Malgré toutes les technologies mises au service des renseignements américains (satellites espions, interceptions de communications, intelligence artificielle), c'est une bonne vieille méthode, la même qui avait mené à Oussama ben Laden, qui a permis d'acculer le chef de l'EI : le renseignement humain. Après des années passées à essayer, en vain, de le localiser via différents outils, c'est finalement la femme d'un assistant d'al-Baghdadi et de l'un des coursiers, utilisés pour éviter d'utiliser des technologies repérables, qui auraient aidé à dévoiler sa planque. Selon les autorités américaines, ces deux personnes avaient été capturées dans l'ouest de l'Irak.
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Malgré toutes les technologies mises au service des renseignements américains (satellites espions, interceptions de communications, intelligence artificielle), c'est une bonne vieille méthode, la même qui avait mené à Oussama ben Laden, qui a permis d'acculer le chef de l'EI : le renseignement humain. Après des années passées à essayer, en vain, de le localiser via différents outils, c'est finalement la femme d'un assistant d'al-Baghdadi et de l'un des coursiers, utilisés pour éviter d'utiliser des technologies repérables, qui auraient aidé à dévoiler sa planque. Selon les autorités américaines, ces deux personnes avaient été capturées dans l'ouest de l'Irak.Grâce aux indications (noms, lieux) données, la CIA et des agents de renseignement irakiens et kurdes ont commencé à recruter des agents le long des routes qu'a empruntées al-Baghdadi, sur la frontière syro-irakienne. Ils ont ensuite surveillé les routes qu'il empruntait, les endroits où il s'arrêtait et ont essayé de dresser un schéma-type de ses déplacements et des itinéraires empruntés, y compris ses brefs séjours dans de petits villages. Une fois localisé, comment arriver à le coincer ? Certains ont appelé à l'utilisation de drones, tandis que d'autres comptaient davantage sur l'intervention des forces spéciales. Le Commandement des opérations spéciales (US Special Operations Command), basé en Floride, avait des plans permanents pour cibler al-Baghdadi et son cercle proche. Ces "plans de base" étaient mis à jour constamment à mesure que l'EI perdait son emprise sur des villes-clés, où les dirigeants du groupe se cachaient parmi les civils.Selon Donald Trump, les Etats-Unis ont commencé à recevoir des renseignements sur sa localisation il y a environ un mois et, il y a deux semaines, son emplacement exact. Le président américain a donné son approbation à l'opération. Cette dernière a été baptisée Kayla Mueller, en l'honneur d'une Américaine prise en otage.Le raid a commencé vers minuit, heure locale, avec des avions Apache et CH-47 Chinook portant les opérateurs spéciaux de la Delta Force, des chiens militaires et un robot militaire. Les assaillants ont volé à basse altitude pour éviter d'être repérés jusqu'au village de Barisha où al-Baghdadi, ses gardes du corps et certains de ses enfants passaient la nuit. Alors qu'ils s'approchent de leur zone d'atterrissage à l'extérieur du bâtiment, les hélicoptères et avions ont lancé des tirs de couverture, endommageant gravement le site. Selon les villageois, il y a eu des tirs durant une demi-heure avant que les troupes ne soient actives sur le terrain. Suivant la procédure standard, ils ont d'abord essayé de persuader les habitants de quitter le bâtiment, sans succès, puis ont fait des trous dans les murs plutôt que d'utiliser les portes ou les fenêtres.Al-Baghdadi s'est alors enfui dans un tunnel sous le bâtiment, portant un gilet explosif et emmenant trois de ses enfants, avec les forces américaines à sa poursuite. Alors que le robot militaire s'approchait de lui et qu'un chien était envoyé pour le maîtriser, Baghdadi, piégé, a actionné un gilet explosif, causant l'effondrement du tunnel. Selon le ministre américain de la Défense, les soldats américains auraient tenté de le persuader de se rendre, en vain. Pour accéder aux restes de son corps, les troupes ont creusé dans les débris. Les techniciens du laboratoire ont ensuite effectué un test ADN dans un lieu sécurisé et, dans les 15 minutes suivant son décès, l'ont identifié "avec certitude". Les descriptions des officiels ont suivi le récit sanglant et détaillé de Trump, non seulement sur le raid, mais aussi sur les efforts de renseignement qui l'ont précédé. Le président a ainsi déclaré que certains plans pour capturer al-Baghdadi avaient été annulés ces dernières semaines parce qu'il avait changé ses plans de voyage et qu'ils avaient saisi du matériel et des informations "très sensibles" dans le bâtiment en question.Les restes de son corps ont ensuite été immergé en mer, une méthode qui rappelle celle du dirigeant d'Al-Qaïda Oussama ben Laden en 2011, tué lors de l'assaut d'une unité d'élite américaine contre sa cachette au Pakistan. La sépulture en mer avait été choisie pour éviter qu'une éventuelle tombe ne devienne un lieu de pèlerinage.