La situation redevient potentiellement explosive en Catalogne, après les élections régionales de dimanche. Les trois partis nationalistes ont obtenu ensemble plus de 50% des voix et une large majorité au parlement régional. Le parti socialiste catalan termine certes à la première place - donnant du crédit au fait d'avoir envoyé au combat le ministre espagnol de la Santé, Salvador Illa -, mais il ne sera pas en mesure de concrétiser ce résultat : a priori, les indépendantistes refusent tout compromis avec lui.
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La situation redevient potentiellement explosive en Catalogne, après les élections régionales de dimanche. Les trois partis nationalistes ont obtenu ensemble plus de 50% des voix et une large majorité au parlement régional. Le parti socialiste catalan termine certes à la première place - donnant du crédit au fait d'avoir envoyé au combat le ministre espagnol de la Santé, Salvador Illa -, mais il ne sera pas en mesure de concrétiser ce résultat : a priori, les indépendantistes refusent tout compromis avec lui.Le sujet de l'indépendance de la Catalogne pourrait revenir à l'avant de l'actualité. Mais ce n'est pas si simple: la victoire du Bloc indépendantiste n'ouvre pas forcément la voie à un nouveau référendum pour défier l'Etat espagnol. La Gauche républicaine de Catalogne (ERC) est arrivée avec une courte avance en tête des trois partis nationalistes et, ces derniers, temps, ce parti avait modéré ses revendications, en lien avec l'attitude moins ouvertement belliqueuse du gouvernement espagnol de Pedro Sanchez, soutenu par la gauche radicale de Podemos. Le parti de Carles Puigdemont, l'ancien ministre-président catalan réfugié en Belgique depuis 2017, termine deuxième, tandis que les nationalistes les plus radicaux de la CUP doublent leur score. L'équation, à vrai dire, ne sera pas simple à nouer.Fidèle à son habitude, la N-VA a envoyé en début de semaine son traditionnel message de soutien aux nationalistes catalans. "L'Europe ne peut pas continuer d'envisager l'aspiration des Catalans comme un problème purement interne à l'Espagne, certainement pas quand des libertés politiques élémentaires sont bafouées", a déclaré le ministre-président flamand, Jan Jambon. En dénonçant le maintien en détention des prisonniers politiques, même si leurs peines ont été aménagée: "Cela n'est pas possible, que des gens soient jetés en prison pour leur conviction politique et leurs actions pacifiques". C'est surtout le thème de la liberté d'expression qui s'installe sur le devant de la scène: à la fois pour réclamer la libération des prisonniers d'opinion, ces ministres et parlementaires détenus depuis le référendum sur l'indépendance de la région en 2017, mais aussi pour réclamer une attitude plus modérée de la part de Madrid. L'arrestation par la police, ce mardi 16 février au matin, de Pablo Hasel (de son vrai nom Pau Rivadulla) occupe la 'une' de tous les médias : ce rappeur avait été condamné à une peine de prison pour des tweets attaquant la monarchie et les forces de l'ordre.Depuis la Belgique, Carles Puigdemont, désormais député européen, a lancé un appel à l'Europe afin qu'elle ouvre à la liberté d'expression bafouée en Espagne. Ce rappeur avait jusqu'à vendredi soir pour se rendre volontairement en prison et y purger sa peine de neuf mois pour des tweets dans lesquels il qualifiait notamment les forces de l'ordre espagnoles de "mercenaires de merde", les accusait de torture et d'assassinats et s'en prenait également à la monarchie. Plusieurs manifestations, parfois tendues, en soutien au rappeur ont eu lieu ces dernières semaines à Madrid et Barcelone, et plus de 200 personnalités du monde culturel hispanophone, dont le réalisateur Pedro Almodovar et l'acteur Javier Bardem, ont signé une tribune en sa faveur.