"Cette réforme ouvre la porte et définit la voie pour trouver un grand accord constitutionnel", a déclaré le chef de l'Etat chilien lors de la signature de la loi, approuvée la semaine dernière par le Parlement.

"Ce référendum, le premier depuis trente ans, doit nous permettre de laisser derrière nous la violence et les divisions que nous avons vu resurgir avec douleur et tristesse" ces derniers mois, ajouté M. Piñera.

Un changement de l'actuelle Constitution, approuvée le 11 septembre 1980 lors d'un référendum controversé pendant la dictature militaire, est une des principales revendications exprimées lors des manifestations sociales qui secouent le pays depuis plus de deux mois.

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La promulgation a eu lieu au palais présidentiel de La Moneda, devant environ 300 invités, dont l'ex-président socialiste Ricardo Lagos (2000-2006), qui avait fait voter il y a quinze ans les modifications les plus significatives du texte fondamental, en éliminant les principes les plus anti-démocratiques.

Alors que le pays est secoué depuis le 18 octobre par un mouvement social sans précédent, la coalition gouvernementale de droite du président Piñera et les principaux partis d'opposition étaient parvenus à un accord historique le 15 novembre sur l'organisation d'un référendum sur un changement de la Constitution.

La consultation comportera deux questions: l'une sur le remplacement ou non de la Constitution et l'autre, le cas échéant, sur la méthode pour la rédiger.

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Cette seconde question devra déterminer quel organe rédigera la future Constitution, soit un "Congrès mixte" -- idée soutenue par la coalition gouvernementale -- composé à parts égales de citoyens élus à cette fin et de parlementaires en exercice, soit une Assemblée constituante intégralement composée de citoyens spécifiquement élus à cette fin -- proposition soutenue par l'opposition et réclamée par de nombreux manifestants.

Si le principe d'une nouvelle Constitution est approuvé le 26 avril, l'élection du Congrès mixte ou de l'Assemblée constituante aura lieu en octobre 2020. L'organe chargé de la rédaction aura neuf mois pour élaborer un nouveau texte, une période qui pourra être prolongée de trois mois.

Un nouveau rapport dénonce de "graves violations" des droits humains

Les droits humains ont subi de "graves violations" lors des manifestations qui ont récemment secoué le Chili, a dénoncé lundi l'Institut national de droits humains (INDH), un organisme indépendant, à la suite d'autres rapports allant dans le même sens.

"Les droits à la vie et à l'intégrité physique et psychique ont subi de graves violations", y est-il écrit. "Il y a répétition de comportements tels que l'utilisation aveugle d'armes à feu, le déshabillage dans les unités de police, la torture et d'autres traitements cruels, inhumains ou dégradants et le recours aveugle à la force contre des manifestants pacifiques".

Cela s'expliquerait, selon l'INDH, par "l'autonomie indue" dont jouirait la police depuis le retour de la démocratie dans ce pays sud-américain.

Le mouvement de protestation démarré le 18 octobre au Chili a fait 26 morts, selon le parquet national, à la suite de manifestations massives, d'affrontements avec la police, de pillages et d'attaques contre des commerces et d'autres secteurs d'activité.

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L'INDH souligne aussi que "le nombre le plus élevé de décès et la proportion de lésions oculaires et autres blessures" s'est produit pendant la période de l'état d'urgence, qui a duré neuf jours après le début du mouvement social.

Une hausse du prix du ticket de métro dans la capitale a été le détonateur de cette fronde sociale inédite contre le gouvernement du président Sebastian Piñera. Malgré la suspension de la mesure, le mouvement s'est amplifié, nourri par le ressentiment face aux inégalités sociales.

Le texte de l'INDH se trouve dans le droit fil des rapports publiés par d'autres organisations de défense des droits humains comme Amnesty International, le Haut-commissariat aux droits humains de l'ONU ou encore Human Rights Watch.

Au 30 novembre, l'INDH avait déclaré avoir déposé 476 plaintes pour torture, traitements cruels, inhumains ou dégradants, en faveur de 586 victimes, qui désignent des agents de l'Etat comme leurs auteurs. Dans le détail, 433 plaintes visent des policiers, 33 des membres des forces armées et 10 des membres de la police d'investigation.

La police, de son côté, a reconnu des "erreurs" dans le contrôle des manifestations publiques et estimé avoir été victime de violences de la part de manifestants.

"Cette réforme ouvre la porte et définit la voie pour trouver un grand accord constitutionnel", a déclaré le chef de l'Etat chilien lors de la signature de la loi, approuvée la semaine dernière par le Parlement. "Ce référendum, le premier depuis trente ans, doit nous permettre de laisser derrière nous la violence et les divisions que nous avons vu resurgir avec douleur et tristesse" ces derniers mois, ajouté M. Piñera. Un changement de l'actuelle Constitution, approuvée le 11 septembre 1980 lors d'un référendum controversé pendant la dictature militaire, est une des principales revendications exprimées lors des manifestations sociales qui secouent le pays depuis plus de deux mois. La promulgation a eu lieu au palais présidentiel de La Moneda, devant environ 300 invités, dont l'ex-président socialiste Ricardo Lagos (2000-2006), qui avait fait voter il y a quinze ans les modifications les plus significatives du texte fondamental, en éliminant les principes les plus anti-démocratiques. Alors que le pays est secoué depuis le 18 octobre par un mouvement social sans précédent, la coalition gouvernementale de droite du président Piñera et les principaux partis d'opposition étaient parvenus à un accord historique le 15 novembre sur l'organisation d'un référendum sur un changement de la Constitution. La consultation comportera deux questions: l'une sur le remplacement ou non de la Constitution et l'autre, le cas échéant, sur la méthode pour la rédiger. Cette seconde question devra déterminer quel organe rédigera la future Constitution, soit un "Congrès mixte" -- idée soutenue par la coalition gouvernementale -- composé à parts égales de citoyens élus à cette fin et de parlementaires en exercice, soit une Assemblée constituante intégralement composée de citoyens spécifiquement élus à cette fin -- proposition soutenue par l'opposition et réclamée par de nombreux manifestants. Si le principe d'une nouvelle Constitution est approuvé le 26 avril, l'élection du Congrès mixte ou de l'Assemblée constituante aura lieu en octobre 2020. L'organe chargé de la rédaction aura neuf mois pour élaborer un nouveau texte, une période qui pourra être prolongée de trois mois.