On aurait pu s'attendre à une politique étrangère plus traditionnelle de la part de celui qui fut longtemps sénateur puis vice-président, après les tweets intempestifs et les formules tonitruantes de son prédécesseur Donald Trump.

Mais les deux premiers mois, et encore plus les tout derniers jours, ont installé un ton musclé.

Prié par un journaliste de dire s'il pensait que le président russe était "un tueur", Joe Biden a répondu sans hésiter par l'affirmative. Et à ceux qui s'interrogeaient sur un éventuel dérapage, la Maison Blanche a assuré qu'il ne regrettait nullement ses propos.

Ce n'est pas la première fois que le démocrate bombe le torse face au maître du Kremlin.

"J'ai clairement dit au président Poutine, d'une façon très différente de mon prédécesseur, que le temps où les Etats-Unis se soumettaient face aux actes agressifs de la Russie (...) était révolu", avait-il lancé début février, peu après leur premier coup de téléphone.

Même fermeté affichée avec le président chinois Xi Jinping: "il est très dur", "il n'a pas une once de démocratie en lui", avait estimé le président Biden en février.

"Si on ne fait rien, ils vont nous écraser", avait-il renchéri quelques jours plus tard, après un appel marathon de deux heures avec son homologue.

"Valeurs" de l'Amérique

En fait, même si ce langage sans détours rappelle parfois le milliardaire républicain, le contexte se veut en rupture avec lui.

"Trump avait des affinités personnelles avec les autocrates, les hommes +forts+. Il les admirait", rappelle Thomas Wright, du cercle de réflexion Brookings Institution. "Trump avait en fait un plus gros problème avec les alliés des Etats-Unis. Il s'énervait plus souvent avec ses alliés qu'avec ses rivaux."

Depuis leur arrivée au pouvoir en janvier, Joe Biden et son équipe s'attellent au contraire à cajoler les amis de Washington et à dénoncer l'"autoritarisme" de Moscou et Pékin.

Les mots durs s'inscrivent dans cette stratégie, et dans une politique étrangère qui a fait de la défense des droits humains et des "valeurs" de l'Amérique une priorité.

"Ils s'inquiètent de voir l'autoritarisme progresser, et pensent que les démocraties doivent travailler plus étroitement ensemble pour le contrer", explique Thomas Wright à l'AFP.

Le président américain veut d'ailleurs organiser un "sommet des démocraties" à une date encore non fixée.

Plus surprenant peut-être, son secrétaire d'Etat Antony Blinken, un diplomate vieille école policé et parfois en retrait, a accueilli les chefs de la diplomatie chinoise jeudi en Alaska par un discours offensif, accusant Pékin, devant les caméras du monde entier, de "menacer" la "stabilité mondiale".

"Ces manières sont bien éloignées de l'étiquette diplomatique!", s'est offusquée la Chine.

"C'était sportif, c'est sûr, mais au moins c'était en ligne avec la réalité", dit Thomas Wright. Selon lui, "cela révèle au monde que la relation américano-chinoise est définie par la rivalité et la compétition".

Pour James Carafano, de la fondation conservatrice Heritage, Antony Blinken a eu "absolument raison" d'être aussi ferme.

Et selon lui, l'administration Biden n'a rien à perdre à afficher une telle dureté.

"Etre dur avec la Russie ou avec la Chine, c'est consensuel côté démocrate comme républicain. Tout le monde veut être dur" avec ces adversaires des Etats-Unis, relève-t-il.

Il note d'ailleurs une grande continuité entre les premiers actes des démocrates et ceux de l'ancien gouvernement républicain, qui avait contré les deux puissances rivales même quand le président Trump tentait de mettre en scène son "amitié" pour Vladimir Poutine ou Xi Jinping.

Mais au fond, ajoute James Carafano, la "rhétorique" ne changera rien aux relations, seuls les actes compteront.

"Trump a tenté de parler très gentiment à Poutine, et Poutine a agi... en Poutine", dit-il. "Et Biden affirme qu'il est dur avec Poutine, mais Poutine va continuer à agir en Poutine."

On aurait pu s'attendre à une politique étrangère plus traditionnelle de la part de celui qui fut longtemps sénateur puis vice-président, après les tweets intempestifs et les formules tonitruantes de son prédécesseur Donald Trump.Mais les deux premiers mois, et encore plus les tout derniers jours, ont installé un ton musclé.Prié par un journaliste de dire s'il pensait que le président russe était "un tueur", Joe Biden a répondu sans hésiter par l'affirmative. Et à ceux qui s'interrogeaient sur un éventuel dérapage, la Maison Blanche a assuré qu'il ne regrettait nullement ses propos.Ce n'est pas la première fois que le démocrate bombe le torse face au maître du Kremlin."J'ai clairement dit au président Poutine, d'une façon très différente de mon prédécesseur, que le temps où les Etats-Unis se soumettaient face aux actes agressifs de la Russie (...) était révolu", avait-il lancé début février, peu après leur premier coup de téléphone.Même fermeté affichée avec le président chinois Xi Jinping: "il est très dur", "il n'a pas une once de démocratie en lui", avait estimé le président Biden en février."Si on ne fait rien, ils vont nous écraser", avait-il renchéri quelques jours plus tard, après un appel marathon de deux heures avec son homologue."Valeurs" de l'AmériqueEn fait, même si ce langage sans détours rappelle parfois le milliardaire républicain, le contexte se veut en rupture avec lui."Trump avait des affinités personnelles avec les autocrates, les hommes +forts+. Il les admirait", rappelle Thomas Wright, du cercle de réflexion Brookings Institution. "Trump avait en fait un plus gros problème avec les alliés des Etats-Unis. Il s'énervait plus souvent avec ses alliés qu'avec ses rivaux."Depuis leur arrivée au pouvoir en janvier, Joe Biden et son équipe s'attellent au contraire à cajoler les amis de Washington et à dénoncer l'"autoritarisme" de Moscou et Pékin.Les mots durs s'inscrivent dans cette stratégie, et dans une politique étrangère qui a fait de la défense des droits humains et des "valeurs" de l'Amérique une priorité."Ils s'inquiètent de voir l'autoritarisme progresser, et pensent que les démocraties doivent travailler plus étroitement ensemble pour le contrer", explique Thomas Wright à l'AFP.Le président américain veut d'ailleurs organiser un "sommet des démocraties" à une date encore non fixée.Plus surprenant peut-être, son secrétaire d'Etat Antony Blinken, un diplomate vieille école policé et parfois en retrait, a accueilli les chefs de la diplomatie chinoise jeudi en Alaska par un discours offensif, accusant Pékin, devant les caméras du monde entier, de "menacer" la "stabilité mondiale"."Ces manières sont bien éloignées de l'étiquette diplomatique!", s'est offusquée la Chine."C'était sportif, c'est sûr, mais au moins c'était en ligne avec la réalité", dit Thomas Wright. Selon lui, "cela révèle au monde que la relation américano-chinoise est définie par la rivalité et la compétition".Pour James Carafano, de la fondation conservatrice Heritage, Antony Blinken a eu "absolument raison" d'être aussi ferme.Et selon lui, l'administration Biden n'a rien à perdre à afficher une telle dureté."Etre dur avec la Russie ou avec la Chine, c'est consensuel côté démocrate comme républicain. Tout le monde veut être dur" avec ces adversaires des Etats-Unis, relève-t-il.Il note d'ailleurs une grande continuité entre les premiers actes des démocrates et ceux de l'ancien gouvernement républicain, qui avait contré les deux puissances rivales même quand le président Trump tentait de mettre en scène son "amitié" pour Vladimir Poutine ou Xi Jinping.Mais au fond, ajoute James Carafano, la "rhétorique" ne changera rien aux relations, seuls les actes compteront. "Trump a tenté de parler très gentiment à Poutine, et Poutine a agi... en Poutine", dit-il. "Et Biden affirme qu'il est dur avec Poutine, mais Poutine va continuer à agir en Poutine."