Le négociateur européen Michel Barnier avait pourtant laissé entendre mardi que la soirée était une sorte de dernier délai pour s'accorder sur un plan précis dans le cas où la date du Brexit est maintenue au 31 octobre, car l'Europe ne veut pas poursuivre des négociations techniques en marge du sommet européen de jeudi et vendredi.

Le timing devient serré, si les équipes de Boris Johnson et des 27 veulent soumettre un plan détaillé aux dirigeants européens durant le sommet, puis le faire voter par les parlementaires britanniques dans la foulée. Ces derniers pourraient exceptionnellement se réunir samedi, le 19 octobre, qui est également la date butoir à laquelle, selon le "Benn Act", le Premier ministre britannique se doit de demander un délai supplémentaire à l'UE si aucun accord de séparation n'a recueilli l'approbation des députés.

Mercredi matin, les journaux britanniques restaient dans le flou. Mardi soir, les différentes parties avaient pourtant laissé entrevoir la possibilité d'un accord présenté comme imminent. The Guardian parlait même de la probable publication d'un projet d'accord dès mercredi matin. Le quotidien avait appris à bonnes sources, aussi bien bruxelloises que londoniennes, que Boris Johnson était finalement prêt à des concessions importantes aux exigences européennes. Le Premier ministre aurait ainsi finalement plié sur la question de la frontière douanière, qui serait de facto située en mer d'Irlande, même si officiellement l'Irlande du Nord serait considérée comme faisant partie d'un même territoire douanier que le reste du Royaume-Uni. Il aurait aussi accepté d'abandonner le système d'approbation nord-irlandaise qu'il proposait, qui octroyait de facto une possibilité de veto au DUP au sein de l'assemblée nord-irlandaise au sujet du maintien de règles communes avec l'UE.

Les négociations se sont poursuivies tard dans la nuit de mardi à mercredi, mais rien n'avait filtré mercredi matin, et le porte-parole de Boris Johnson a entre-temps tempéré les espoirs, précisant que "les discussions restent constructives mais (qu')il reste du travail à faire".

La situation devrait s'éclaircir dans l'après-midi, Boris Johnson devant rapporter à son cabinet l'avancement des discussions à 17h00 (heure belge). Michel Barnier, le négociateur pour l'UE, doit quant à lui informer les ambassadeurs auprès de l'UE à partir de 14h00, selon la BBC.