L'annexion de la Crimée ukrainienne par Moscou en 2014 a profondément bouleversé les 1,3 million d'Estoniens qui partagent une frontière avec la Russie. Pour les rassurer, l'Otan y a installé un des quatre bataillons multinationaux que l'Alliance a déployés dans la région afin de dissuader Moscou d'un éventuel comportement agressif.

Pionnière de l'IT

Reconnue pour ses compétences en technologies informatiques (IT), l'Estonie a donné au monde Skype, l'e-vote, l'e-résidence et le service de change de devises en ligne TransferWise.

Sa technologie d'administration en ligne permet aux citoyens d'utiliser leur carte d'identité pour accéder à tous les services publics via internet.

Les Estoniens peuvent voter en ligne lors des scrutins nationaux et locaux, payer des taxes, consulter leurs dossiers médicaux et ceux de la police en un clic de souris.

En 2007, l'Estonie a été l'un des premiers pays visés par une cyberattaque redoutable. Tallinn a accusé la Russie de cette offensive visant les sites des institutions de l'Etat et des banques.

A la veille des élections de dimanche, les autorités se déclarent convaincues que le vote en ligne estonien va résister à toute tentative potentielle d'ingérence.

En 2014, l'Estonie a lancé le projet d'e-résidence. Octroyée par le gouvernement, cette identité numérique transnationale permet à tout habitant de la Terre de lancer son entreprise dans l'UE et de la gérer à distance, à l'aide d'une carte d'identité spécifique.

L'Estonie joue un rôle clé dans les projets de l'Otan en matière de la cyberdéfense, Tallinn accueillant un centre d'excellence spécialisé de l'Alliance.

Amoureux de la nature

Les Estoniens sont de vrais amoureux de la nature, ils adorent les randonnées dans leurs forêts qui couvrent 51% de la surface du pays.

"La forêt linguistique" de Valdur Mikita, un best-seller estonien de 2013, explore le lien profond entre la nature et la culture du pays, jusqu'à montrer à quel point la langue estonienne est enracinée dans cette nature.

C'est l'un des pays les plus areligieux au monde, où, selon un sondage d'Eurobaromètre de 2010, seulement 18% des citoyens croient en Dieu.

La révolution en chantant

Organisé tous les cinq ans depuis 1869, le Festival estonien de la chanson réunit jusqu'à 40.000 chanteurs sur une scène en plein air à Tallinn, devant un public de 200.000 personnes.

Le spectacle est suivi en direct par quasiment toute la population, via la télévision et internet.

Le Festival était considéré comme un foyer de la résistance et de l'identité nationale pendant près de 50 ans d'occupation soviétique après la Seconde Guerre mondiale, à l'origine de la "révolution en chantant" qui a permis à l'Estonie de recouvrer l'indépendance sans effusion de sang au moment où l'Union soviétique s'effondrait en 1991.

Une série de manifestations massives contre le régime soviétique qui ont débuté en 1987 ont rassemblé jusqu'à 300.000 chanteurs.

En 2003, l'UNESCO a inscrit le Festival de chants estonien et des manifestations semblables en Lettonie et en Lituanie voisines, sur sa liste du patrimoine mondial immatériel.

Minorité russe

Quelque 320.000 Russes de souche vivent en Estonie, soit un quart de la population du pays, principalement autour de Narva, près de la frontière russe.

Leurs racines remontent aux migrations de l'est suivant l'occupation du pays par l'URSS en 1944.

Ils doivent passer un examen d'estonien s'ils souhaitent obtenir la nationalité de ce pays et bénéficier du droit de vote.

La plupart des Russes soutiennent le Parti du Centre qui, depuis 2016, gouverne l'Estonie au sein d'une coalition tripartite et qui semble en mesure de remporter le scrutin de dimanche.

Bonne forme budgétaire

Longtemps modèle de responsabilité budgétaire au sein de la zone euro, l'Estonie y affiche le ratio dette/PIB le plus faible, au dessous de 9% l'an dernier.

Des réformes profondes et des années d'austérité douloureuse ont permis à l'Estonie de se relever d'une profonde récession déclenchée par la crise mondiale de 2008-2009, lui ouvrant les portes de la zone euro en 2011.

Mais la politique de rigueur a aussi provoqué une réaction des électeurs dont bon nombre semblent se tourner vers le parti d'extrême droite EKRE et ses promesses généreuses de dépenses sociales.

Le chômage touche un peu moins de 5% des Estoniens alors que la croissance économique devrait ralentir à 2,7% cette année, contre 3,5% l'an dernier.

L'annexion de la Crimée ukrainienne par Moscou en 2014 a profondément bouleversé les 1,3 million d'Estoniens qui partagent une frontière avec la Russie. Pour les rassurer, l'Otan y a installé un des quatre bataillons multinationaux que l'Alliance a déployés dans la région afin de dissuader Moscou d'un éventuel comportement agressif.Pionnière de l'ITReconnue pour ses compétences en technologies informatiques (IT), l'Estonie a donné au monde Skype, l'e-vote, l'e-résidence et le service de change de devises en ligne TransferWise.Sa technologie d'administration en ligne permet aux citoyens d'utiliser leur carte d'identité pour accéder à tous les services publics via internet. Les Estoniens peuvent voter en ligne lors des scrutins nationaux et locaux, payer des taxes, consulter leurs dossiers médicaux et ceux de la police en un clic de souris.En 2007, l'Estonie a été l'un des premiers pays visés par une cyberattaque redoutable. Tallinn a accusé la Russie de cette offensive visant les sites des institutions de l'Etat et des banques.A la veille des élections de dimanche, les autorités se déclarent convaincues que le vote en ligne estonien va résister à toute tentative potentielle d'ingérence. En 2014, l'Estonie a lancé le projet d'e-résidence. Octroyée par le gouvernement, cette identité numérique transnationale permet à tout habitant de la Terre de lancer son entreprise dans l'UE et de la gérer à distance, à l'aide d'une carte d'identité spécifique.L'Estonie joue un rôle clé dans les projets de l'Otan en matière de la cyberdéfense, Tallinn accueillant un centre d'excellence spécialisé de l'Alliance.Amoureux de la natureLes Estoniens sont de vrais amoureux de la nature, ils adorent les randonnées dans leurs forêts qui couvrent 51% de la surface du pays. "La forêt linguistique" de Valdur Mikita, un best-seller estonien de 2013, explore le lien profond entre la nature et la culture du pays, jusqu'à montrer à quel point la langue estonienne est enracinée dans cette nature.C'est l'un des pays les plus areligieux au monde, où, selon un sondage d'Eurobaromètre de 2010, seulement 18% des citoyens croient en Dieu.La révolution en chantantOrganisé tous les cinq ans depuis 1869, le Festival estonien de la chanson réunit jusqu'à 40.000 chanteurs sur une scène en plein air à Tallinn, devant un public de 200.000 personnes.Le spectacle est suivi en direct par quasiment toute la population, via la télévision et internet. Le Festival était considéré comme un foyer de la résistance et de l'identité nationale pendant près de 50 ans d'occupation soviétique après la Seconde Guerre mondiale, à l'origine de la "révolution en chantant" qui a permis à l'Estonie de recouvrer l'indépendance sans effusion de sang au moment où l'Union soviétique s'effondrait en 1991. Une série de manifestations massives contre le régime soviétique qui ont débuté en 1987 ont rassemblé jusqu'à 300.000 chanteurs.En 2003, l'UNESCO a inscrit le Festival de chants estonien et des manifestations semblables en Lettonie et en Lituanie voisines, sur sa liste du patrimoine mondial immatériel.Minorité russeQuelque 320.000 Russes de souche vivent en Estonie, soit un quart de la population du pays, principalement autour de Narva, près de la frontière russe. Leurs racines remontent aux migrations de l'est suivant l'occupation du pays par l'URSS en 1944. Ils doivent passer un examen d'estonien s'ils souhaitent obtenir la nationalité de ce pays et bénéficier du droit de vote.La plupart des Russes soutiennent le Parti du Centre qui, depuis 2016, gouverne l'Estonie au sein d'une coalition tripartite et qui semble en mesure de remporter le scrutin de dimanche.Bonne forme budgétaireLongtemps modèle de responsabilité budgétaire au sein de la zone euro, l'Estonie y affiche le ratio dette/PIB le plus faible, au dessous de 9% l'an dernier. Des réformes profondes et des années d'austérité douloureuse ont permis à l'Estonie de se relever d'une profonde récession déclenchée par la crise mondiale de 2008-2009, lui ouvrant les portes de la zone euro en 2011.Mais la politique de rigueur a aussi provoqué une réaction des électeurs dont bon nombre semblent se tourner vers le parti d'extrême droite EKRE et ses promesses généreuses de dépenses sociales. Le chômage touche un peu moins de 5% des Estoniens alors que la croissance économique devrait ralentir à 2,7% cette année, contre 3,5% l'an dernier.