Le tir de dizaines d'obus sur l'île sud-coréenne de Yeonpyeong, distante de dix kilomètres, a tué deux soldats et deux civils et en a blessé quelques dizaines d'autres. La justification donnée par Pyongyang (des tirs sud-coréens à la faveur d'exercices militaires en mer Jaune) apparaît bien faible en regard de la disproportion de la "riposte". L'attaque a provoqué une réplique sous forme de tirs d'artillerie ; l'armée sud-coréenne a été placée en état d'alerte et Séoul a promis des représailles en cas de "nouvelle provocation". Mais la Chine, à l'intention de la Corée du Nord, et les Etats-Unis, en allié de la Corée du Sud, ont exhorté les protagonistes à la retenue.

Reste à déterminer ce qui a pu réellement motiver cette escalade dans des relations notoirement tendues depuis la fin de la Guerre de Corée (1950-1953). Des experts sud-coréens y voient la volonté du dirigeant nord-coréen Kim Jong-Il d'asseoir la légitimité de son fils, Kim Jong-Un, dont la promotion, il y a moins de deux mois, à la vice-présidence de la Commission de défense nationale a été perçue comme une élévation au rang d'héritier présumé. S'inscrirait dans la même logique la révélation par Pyongyang, le dimanche 20 novembre, de l'existence d'un programme d'enrichissement d'uranium ; nouvelle provocation en regard des laborieux efforts de la communauté internationale pour faire pièce aux ambitions nucléaires militaires de la Corée du Nord. Pékin en a profité pour appeler à une reprise rapide des négociations internationales sur la question. Autant dire que Séoul n'appréhende pas l'évolution de la situation de la même manière...

G.P.

Le tir de dizaines d'obus sur l'île sud-coréenne de Yeonpyeong, distante de dix kilomètres, a tué deux soldats et deux civils et en a blessé quelques dizaines d'autres. La justification donnée par Pyongyang (des tirs sud-coréens à la faveur d'exercices militaires en mer Jaune) apparaît bien faible en regard de la disproportion de la "riposte". L'attaque a provoqué une réplique sous forme de tirs d'artillerie ; l'armée sud-coréenne a été placée en état d'alerte et Séoul a promis des représailles en cas de "nouvelle provocation". Mais la Chine, à l'intention de la Corée du Nord, et les Etats-Unis, en allié de la Corée du Sud, ont exhorté les protagonistes à la retenue. Reste à déterminer ce qui a pu réellement motiver cette escalade dans des relations notoirement tendues depuis la fin de la Guerre de Corée (1950-1953). Des experts sud-coréens y voient la volonté du dirigeant nord-coréen Kim Jong-Il d'asseoir la légitimité de son fils, Kim Jong-Un, dont la promotion, il y a moins de deux mois, à la vice-présidence de la Commission de défense nationale a été perçue comme une élévation au rang d'héritier présumé. S'inscrirait dans la même logique la révélation par Pyongyang, le dimanche 20 novembre, de l'existence d'un programme d'enrichissement d'uranium ; nouvelle provocation en regard des laborieux efforts de la communauté internationale pour faire pièce aux ambitions nucléaires militaires de la Corée du Nord. Pékin en a profité pour appeler à une reprise rapide des négociations internationales sur la question. Autant dire que Séoul n'appréhende pas l'évolution de la situation de la même manière... G.P.