L'ambassade américaine à Bagdad, attaquée mardi par des pro-Iran, a appelé vendredi ses ressortissants à quitter l'Irak "immédiatement". La chancellerie appelle les Américains en Irak à partir "par avion tant que cela est possible", alors que le raid a eu lieu dans l'enceinte même de l'aéroport de Bagdad, "sinon vers d'autres pays par voie terrestre". Les principaux postes-frontières de l'Irak mènent vers l'Iran et la Syrie en guerre, alors que d'autres points de passage existent vers l'Arabie saoudite et la Turquie.

La Haye invite ses ressortissants à s'en aller, Bruxelles suit la situation de près

Le ministère néerlandais des Affaires étrangères invite ses ressortissants à quitter Bagdad s'ils peuvent le faire dans de bonnes conditions de sécurité. Les Affaires étrangères belges ont fait savoir vendredi opérer un suivi de la situation.

Une "escalade dangereuse" pour la responsable démocrate Nancy Pelosi

L'assassinat ciblé du général iranien Qassem Soleimani, émissaire de la République islamique en Irak, par une frappe américaine représente "une escalade dangereuse dans la violence", a déclaré la présidente de la Chambre des représentants, la démocrate Nancy Pelosi.

Pelosi, Reuters
Pelosi © Reuters

"L'Amérique - et le monde - ne peuvent pas se permettre une escalade des tensions qui atteigne un point de non-retour", a estimé Mme Pelosi dans un communiqué.

Des élus républicains ont à l'inverse salué la décision du président Donald Trump de lancer cette frappe.

"Wow - le prix à payer pour tuer et blesser des Américains est monté drastiquement", a déclaré sur Twitter le sénateur Lindsay Graham, un proche du président, faisant allusion à la mort d'un Américain en Irak le 27 décembre, dans des tirs de roquettes attribués par Washington à des forces pro-Iran.

"Dans une démonstration de détermination et de force, nous avons frappé le chef de file de ceux qui attaquent le territoire souverain des Etats-Unis", a déclaré Kevin McCarthy, un élu républicain de la Chambre des représentants, en référence à l'assaut mardi de l'ambassade américaine à Bagdad par des partisans de l'Iran.

Le chef démocrate de la commission des Affaires étrangères de la Chambre des représentants a déploré de son côté jeudi soir que Donald Trump n'ait pas notifié le Congrès américain de ce raid.

Qassem Soleimani "avait le sang d'Américains sur ses mains et je ne vais pas pleurer sa mort", a écrit Eliot Engel dans un communiqué, tout en se déclarant "profondément inquiet quant aux répercussions" de cette opération.

"Cette frappe a eu lieu sans notification ni consultation avec le Congrès", a poursuivi l'élu de New York, ce qui "soulève de graves problèmes légaux et constitue un affront aux pouvoirs du Congrès".

Netanyahu interrompt son voyage en Grèce pour rentrer en Israël

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a interrompu vendredi son voyage officiel en Grèce afin de rentrer en Israël, a indiqué son bureau à l'AFP.

M. Netanyahu, arrivé à Athènes jeudi où il a signé un accord avec Chypre et la Grèce en faveur d'un projet de gazoduc, devait rester dans ce pays jusqu'à samedi, mais a écourté son voyage après l'annonce du décès de Qassem Soleimani, chef des forces iraniennes al-Qods souvent accusées par Israël de préparer des attaques contre l'Etat hébreu.

La Chine appelle "à la retenue", "frappe hasardeuse" pour Moscou

La Chine a fait part vendredi de sa "préoccupation" et a appelé au "calme". Elle est l'un des pays signataires de l'accord sur le nucléaire iranien dont les Etats-Unis se sont retirés unilatéralement en 2018 et l'un des principaux importateurs de brut iranien. "Nous demandons instamment à toutes les parties concernées, en particulier aux Etats-Unis, de garder leur calme et de faire preuve de retenue afin d'éviter une nouvelle escalade des tensions", a indiqué devant la presse un porte-parole de la diplomatie chinoise, Geng Shuang.

De son côté, la Russie a mis en garde contre les conséquences de cet assassinat ciblé, une frappe américaine "hasardeuse" qui va se traduire par un "accroissement des tensions dans la région". "L'assassinat de Soleimani (...) est un palier hasardeux qui va mener à l'accroissement des tensions dans la région", a déclaré le ministère russe des Affaires étrangères, cité par les agences RIA Novosti et TASS. "Soleimani servait fidèlement les intérêts de l'Iran. Nous présentons nos sincères condoléances au peuple iranien", a-t-il ajouté.

Hezbollah : venger Soleimani est la "responsabilité" de la "Résistance" dans le monde entier

Le chef du mouvement chiite libanais Hezbollah, grand allié de l'Iran, a promis vendredi "le juste châtiment" aux "assassins criminels" responsables de la mort du général iranien Qassem Soleimani, tué en Irak dans un raid américain.

"Apporter le juste châtiment aux assassins criminels (...) sera la responsabilité et la tâche de tous les résistants et combattants à travers le monde", a promis dans un communiqué le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, qui utilise généralement le terme de "Résistance" pour désigner son organisation et ses alliés.

"L'escalade militaire est toujours dangereuse", selon la France

Amélie de Montchalin, Belga
Amélie de Montchalin © Belga

La France a plaidé vendredi pour la "stabilité" au Moyen-Orient, estimant par la voix d'Amélie de Montchalin, secrétaire d'État aux Affaires européennes, que "l'escalade militaire (était) toujours dangereuse". "On se réveille dans un monde plus dangereux. L'escalade militaire est toujours dangereuse", a-t-elle déclaré au micro de RTL."Quand de telles opérations ont lieu, on voit bien que l'escalade est en marche alors que nous souhaitons avant tout la stabilité et la désescalade", a-t-elle ajouté.

Le général Soleimani, homme-clé de l'influence iranienne au Moyen-Orient et chef de la Force Qods des Gardiens de la révolution, chargée des opérations extérieures de la République islamique, a été tué, ainsi qu'un dirigeant irakien pro-iranien dans un raid américain à Bagdad, suscitant les appels à la "vengeance" de l'Iran et attisant les craintes d'un conflit ouvert entre Washington et Téhéran. Le président américain Donald Trump a lui-même donné l'ordre de "tuer" Soleimani, selon le Pentagone.

"Tous les efforts que la France mène (...) dans toutes les régions du monde, c'est nous assurer que nous créons les conditions d'une paix en tout cas d'une stabilité", a poursuivi Amélie de Montchalin, en indiquant que le président Emmanuel Macron et le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian s'entretiendraient dans la journée avec "les acteurs de la région" sans donner de précision.

"Au niveau européen, il faut qu'on travaille dans des cadres multilatéraux collectifs et éviter que les puissances, les unes contre les autres, fassent leur jeu de façon imprévisible", a encore déclaré la secrétaire d'État. "Notre rôle, ce n'est pas de se placer d'un côté ou d'un autre c'est de parler avec tout le monde".

Le général iranien Qassem Soleimani, tué par Washington., Belga
Le général iranien Qassem Soleimani, tué par Washington. © Belga

Damas dénonce une "lâche agression américaine"

Le pouvoir syrien a dénoncé la "lâche agression américaine", y voyant une "grave escalade" pour le Moyen-Orient, a rapporté l'agence officielle Sana.

La Syrie est certaine que cette "lâche agression américaine (...) ne fera que renforcer la détermination à suivre le modèle de ces chefs de la résistance", souligne une source du ministère des Affaires étrangères à Damas citée par Sana.

Dénonçant des "méthodes de gangs criminels", ce communiqué juge que cette attaque constitue "une grave escalade pour la situation dans la région". "Cette agression démontre une nouvelle fois la responsabilité des Etats-Unis dans l'instabilité que connaît l'Irak, dans le cadre de sa politique visant à susciter des tensions et à alimenter les conflits dans les pays de la région", selon le texte.

Artisan de la stratégie militaire iranienne au Moyen-Orient, le général iranien Qassem Soleimani était à la tête de l'unité Qods, force spéciale des Gardiens de la Révolution iraniens, chargée des opérations extérieures.

Il s'était rendu à plusieurs reprises à Damas. Avec des combattants déployés en Syrie, son unité a joué un rôle incontournable pour soutenir et consolider le pouvoir de Bachar al-Assad, un temps affaibli sur le champ de bataille face aux rebelles et aux jihadistes, dans un pays déchiré depuis 2011 par une guerre civile.

Sans surprise, des figures syriennes de l'opposition politique au régime de Damas --en exil-- ont salué la mort du général iranien.

"Le meurtre de Qassem Soleimani, patron numéro un des crimes des Gardiens de la Révolution contre le peuple syrien et irakien et les peuples de la région, est une frappe douloureuse qui confirme que le monde est capable de stopper l'Iran et de protéger les civils syriens s'il le voulait", a estimé sur Twitter Nasr Hariri, le chef de l'opposition syrienne en exil.

"Le meurtrier des enfants de Syrie a été tué", a tweeté Ahmed Ramadan, une autre figure de l'opposition.

Les rebelles yéménites appellent à des "représailles rapides"

Les rebelles yéménites Houthis, soutenus par Téhéran, ont appelé vendredi à des "représailles rapides et directes" après l'assassinat du puissant général iranien Qassem Soleimani en Irak par les forces américaines.

Figure clé de la République islamique, le puissant général Soleimani, émissaire de Téhéran pour les affaires irakiennes, et un autre leader pro-iranien en Irak ont été tués dans un raid américain à Bagdad.

Ce raid a été ordonné par le président Donald Trump, trois jours après une attaque inédite contre l'ambassade des Etats-Unis.

"Nous condamnons cet assassinat et des représailles rapides et directes sont la solution", a déclaré Mohammed Ali al-Houthi, un haut responsable de la direction politique des rebelles, sur son compte Twitter.

Soutenus par l'Iran, les rebelles Houthis se sont emparés depuis 2014 de la capitale Sanaa et de pans entiers du Yémen, pays dévasté par une guerre qui a provoqué la plus grave crise humanitaire au monde selon l'ONU.

Depuis 2015, une coalition militaire dirigée par l'Arabie saoudite et ses alliés, en particulier les Emirats arabes unis, intervient pour appuyer les forces du gouvernement reconnu par la communauté internationale contre les Houthis.

En septembre 2019, les rebelles Houthis ont revendiqué des frappes contre deux sites pétroliers majeurs dans l'est du royaume saoudien, qui ont momentanément réduit de moitié la production du pays. L'Arabie saoudite et les Etats-Unis ont accusé l'Iran d'être derrières ces attaques.

L'ambassade américaine à Bagdad, attaquée mardi par des pro-Iran, a appelé vendredi ses ressortissants à quitter l'Irak "immédiatement". La chancellerie appelle les Américains en Irak à partir "par avion tant que cela est possible", alors que le raid a eu lieu dans l'enceinte même de l'aéroport de Bagdad, "sinon vers d'autres pays par voie terrestre". Les principaux postes-frontières de l'Irak mènent vers l'Iran et la Syrie en guerre, alors que d'autres points de passage existent vers l'Arabie saoudite et la Turquie.L'assassinat ciblé du général iranien Qassem Soleimani, émissaire de la République islamique en Irak, par une frappe américaine représente "une escalade dangereuse dans la violence", a déclaré la présidente de la Chambre des représentants, la démocrate Nancy Pelosi."L'Amérique - et le monde - ne peuvent pas se permettre une escalade des tensions qui atteigne un point de non-retour", a estimé Mme Pelosi dans un communiqué.Des élus républicains ont à l'inverse salué la décision du président Donald Trump de lancer cette frappe."Wow - le prix à payer pour tuer et blesser des Américains est monté drastiquement", a déclaré sur Twitter le sénateur Lindsay Graham, un proche du président, faisant allusion à la mort d'un Américain en Irak le 27 décembre, dans des tirs de roquettes attribués par Washington à des forces pro-Iran."Dans une démonstration de détermination et de force, nous avons frappé le chef de file de ceux qui attaquent le territoire souverain des Etats-Unis", a déclaré Kevin McCarthy, un élu républicain de la Chambre des représentants, en référence à l'assaut mardi de l'ambassade américaine à Bagdad par des partisans de l'Iran.Le chef démocrate de la commission des Affaires étrangères de la Chambre des représentants a déploré de son côté jeudi soir que Donald Trump n'ait pas notifié le Congrès américain de ce raid.Qassem Soleimani "avait le sang d'Américains sur ses mains et je ne vais pas pleurer sa mort", a écrit Eliot Engel dans un communiqué, tout en se déclarant "profondément inquiet quant aux répercussions" de cette opération."Cette frappe a eu lieu sans notification ni consultation avec le Congrès", a poursuivi l'élu de New York, ce qui "soulève de graves problèmes légaux et constitue un affront aux pouvoirs du Congrès".La Chine a fait part vendredi de sa "préoccupation" et a appelé au "calme". Elle est l'un des pays signataires de l'accord sur le nucléaire iranien dont les Etats-Unis se sont retirés unilatéralement en 2018 et l'un des principaux importateurs de brut iranien. "Nous demandons instamment à toutes les parties concernées, en particulier aux Etats-Unis, de garder leur calme et de faire preuve de retenue afin d'éviter une nouvelle escalade des tensions", a indiqué devant la presse un porte-parole de la diplomatie chinoise, Geng Shuang.De son côté, la Russie a mis en garde contre les conséquences de cet assassinat ciblé, une frappe américaine "hasardeuse" qui va se traduire par un "accroissement des tensions dans la région". "L'assassinat de Soleimani (...) est un palier hasardeux qui va mener à l'accroissement des tensions dans la région", a déclaré le ministère russe des Affaires étrangères, cité par les agences RIA Novosti et TASS. "Soleimani servait fidèlement les intérêts de l'Iran. Nous présentons nos sincères condoléances au peuple iranien", a-t-il ajouté.La France a plaidé vendredi pour la "stabilité" au Moyen-Orient, estimant par la voix d'Amélie de Montchalin, secrétaire d'État aux Affaires européennes, que "l'escalade militaire (était) toujours dangereuse". "On se réveille dans un monde plus dangereux. L'escalade militaire est toujours dangereuse", a-t-elle déclaré au micro de RTL."Quand de telles opérations ont lieu, on voit bien que l'escalade est en marche alors que nous souhaitons avant tout la stabilité et la désescalade", a-t-elle ajouté.Le général Soleimani, homme-clé de l'influence iranienne au Moyen-Orient et chef de la Force Qods des Gardiens de la révolution, chargée des opérations extérieures de la République islamique, a été tué, ainsi qu'un dirigeant irakien pro-iranien dans un raid américain à Bagdad, suscitant les appels à la "vengeance" de l'Iran et attisant les craintes d'un conflit ouvert entre Washington et Téhéran. Le président américain Donald Trump a lui-même donné l'ordre de "tuer" Soleimani, selon le Pentagone."Tous les efforts que la France mène (...) dans toutes les régions du monde, c'est nous assurer que nous créons les conditions d'une paix en tout cas d'une stabilité", a poursuivi Amélie de Montchalin, en indiquant que le président Emmanuel Macron et le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian s'entretiendraient dans la journée avec "les acteurs de la région" sans donner de précision."Au niveau européen, il faut qu'on travaille dans des cadres multilatéraux collectifs et éviter que les puissances, les unes contre les autres, fassent leur jeu de façon imprévisible", a encore déclaré la secrétaire d'État. "Notre rôle, ce n'est pas de se placer d'un côté ou d'un autre c'est de parler avec tout le monde".Les rebelles yéménites Houthis, soutenus par Téhéran, ont appelé vendredi à des "représailles rapides et directes" après l'assassinat du puissant général iranien Qassem Soleimani en Irak par les forces américaines.Figure clé de la République islamique, le puissant général Soleimani, émissaire de Téhéran pour les affaires irakiennes, et un autre leader pro-iranien en Irak ont été tués dans un raid américain à Bagdad. Ce raid a été ordonné par le président Donald Trump, trois jours après une attaque inédite contre l'ambassade des Etats-Unis."Nous condamnons cet assassinat et des représailles rapides et directes sont la solution", a déclaré Mohammed Ali al-Houthi, un haut responsable de la direction politique des rebelles, sur son compte Twitter.Soutenus par l'Iran, les rebelles Houthis se sont emparés depuis 2014 de la capitale Sanaa et de pans entiers du Yémen, pays dévasté par une guerre qui a provoqué la plus grave crise humanitaire au monde selon l'ONU.Depuis 2015, une coalition militaire dirigée par l'Arabie saoudite et ses alliés, en particulier les Emirats arabes unis, intervient pour appuyer les forces du gouvernement reconnu par la communauté internationale contre les Houthis.En septembre 2019, les rebelles Houthis ont revendiqué des frappes contre deux sites pétroliers majeurs dans l'est du royaume saoudien, qui ont momentanément réduit de moitié la production du pays. L'Arabie saoudite et les Etats-Unis ont accusé l'Iran d'être derrières ces attaques.