Celle qui était déjà entrée dans l'histoire en 2014 en devenant la première femme à la tête de la plus puissante Banque centrale du monde réitère la performance en accédant à 74 ans à la direction du ministère des Finances des Etats-Unis. Si sa nomination est confirmée par le Sénat, une femme sera donc pour la première fois aux commandes du Trésor américain, un poste crucial pour relancer la première économie du monde, plombée par la pandémie de Covid-19.

Cette passionnée d'économie, ancienne professeure d'Harvard au discours savant, parfois jargonnant, mariée à un prix Nobel d'économie (George Akerlof), ne présente pas forcément le profil du financier grand commis de l'Etat plutôt attendu pour diriger un ministère. Mais son expertise du marché de l'emploi au moment où le taux de chômage a doublé depuis la crise sanitaire à 6,9% et le respect qu'elle a gagné au Congrès pour sa normalisation de la politique monétaire menée après la crise financière de 2009 sont des atouts de taille.

Proche de l'élite économique progressiste, actuellement membre du groupe de réflexion washingtonien Brookings Institution, Janet Yellen a récemment plaidé pour que les législateurs fournissent une aide supplémentaire aux Américains. "La politique budgétaire" --dont elle détiendra désormais les cordons de la Bourse sous la houlette d'un Congrès potentiellement divisé si les démocrates perdaient deux élections sénatoriales spéciales le 5 janvier-- "a un rôle très important à jouer maintenant", a-t-elle déclaré la semaine dernière lors d'une table ronde virtuelle. "Je crois que c'est essentiel", avait-elle ajouté alors que les tractations entre démocrates et républicains pour voter un nouveau plan de relance ont calé pendant la surchauffe de la campagne électorale.

Conseillère économique de la campagne de Joe Biden, elle défend des mesures de lutte contre le réchauffement climatique et soutient une taxe sur le carbone, ce qui lui vaut la sympathie de l'aile progressiste du parti démocrate. "Nous avons besoin d'une politique publique orientée pour faire une grande différence sur le changement climatique", a-t-elle affirmé récemment.

Favoriser l'emploi

A la tête de la Réserve fédérale de 2014 à 2018, elle était vue par les marchés comme "une colombe", moins encline que les "faucons" à relever les taux d'intérêt pour prévenir l'inflation qu'à favoriser le plein emploi. Lors de sa première campagne électorale, Donald Trump lui reprochait en gardant les taux bas d'encourager la formation d'"une grosse bulle" financière au profit des démocrates. Mme Yellen connaît bien Jerome Powell, son successeur à la présidence de la Banque centrale, dont le mandat court jusqu'en 2022, et qui a été son lieutenant lorsqu'elle tenait les rênes du Comité monétaire. Ecartée de la Fed en 2018 par Donald Trump quand elle y avait été placée par Barack Obama, elle est un des rares dirigeants de l'institution à n'avoir pu rester en poste pour un deuxième mandat.

Diplômée de Yale University, cette fille de médecin juif au fort accent de Brooklyn était entrée dans l'institution monétaire par la petite porte parmi les bataillons de chercheurs économistes, et y a passé un tiers de sa carrière. Professeure à l'université de Californie à Berkeley, elle a aussi été conseillère économique du président démocrate Bill Clinton de 1997 à 1999 avant de présider l'antenne régionale de la Fed de San Francisco. En 2010, elle devient numéro 2 de la Banque centrale et supervise, dans l'ombre de Ben Bernanke, le plus vaste plan de soutien monétaire pour sortir de la crise financière. Quatre ans plus tard, elle lui succède à la tête de la Fed pour devenir en 2014 "la deuxième femme la plus puissante du monde", selon Forbes, derrière Angela Merkel.

Cette femme affable au visage encadré d'un casque de cheveux blancs, de petite taille, n'a jamais perdu son sang-froid face aux attaques des parlementaires républicains au Congrès. Au début du mandat de Donald Trump, elle n'avait pas hésité à monter au créneau pour mettre en garde contre les conséquences des projets de réduction d'impôts sur les déficits budgétaires. Les déficits, une question qui sera la sienne aussi à l'heure du soutien budgétaire.

Celle qui était déjà entrée dans l'histoire en 2014 en devenant la première femme à la tête de la plus puissante Banque centrale du monde réitère la performance en accédant à 74 ans à la direction du ministère des Finances des Etats-Unis. Si sa nomination est confirmée par le Sénat, une femme sera donc pour la première fois aux commandes du Trésor américain, un poste crucial pour relancer la première économie du monde, plombée par la pandémie de Covid-19.Cette passionnée d'économie, ancienne professeure d'Harvard au discours savant, parfois jargonnant, mariée à un prix Nobel d'économie (George Akerlof), ne présente pas forcément le profil du financier grand commis de l'Etat plutôt attendu pour diriger un ministère. Mais son expertise du marché de l'emploi au moment où le taux de chômage a doublé depuis la crise sanitaire à 6,9% et le respect qu'elle a gagné au Congrès pour sa normalisation de la politique monétaire menée après la crise financière de 2009 sont des atouts de taille. Proche de l'élite économique progressiste, actuellement membre du groupe de réflexion washingtonien Brookings Institution, Janet Yellen a récemment plaidé pour que les législateurs fournissent une aide supplémentaire aux Américains. "La politique budgétaire" --dont elle détiendra désormais les cordons de la Bourse sous la houlette d'un Congrès potentiellement divisé si les démocrates perdaient deux élections sénatoriales spéciales le 5 janvier-- "a un rôle très important à jouer maintenant", a-t-elle déclaré la semaine dernière lors d'une table ronde virtuelle. "Je crois que c'est essentiel", avait-elle ajouté alors que les tractations entre démocrates et républicains pour voter un nouveau plan de relance ont calé pendant la surchauffe de la campagne électorale.Conseillère économique de la campagne de Joe Biden, elle défend des mesures de lutte contre le réchauffement climatique et soutient une taxe sur le carbone, ce qui lui vaut la sympathie de l'aile progressiste du parti démocrate. "Nous avons besoin d'une politique publique orientée pour faire une grande différence sur le changement climatique", a-t-elle affirmé récemment.A la tête de la Réserve fédérale de 2014 à 2018, elle était vue par les marchés comme "une colombe", moins encline que les "faucons" à relever les taux d'intérêt pour prévenir l'inflation qu'à favoriser le plein emploi. Lors de sa première campagne électorale, Donald Trump lui reprochait en gardant les taux bas d'encourager la formation d'"une grosse bulle" financière au profit des démocrates. Mme Yellen connaît bien Jerome Powell, son successeur à la présidence de la Banque centrale, dont le mandat court jusqu'en 2022, et qui a été son lieutenant lorsqu'elle tenait les rênes du Comité monétaire. Ecartée de la Fed en 2018 par Donald Trump quand elle y avait été placée par Barack Obama, elle est un des rares dirigeants de l'institution à n'avoir pu rester en poste pour un deuxième mandat.Diplômée de Yale University, cette fille de médecin juif au fort accent de Brooklyn était entrée dans l'institution monétaire par la petite porte parmi les bataillons de chercheurs économistes, et y a passé un tiers de sa carrière. Professeure à l'université de Californie à Berkeley, elle a aussi été conseillère économique du président démocrate Bill Clinton de 1997 à 1999 avant de présider l'antenne régionale de la Fed de San Francisco. En 2010, elle devient numéro 2 de la Banque centrale et supervise, dans l'ombre de Ben Bernanke, le plus vaste plan de soutien monétaire pour sortir de la crise financière. Quatre ans plus tard, elle lui succède à la tête de la Fed pour devenir en 2014 "la deuxième femme la plus puissante du monde", selon Forbes, derrière Angela Merkel.Cette femme affable au visage encadré d'un casque de cheveux blancs, de petite taille, n'a jamais perdu son sang-froid face aux attaques des parlementaires républicains au Congrès. Au début du mandat de Donald Trump, elle n'avait pas hésité à monter au créneau pour mettre en garde contre les conséquences des projets de réduction d'impôts sur les déficits budgétaires. Les déficits, une question qui sera la sienne aussi à l'heure du soutien budgétaire.