1 million de dollars. L'objectif de ce téléthon mondial était de recueillir 7,5 milliards d'euros.La Commission européenne avait donné le coup d'envoi de ce "marathon en ligne" à 15H00 avec l'annonce d'une contribution d'un milliard d'euros. La France et l'Allemagne ont suivi et permis de passer la barre des 2 milliards avec des contributions de 500 et 525 millions d'euros. Une heure après le lancement de l'opération, 5 milliards d'euros avaient été promis.Pour la Belgique, la Première ministre Sophie Wilmès a annoncé un soutien de 27 millions d'euros, tant pour le développement du vaccin que pour les programmes humanitaires de l'OMS et de l'ONU de lutte contre le coronavirus. Elle a elle aussi insisté sur le caractère multilatéral des actions et la nécessité. Gouvernements, philanthropes, dirigeants d'entreprises et célébrités ont été sollicités. Une quarantaine de pays et une vingtaine d'organisations ont répondu à l'appel. Mais l'initiative est contrariée par l'absence des Etats-Unis. Le président Donald Trump est en conflit ouvert avec l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et affiche sa volonté de voir les Etats-Unis se doter d'un vaccin pour la fin de l'année."Le chacun pour soi est une erreur majeure", a déploré le chef de l'Etat français Emmanuel Macron. "Nous devons coopérer et non nous faire concurrence", a renchéri le roi Abdallah II de Jordanie. La stratégie solitaire de l'administration américaine suscite des regrets. "L'Union européenne a répondu favorablement à une demande d'action globale. Les Etats-Unis ont refusé. Ce sont eux qui s'isolent", a déploré un responsable européen. La crainte ne semble pas infondée: en mars dernier, la Commission avait dû apporter un lourd soutien financier à la firme allemande CureVac, à la suite d'informations selon lesquelles les Etats-Unis avaient offert un milliard de dollars pour s'approprier l'exclusivité des droits d'un vaccin en développement dans ses laboratoires. CureVac pourrait lancer en juin les essais cliniques de son vaccin contre le nouveau coronavirus en Allemagne et en Belgique, avait annoncé le mois dernier le président de son conseil de surveillance, le Belge Jean Stéphenne. "Mais nous travaillons de manière très étroite avec des entités américaines très puissantes, comme la fondation de Bill et Melinda Gates qui ont une énorme puissance financière et beaucoup d'influence", a un responsable européen. "Nous ne sommes qu'au début d'un processus. Nous espérons que le gouvernement américain va rejoindre l'effort commun", a-t-il conclu. "Il faudra cinq fois ce montant" (7,5 milliards) pour développer et distribuer le vaccin, a indiqué le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres."Bien public mondial" "Nous devons développer un vaccin, le produire et le déployer dans tous les coins du monde. Et nous devons le rendre disponible à des prix abordables", plaide Ursula von der Leyen dans son appel aux dons.La première conséquence du cavalier seul américain pourrait être une accélération des rivalités dans la course au vaccin, ce que redoutaient les Européens. "Les États-Unis espèrent gagner la guerre du vaccin et sont prêts à mettre toutes leurs forces dans la bataille", souligne Isabelle Marchais dans une note publiée lundi par l'Institut Jacques Delors."Compte tenu des enjeux de la pandémie actuelle, certaines entreprises, notamment américaines et chinoises, sont prêtes à lancer la production avant la fin des essais cliniques afin d'être les premières à commercialiser le vaccin", souligne l'analyste. "S'ils perdent la bataille, les Européens pourraient alors se retrouver en situation de faiblesse face aux Américains ou aux Chinois", met-elle en garde. "A contrario, si un vaccin est produit par l'Europe et en Europe on peut imaginer que cette dernière sera prioritaire tout en étant en mesure de planifier une distribution dans les pays tiers", explique-t-elle. Ce vaccin devra être "un bien public mondial", a insisté Emmanuel Macron.