Pas moins de 200 pays se réunissent à Katowice, en Pologne, à l'occasion de la 24e Conférence de l'ONU sur le climat (COP24) pour tenter de mettre en orbite l'accord de Paris. Objectif : redoubler d'efforts pour limiter les impacts sans précédent du dérèglement climatique. Cette COP24 doit finaliser dans les deux semaines les règles d'application qui permettront de libérer le potentiel de l'accord de Paris, mais également se pencher sur le financement dédié à l'urgence climatique.
...

Pas moins de 200 pays se réunissent à Katowice, en Pologne, à l'occasion de la 24e Conférence de l'ONU sur le climat (COP24) pour tenter de mettre en orbite l'accord de Paris. Objectif : redoubler d'efforts pour limiter les impacts sans précédent du dérèglement climatique. Cette COP24 doit finaliser dans les deux semaines les règles d'application qui permettront de libérer le potentiel de l'accord de Paris, mais également se pencher sur le financement dédié à l'urgence climatique. Désastres météorologiques, incidence sur la santé et sur les rendements agricoles, concentrations record de CO2 dans l'atmosphère... les nombreuses alertes émises par les études, le GIEC et l'ONU incitent à agir au plus vite. L'Accord de Paris visait à limiter le réchauffement de la planète à +2°C par rapport à l'ère pré-industrielle et idéalement à +1,5°C. Mais alors que le récent rapport du GIEC a montré les nettes différences de l'incidence respective de ces deux réchauffements, il a aussi souligné qu'il faudrait, pour rester sous +1,5°C, réduire les émissions de CO2 de près de 50% d'ici à 2030 par rapport à 2010. Ce qui implique, aussi, une transformation majeure de l'économie.Pourtant, si les plus grands dirigeants mondiaux se pressaient à Paris il y a trois ans pour la COP21, la plupart d'entre eux boudent cette édition. Les présidents des quatre précédentes COP ont appelé la communauté internationale à envoyer un "message sans équivoque" sur ses ambitions. Mais les États sont-ils prêts à le faire ? Les observateurs craignent que le contexte international ne soit pas propice à de nouveaux engagements. Les membres du G20, à l'exception des États-Unis, ont certes réaffirmé leur soutien à l'accord de Paris. Mais Donald Trump ne cesse de répéter son rejet de l'accord et le futur président brésilien Jair Bolsonaro évoque aussi une sortie de son pays du pacte climatique. La Pologne, présidente de la COP24 et défenseuse acharnée de son industrie du charbon, a quant à elle d'autres priorités. Outre l'adoption cruciale du mode d'emploi de l'Accord de Paris, elle veut pousser pour une "transition juste" vers une économie bas-carbone et faire adopter au sommet un texte en ce sens.Ce lundi, un sommet d'une journée a lieu à Katowice en marge de la COP24. Les pays les plus menacés par les catastrophes climatiques veulent profiter de cet évènement pour réclamer plus d'engagements des nations du Nord, mais vont-ils être entendus ? La présence d'une vingtaine de chefs d'Etat ou de gouvernement seulement est confirmée. La plupart d'entre eux sont des dirigeants de pays particulièrement vulnérables, comme le Népal, Fidji ou le Nigeria. Le Premier ministre français Edouard Philippe, a annulé sa venue en dernière minute suite aux débordements survenus samedi en marge de la manifestation des "gilets jaunes" à Paris. Côté belge, Charles Michel ne compte pas non plus se rendre en Pologne. La plupart des pays européens seront représentés uniquement au niveau ministériel. Si les leaders mondiaux, encouragés à réviser leurs engagements pour 2020, ne comptent pas se retrouver à Katowice, c'est notamment parce qu'ils viennent de se rencontrer au G20 à Buenos Aires, en Argentine. Mais ils attendent également un autre sommet convoqué par le secrétaire général de l'ONU en septembre 2019 à New York pour afficher leurs objectifs.Les pays menacés par le changement climatique espèrent cependant que la communauté internationale rehaussera rapidement ses ambitions de réduction de gaz à effet de serre. Mais ils devraient également rappeler au Nord sa promesse de porter d'ici 2020 les financements consacrés aux politiques climatiques des pays en développement à 100 milliards de dollars par an. "Le groupe des PMA (Pays les moins avancés) représente près d'un milliard de personnes. Elles sont les moins responsables du changement climatique mais parmi les plus vulnérables à ses effets", a commenté avant la conférence le président de la délégation de ce groupe, l'Éthiopien Gebru Jember Endalew, notant qu'il faudrait des "milliards de milliards de dollars" de finance climat. Alors que cette question des financements Nord-Sud pèse régulièrement sur les négociations, la Banque mondiale a annoncé une mobilisation d'environ 200 milliards de dollars de 2021 à 2025 pour l'aide à la réduction des émissions et à l'adaptation au changement climatique, soit un "doublement" par rapport à la période précédente. C'est "un signal important à la communauté internationale, pour qu'elle fasse de même", a commenté l'institution. (avec AFP)