Selon la BBC, aucun président américain n'a jamais été aussi obsédé par les résultats de la bourse et n'en a fait un tel argument de campagne. Selon les propres calculs de Donald Trump, si la bourse monte en flèche, sa popularité augmentera dans les mêmes proportions et il sera réélu en novembre.

Mais l'épidémie de Covid-19 vient changer la donne. Les marchés ont pris peur. Lundi, Wall Street a enregistré sa plus lourde dégringolade depuis 11 ans. Son indice vedette, le Dow Jones Industrial Average, a plongé de 7,79%, soit un déficit de plus de 2.000 points.

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Aux États-Unis, l'épidémie a touché plus de 600 personnes et fait au moins 26 morts. Des établissements scolaires ont fermé et de grands rendez-vous ont été annulés, mais pour l'instant la campagne présidentielle n'a pas été affectée.

La menace se rapproche de la Maison-Blanche

Le coronavirus s'est rapproché de la Maison-Blanche. Donald Trump (73 ans) a personnellement été en contact avec des élus mis en quarantaine, bien que lui-même n'ait subi aucun test.

Connu pour sa phobie des microbes bien avant l'épidémie, Donald Trump avait plaisanté la semaine dernière sur les grandes précautions qu'il prenait. "Je n'ai pas touché mon visage depuis des semaines", avait-il lancé. "Le président n'a pas été testé au Covid-19, car il n'a pas été en contact proche et prolongé avec un patient confirmé atteint du Covid-19 ni ne présente aucun symptôme", a déclaré lundi la porte-parole de la Maison-Blanche Stephanie Grisham.

Pourtant, cinq membres du Congrès, dont au moins deux républicains qui ont côtoyé de près le président américain ces derniers jours, étaient en isolement volontaire lundi après avoir été exposés au virus, mais sans présenter de symptômes.

L'un a voyagé lundi à bord de l'avion présidentiel Air Force One de Donald Trump, l'autre l'avait accompagné lors d'une visite officielle vendredi.

Le vice-président Mike Pence a déclaré ne pas avoir été testé non plus, lors d'une conférence de presse à la Maison-Blanche de l'équipe coordonnant la réponse américaine à l'épidémie.

La porte-parole du président Donald Trump a en revanche annoncé que malgré les rumeurs, la Maison-Blanche ne comptait pas limiter ses activités pour prévenir la propagation du nouveau coronavirus.

Stephanie Grisham a déclaré que "les affaires continuaient comme à l'habitude" à la Maison-Blanche, malgré des craintes que l'épidémie mondiale de coronavirus Covid-19 puisse menacer Donald Trump et d'autres hauts fonctionnaires.

Avec Afp

Bataille à coup de tweets

Lorsqu'une crise survient, le président Trump est habitué à se battre depuis son bureau et derrière son écran de téléphone. Mais le coronavirus est quantitativement et qualitativement différent de tout ce à quoi il a été confronté jusqu'ici.

Alors qu'il a pour habitude d'accuser les uns et les autres de toutes les responsabilités (excepté lui-même), dans ce cas-ci, il n'a véritablement personne à qui s'attaquer de front. En effet, comment toucher un virus ? À qui la faute ? Qui est le coupable ? À qui tweeter ? Le Covid-19 n'a pas de compte Twitter.

Minimisation du problème

Alors que l'administration s'est efforcée de mettre en place une réponse efficace à l'épidémie, les réactions ont été mitigées.

Et pour cause, dès le début de l'épidémie de coronavirus, Donald Trump a cherché à minimiser sa gravité et à surestimer l'état de préparation de l'Amérique. Il a déclaré que la propagation était sous contrôle. Il a dit que le nombre de cas pourrait bientôt tomber à zéro. Ce n'est pas le cas. Il a suggéré que les personnes présentant des symptômes devraient aller travailler si elles se sentaient suffisamment bien, alors que ces personnes feraient mieux de rester chez elles, selon ce que préconisent les mesures de prévention.

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Il a également fait valoir qu'il ne voulait pas des passagers du paquebot de croisière "Grand Princess", parce que cela augmenterait le nombre total de cas de coronavirus aux États-Unis - alors que ce n'est pas sa faute s'ils étaient sur un paquebot de croisière. "J'aime que les chiffres soient là où ils sont. Je n'ai pas besoin de voir les chiffres doubler à cause d'un navire qui n'était pas de notre faute", a déclaré M. Trump à Fox News. Son souci ne semble pas être de préserver la sécurité des citoyens américains, mais de garder les chiffres sous contrôle en gardant ceux qui sont porteurs du virus - littéralement - en mer.

Le président américain n'a jamais eu à faire face à une telle situation : une crise sanitaire dont la trajectoire est incertaine. Car l'Amérique n'a pas vraiment un État-providence. Le filet de sécurité qu'elle offre à ses citoyens est pour le moins déficient. La loi de Barack Obama sur les soins abordables a permis à des millions de personnes de bénéficier d'une assurance maladie, mais elle est loin de ce dont les Européens bénéficient avec leurs systèmes de sécurité sociale.

Il suffit de penser aux tests. Ils ne sont pas gratuits ni remboursés. Les gens qui se font tester risquent donc de se retrouver avec de grosses factures. Il en va de même pour les consultations médicales et l'achat des médicaments. Même les personnes assurées devront s'acquitter d'une sorte de "franchise", explique un spécialiste à la BBC. Le Financial Times estime que le coût des tests de dépistage du coronavirus à la charge des particuliers pourrait se chiffrer en milliers de dollars.

Pour les Américains, une mise en quarantaine signifie également une perte de salaire net. De quoi décourager certains de prendre des mesures préventives s'ils ont été en contact avec quelqu'un de malade.

"Actuellement, il n'existe pas d'indemnité de maladie fédérale aux États-Unis. Onze États, ainsi que Washington DC, offrent des indemnités de maladie. Cela signifie que 39 États n'en offrent pas. Si vous tombez malade, vous n'avez rien. Cela signifie que les États-Unis ont moins de jours de travail perdus pour cause de maladie que pratiquement n'importe où ailleurs sur la planète", explique la BBC.

Or, si vous êtes malade et que vous continuez à travailler, cela augmente considérablement les risques de propagation du coronavirus.

Comparativement aux leaders européens, Donald Trump a donc peu d'outils à sa disposition pour aider ses compatriotes à faire face à l'épidémie.

Selon la BBC, aucun président américain n'a jamais été aussi obsédé par les résultats de la bourse et n'en a fait un tel argument de campagne. Selon les propres calculs de Donald Trump, si la bourse monte en flèche, sa popularité augmentera dans les mêmes proportions et il sera réélu en novembre. Mais l'épidémie de Covid-19 vient changer la donne. Les marchés ont pris peur. Lundi, Wall Street a enregistré sa plus lourde dégringolade depuis 11 ans. Son indice vedette, le Dow Jones Industrial Average, a plongé de 7,79%, soit un déficit de plus de 2.000 points.Aux États-Unis, l'épidémie a touché plus de 600 personnes et fait au moins 26 morts. Des établissements scolaires ont fermé et de grands rendez-vous ont été annulés, mais pour l'instant la campagne présidentielle n'a pas été affectée.Lorsqu'une crise survient, le président Trump est habitué à se battre depuis son bureau et derrière son écran de téléphone. Mais le coronavirus est quantitativement et qualitativement différent de tout ce à quoi il a été confronté jusqu'ici. Alors qu'il a pour habitude d'accuser les uns et les autres de toutes les responsabilités (excepté lui-même), dans ce cas-ci, il n'a véritablement personne à qui s'attaquer de front. En effet, comment toucher un virus ? À qui la faute ? Qui est le coupable ? À qui tweeter ? Le Covid-19 n'a pas de compte Twitter.Alors que l'administration s'est efforcée de mettre en place une réponse efficace à l'épidémie, les réactions ont été mitigées. Et pour cause, dès le début de l'épidémie de coronavirus, Donald Trump a cherché à minimiser sa gravité et à surestimer l'état de préparation de l'Amérique. Il a déclaré que la propagation était sous contrôle. Il a dit que le nombre de cas pourrait bientôt tomber à zéro. Ce n'est pas le cas. Il a suggéré que les personnes présentant des symptômes devraient aller travailler si elles se sentaient suffisamment bien, alors que ces personnes feraient mieux de rester chez elles, selon ce que préconisent les mesures de prévention. Il a également fait valoir qu'il ne voulait pas des passagers du paquebot de croisière "Grand Princess", parce que cela augmenterait le nombre total de cas de coronavirus aux États-Unis - alors que ce n'est pas sa faute s'ils étaient sur un paquebot de croisière. "J'aime que les chiffres soient là où ils sont. Je n'ai pas besoin de voir les chiffres doubler à cause d'un navire qui n'était pas de notre faute", a déclaré M. Trump à Fox News. Son souci ne semble pas être de préserver la sécurité des citoyens américains, mais de garder les chiffres sous contrôle en gardant ceux qui sont porteurs du virus - littéralement - en mer.Le président américain n'a jamais eu à faire face à une telle situation : une crise sanitaire dont la trajectoire est incertaine. Car l'Amérique n'a pas vraiment un État-providence. Le filet de sécurité qu'elle offre à ses citoyens est pour le moins déficient. La loi de Barack Obama sur les soins abordables a permis à des millions de personnes de bénéficier d'une assurance maladie, mais elle est loin de ce dont les Européens bénéficient avec leurs systèmes de sécurité sociale.Il suffit de penser aux tests. Ils ne sont pas gratuits ni remboursés. Les gens qui se font tester risquent donc de se retrouver avec de grosses factures. Il en va de même pour les consultations médicales et l'achat des médicaments. Même les personnes assurées devront s'acquitter d'une sorte de "franchise", explique un spécialiste à la BBC. Le Financial Times estime que le coût des tests de dépistage du coronavirus à la charge des particuliers pourrait se chiffrer en milliers de dollars. Pour les Américains, une mise en quarantaine signifie également une perte de salaire net. De quoi décourager certains de prendre des mesures préventives s'ils ont été en contact avec quelqu'un de malade. "Actuellement, il n'existe pas d'indemnité de maladie fédérale aux États-Unis. Onze États, ainsi que Washington DC, offrent des indemnités de maladie. Cela signifie que 39 États n'en offrent pas. Si vous tombez malade, vous n'avez rien. Cela signifie que les États-Unis ont moins de jours de travail perdus pour cause de maladie que pratiquement n'importe où ailleurs sur la planète", explique la BBC. Or, si vous êtes malade et que vous continuez à travailler, cela augmente considérablement les risques de propagation du coronavirus. Comparativement aux leaders européens, Donald Trump a donc peu d'outils à sa disposition pour aider ses compatriotes à faire face à l'épidémie.