Cette attaque menée mardi par deux jeunes hommes, dont l'un était inculpé pour avoir tenté d'aller en Syrie, menace de fracturer davantage une société française meurtrie. Elle est la première contre un lieu de culte catholique en Europe revendiquée par le groupe Etat islamique (EI).

"Attaquer une église, tuer un prêtre, c'est profaner la République qui garantit la liberté de conscience", a réagi mardi soir le président François Hollande dans une allocution solennelle, appelant à nouveau les Français à ne pas se diviser.

Car la polémique enclenchée au lendemain de l'attentat de Nice (84 morts le 14 juillet) a déjà commencé à rebondir, l'opposition de droite et d'extrême droite mettant en cause l'efficacité de la politique antiterroriste du gouvernement.

L'attaque rapidement endossée par l'EI, qui a aussi revendiqué deux récents attentats en Allemagne, s'est déroulée à Saint-Etienne-du-Rouvray, cité ouvrière de 29.000 habitants dans la banlieue de Rouen (nord-ouest).

Un des deux djihadistes, Adel Kermiche, 19 ans, originaire de la région, était déjà inculpé pour avoir tenté à deux reprises, en 2015, de se rendre en Syrie. Il était assigné à résidence avec un bracelet électronique depuis mars, après une dizaine de mois en prison.

Le deuxième assaillant n'est pas encore identifié formellement.

Mardi vers 07H30 GMT, en pleine messe, les deux djihadistes, "porteurs d'armes blanches, ont surgi dans l'église pendant la messe matinale et pris en otages six personnes", dont le père Jacques Hamel, un prêtre octogénaire qu'ils ont égorgé, a raconté le procureur de Paris chargé de l'enquête, François Molins.

Un autre otage a été grièvement blessé, mais ses jours ne sont pas en danger.

Après une tentative de négociation avortée, les policiers d'élite sur place ont renoncé à donner l'assaut, trois otages se trouvant en position de boucliers humains.

Prêtre 'à genoux'

Les djihadistes ont été abattus par la police au moment où ils sont sortis sur le parvis de l'église en criant "Allah Akbar" (en arabe: "Dieu est le plus grand").

Le prêtre "était encore en aube, il était au pied de l'autel, ils l'ont obligé à se mettre à genoux" avant de sortir un couteau, a témoigné dans des médias français une religieuse, Soeur Danielle.

"Ils se sont enregistrés. Ils ont fait un peu comme un sermon autour de l'autel en arabe", a-t-elle ajouté.

Fustigé par l'opposition depuis l'attentat de Nice, le président Hollande a réitéré "la détermination absolue" du gouvernement. "Mais restreindre nos libertés, déroger à nos règles constitutionnelles, n'apporterait pas d'efficacité à la lutte contre le terrorisme", a-t-il martelé, en dénonçant "les surenchères, les polémiques, les amalgames et les suspicions".

Le chef de l'opposition de droite et prédécesseur du président Hollande, Nicolas Sarkozy, a réclamé à l'exécutif de "changer profondément" de stratégie.

La présidente du parti d'extrême droite Front national Marine Le Pen a dénoncé la "responsabilité (...) immense" des gouvernants français "depuis 30 ans".

'Guerre de religions'

A Saint-Etiene-du-Rouvray, des dizaines de bougies brûlaient mardi soir devant la mairie. Dans plusieurs villes comme Lyon (centre-est) et Montpellier (sud-est), des messes ont été célébrées en mémoire du prêtre assassiné.

Chrétiens, musulmans et juifs, les représentants des cultes en France ont affiché leur solidarité, appelant à "l'unité".

Frappée trois fois en 18 mois par des attentats jihadistes sans précédent (17 morts en janvier 2015, 130 le 13 novembre, 84 le 14 juillet), la France craint de nouvelles attaques.

"En s'attaquant à un prêtre, on voit bien quel est l'objectif: jeter les Français les uns contre les autres, s'attaquer à une religion pour provoquer une guerre de religions", a prévenu le Premier ministre Manuel Valls.

L'EI, qui perd du terrain en Irak et en Syrie où il a proclamé un califat en 2014, a régulièrement menacé la France de représailles pour sa participation à la coalition militaire internationale dans ces deux pays.

Cela faisait plus d'un an que la menace d'une attaque contre un lieu de culte chrétien planait sur le pays, depuis l'échec d'un projet d'attentat en avril 2015 contre une église catholique de Villejuif, en banlieue parisienne.

Cette attaque menée mardi par deux jeunes hommes, dont l'un était inculpé pour avoir tenté d'aller en Syrie, menace de fracturer davantage une société française meurtrie. Elle est la première contre un lieu de culte catholique en Europe revendiquée par le groupe Etat islamique (EI)."Attaquer une église, tuer un prêtre, c'est profaner la République qui garantit la liberté de conscience", a réagi mardi soir le président François Hollande dans une allocution solennelle, appelant à nouveau les Français à ne pas se diviser.Car la polémique enclenchée au lendemain de l'attentat de Nice (84 morts le 14 juillet) a déjà commencé à rebondir, l'opposition de droite et d'extrême droite mettant en cause l'efficacité de la politique antiterroriste du gouvernement.L'attaque rapidement endossée par l'EI, qui a aussi revendiqué deux récents attentats en Allemagne, s'est déroulée à Saint-Etienne-du-Rouvray, cité ouvrière de 29.000 habitants dans la banlieue de Rouen (nord-ouest).Un des deux djihadistes, Adel Kermiche, 19 ans, originaire de la région, était déjà inculpé pour avoir tenté à deux reprises, en 2015, de se rendre en Syrie. Il était assigné à résidence avec un bracelet électronique depuis mars, après une dizaine de mois en prison.Le deuxième assaillant n'est pas encore identifié formellement.Mardi vers 07H30 GMT, en pleine messe, les deux djihadistes, "porteurs d'armes blanches, ont surgi dans l'église pendant la messe matinale et pris en otages six personnes", dont le père Jacques Hamel, un prêtre octogénaire qu'ils ont égorgé, a raconté le procureur de Paris chargé de l'enquête, François Molins.Un autre otage a été grièvement blessé, mais ses jours ne sont pas en danger.Après une tentative de négociation avortée, les policiers d'élite sur place ont renoncé à donner l'assaut, trois otages se trouvant en position de boucliers humains.Les djihadistes ont été abattus par la police au moment où ils sont sortis sur le parvis de l'église en criant "Allah Akbar" (en arabe: "Dieu est le plus grand").Le prêtre "était encore en aube, il était au pied de l'autel, ils l'ont obligé à se mettre à genoux" avant de sortir un couteau, a témoigné dans des médias français une religieuse, Soeur Danielle."Ils se sont enregistrés. Ils ont fait un peu comme un sermon autour de l'autel en arabe", a-t-elle ajouté.Fustigé par l'opposition depuis l'attentat de Nice, le président Hollande a réitéré "la détermination absolue" du gouvernement. "Mais restreindre nos libertés, déroger à nos règles constitutionnelles, n'apporterait pas d'efficacité à la lutte contre le terrorisme", a-t-il martelé, en dénonçant "les surenchères, les polémiques, les amalgames et les suspicions".Le chef de l'opposition de droite et prédécesseur du président Hollande, Nicolas Sarkozy, a réclamé à l'exécutif de "changer profondément" de stratégie.La présidente du parti d'extrême droite Front national Marine Le Pen a dénoncé la "responsabilité (...) immense" des gouvernants français "depuis 30 ans".A Saint-Etiene-du-Rouvray, des dizaines de bougies brûlaient mardi soir devant la mairie. Dans plusieurs villes comme Lyon (centre-est) et Montpellier (sud-est), des messes ont été célébrées en mémoire du prêtre assassiné.Chrétiens, musulmans et juifs, les représentants des cultes en France ont affiché leur solidarité, appelant à "l'unité".Frappée trois fois en 18 mois par des attentats jihadistes sans précédent (17 morts en janvier 2015, 130 le 13 novembre, 84 le 14 juillet), la France craint de nouvelles attaques."En s'attaquant à un prêtre, on voit bien quel est l'objectif: jeter les Français les uns contre les autres, s'attaquer à une religion pour provoquer une guerre de religions", a prévenu le Premier ministre Manuel Valls.L'EI, qui perd du terrain en Irak et en Syrie où il a proclamé un califat en 2014, a régulièrement menacé la France de représailles pour sa participation à la coalition militaire internationale dans ces deux pays.Cela faisait plus d'un an que la menace d'une attaque contre un lieu de culte chrétien planait sur le pays, depuis l'échec d'un projet d'attentat en avril 2015 contre une église catholique de Villejuif, en banlieue parisienne.