En amont de sa conférence de presse mercredi à Beyrouth, voici les principaux éléments de sa défense donnés jusqu'à présent et les conditions auxquelles la justice nippone le soumettait.

Dissimulation de revenus

M. Ghosn a été initialement arrêté et inculpé fin 2018 au Japon à deux reprises pour des inexactitudes concernant ses revenus dans les rapports annuels de Nissan remis aux autorités boursières. N'y ont pas été déclarés des montants qu'il devait toucher après sa retraite, estimés par la justice à 9,23 milliards de yens (74 millions d'euros) sur une période allant de 2010 à 2018.

Lui prétend que les sommes n'étaient pas fixées et qu'il était donc impossible d'en faire état. Ses avocats ajoutent qu'aucun délit n'est constitué au regard de la loi financière japonaise.

Nissan a toutefois à dessein accepté récemment de payer une amende sur ce point au gendarme de la Bourse et rétroactivement mentionné les sommes en question sur ses comptes.

Abus de confiance aggravés

Le 10 janvier 2019, l'ex-patron de Renault-Nissan est inculpé pour "abus de confiance aggravé".

Les procureurs nippons l'accusent d'avoir tenté de faire couvrir par Nissan "des pertes sur des investissements personnels" au moment de la crise financière d'octobre 2008.

Lui affirme qu'il n'y a pas délit puisqu'il a repris les contrats à son nom sans préjudice pécuniaire pour Nissan.

Mais M. Ghosn a sollicité un garant pour se tirer de cette mauvaise passe: le milliardaire saoudien Khaled Juffali. Selon les enquêteurs japonais, ce dernier a été récompensé par des sommes rondelettes provenant de la "réserve du PDG" de Nissan.

Faux, rétorque M. Ghosn. M. Juffali a certes été rétribué, mais c'est la juste rémunération de son travail pour doper les ventes de Nissan au Moyen-Orient.

Le même argument est utilisé pour contrer une seconde inculpation pour abus de confiance aggravé au profit d'un distributeur de véhicules du constructeur à Oman, Suhail Bahwan Automobiles (SBA).

M. Ghosn est accusé d'avoir fait profiter ses proches de rétrocommissions versées par cet intermédiaire, destinataire de transferts d'argent de Nissan.

L'ancienne vedette du gotha des patrons est soupçonnée d'autres malversations financières tant au Japon qu'en France (où des enquêtes préliminaires sont ouvertes), mais qui ne lui valent pas de poursuites officielles dans l'archipel.

Conditions de détention et libération

L'ex patron de Renault et Nissan a passé au total quelque 130 jours en détention en deux périodes, entre mi-novembre 2018 et fin avril 2019, une partie dans une cellule traditionnelle avec tatami et futon, l'autre dans une pièce plus spacieuse avec un lit.

Il avait droit à une visite par jour de 15 minutes, en plus de celles sans limite de ses avocats.

Il a été libéré une première fois sous caution en mars 2019, puis réarrêté pour trois semaines en avril avant d'être de nouveau relâché.

Depuis cette période il avait interdiction de rencontrer sa femme ou de la contacter, sauf autorisation spéciale (deux appels vidéos d'une heure lui ont été accordés en novembre et décembre), en raison de l'implication supposée de Carole Ghosn dans au moins un des volets de l'abus de confiance.

Il n'était pas soumis à une surveillance permanente par la justice. Il pouvait se déplacer librement à l'intérieur du Japon mais ne devait pas s'absenter plus de 72 heures de sa résidence, située dans un quartier huppé de Tokyo.

Il fréquentait des restaurants, hôtels et autres lieux publics, allait dîner chez des amis, faisait des randonnées en montagne et du vélo. Ses filles et soeurs se relayaient à ses côtés.

Il devait toutefois tenir un registre des personnes rencontrées.

Les images prises par les caméras de surveillance placées devant sa résidence étaient transmises aux autorités une fois par mois. Il avait un téléphone portable sans accès à internet, mais pouvait se connecter et échanger des messages depuis un PC dans les bureaux de ses avocats. L'historique de ses appels et sites internet visités devait être régulièrement transmis aux autorités judiciaires.

Ces conditions étaient jugées "inhumaines" par ses proches. Cependant maintenant qu'il est en cavale, les procureurs et le ministère nippon de la Justice pensent qu'elles étaient bien trop souples, d'autant que M. Ghosn s'est vanté d'avoir organisé sa fuite au Liban "tout seul".

En amont de sa conférence de presse mercredi à Beyrouth, voici les principaux éléments de sa défense donnés jusqu'à présent et les conditions auxquelles la justice nippone le soumettait.M. Ghosn a été initialement arrêté et inculpé fin 2018 au Japon à deux reprises pour des inexactitudes concernant ses revenus dans les rapports annuels de Nissan remis aux autorités boursières. N'y ont pas été déclarés des montants qu'il devait toucher après sa retraite, estimés par la justice à 9,23 milliards de yens (74 millions d'euros) sur une période allant de 2010 à 2018.Lui prétend que les sommes n'étaient pas fixées et qu'il était donc impossible d'en faire état. Ses avocats ajoutent qu'aucun délit n'est constitué au regard de la loi financière japonaise.Nissan a toutefois à dessein accepté récemment de payer une amende sur ce point au gendarme de la Bourse et rétroactivement mentionné les sommes en question sur ses comptes.Le 10 janvier 2019, l'ex-patron de Renault-Nissan est inculpé pour "abus de confiance aggravé".Les procureurs nippons l'accusent d'avoir tenté de faire couvrir par Nissan "des pertes sur des investissements personnels" au moment de la crise financière d'octobre 2008. Lui affirme qu'il n'y a pas délit puisqu'il a repris les contrats à son nom sans préjudice pécuniaire pour Nissan.Mais M. Ghosn a sollicité un garant pour se tirer de cette mauvaise passe: le milliardaire saoudien Khaled Juffali. Selon les enquêteurs japonais, ce dernier a été récompensé par des sommes rondelettes provenant de la "réserve du PDG" de Nissan.Faux, rétorque M. Ghosn. M. Juffali a certes été rétribué, mais c'est la juste rémunération de son travail pour doper les ventes de Nissan au Moyen-Orient.Le même argument est utilisé pour contrer une seconde inculpation pour abus de confiance aggravé au profit d'un distributeur de véhicules du constructeur à Oman, Suhail Bahwan Automobiles (SBA).M. Ghosn est accusé d'avoir fait profiter ses proches de rétrocommissions versées par cet intermédiaire, destinataire de transferts d'argent de Nissan.L'ancienne vedette du gotha des patrons est soupçonnée d'autres malversations financières tant au Japon qu'en France (où des enquêtes préliminaires sont ouvertes), mais qui ne lui valent pas de poursuites officielles dans l'archipel.L'ex patron de Renault et Nissan a passé au total quelque 130 jours en détention en deux périodes, entre mi-novembre 2018 et fin avril 2019, une partie dans une cellule traditionnelle avec tatami et futon, l'autre dans une pièce plus spacieuse avec un lit.Il avait droit à une visite par jour de 15 minutes, en plus de celles sans limite de ses avocats.Il a été libéré une première fois sous caution en mars 2019, puis réarrêté pour trois semaines en avril avant d'être de nouveau relâché.Depuis cette période il avait interdiction de rencontrer sa femme ou de la contacter, sauf autorisation spéciale (deux appels vidéos d'une heure lui ont été accordés en novembre et décembre), en raison de l'implication supposée de Carole Ghosn dans au moins un des volets de l'abus de confiance. Il n'était pas soumis à une surveillance permanente par la justice. Il pouvait se déplacer librement à l'intérieur du Japon mais ne devait pas s'absenter plus de 72 heures de sa résidence, située dans un quartier huppé de Tokyo.Il fréquentait des restaurants, hôtels et autres lieux publics, allait dîner chez des amis, faisait des randonnées en montagne et du vélo. Ses filles et soeurs se relayaient à ses côtés.Il devait toutefois tenir un registre des personnes rencontrées. Les images prises par les caméras de surveillance placées devant sa résidence étaient transmises aux autorités une fois par mois. Il avait un téléphone portable sans accès à internet, mais pouvait se connecter et échanger des messages depuis un PC dans les bureaux de ses avocats. L'historique de ses appels et sites internet visités devait être régulièrement transmis aux autorités judiciaires.Ces conditions étaient jugées "inhumaines" par ses proches. Cependant maintenant qu'il est en cavale, les procureurs et le ministère nippon de la Justice pensent qu'elles étaient bien trop souples, d'autant que M. Ghosn s'est vanté d'avoir organisé sa fuite au Liban "tout seul".