Le président américain s'exprimera en fin de matinée dans ce qui ressemble à un baroud d'honneur. Ses sympathisants ont convergé en nombre vers Washington, pour dénoncer, comme lui, des fraudes, en dépit de l'absence de la moindre preuve.

Katherine Caldwell, 61 ans, venue avec son mari de l'Oregon, à l'autre extrémité des Etats-Unis, arbore fièrement un chapeau sur lequel on peut lire: "Trump est mon président".

"Ils ont volé nos élections", martèle-t-elle, jugeant que le parti républicain a fait son temps et qu'il doit céder la place au "parti Trump".

Mais les résultats sont là, et ils sont un terrible camouflet pour l'ancien homme d'affaires, qui refuse toujours de reconnaître sa défaite et est de plus en plus critiqué dans son propre camp.

En Géorgie, le candidat démocrate Raphael Warnock a battu la sénatrice républicaine Kelly Loeffler et est entré dans l'histoire en devenant le premier sénateur noir élu dans cet Etat du Sud.

"Ce qui s'est passé hier (mardi) soir est extraordinaire", a déclaré sur CNN ce pasteur de 51 ans d'une église d'Atlanta où officiait Martin Luther King.

L'autre démocrate en lice, Jon Ossoff, semblait lui aussi en position de créer la surprise face au sénateur républicain David Perdue.

Lors d'une déclaration mercredi matin, il a revendiqué sa victoire: "Géorgie, merci pour la confiance que vous m'avez accordée", a-t-il assuré lors d'une brève déclaration. Les grandes télévisions américaines ne l'ont cependant pas encore désigné comme vainqueur.

Si sa victoire se confirme, Jon Ossoff deviendrait, à 33 ans, le plus jeune sénateur démocrate depuis... Joe Biden (en 1973).

Les démocrates auraient alors 50 sièges au Sénat, comme les républicains. Mais comme le prévoit la constitution, la future vice-présidente Kamala Harris aurait le pouvoir de départager les votes, et donc de faire pencher la balance du côté démocrate.

Les performances démocrates dans ce grand Etat du Sud traditionnellement conservateur représentent un terrible revers pour le Grand Old Party. Et si la double victoire se confirme, les républicains, après avoir perdu la Maison Blanche, verraient la prestigieuse chambre haute leur échapper.

"Mitch McConnell, chef de la minorité au Sénat", a ironisé Hillary Clinton dans un tweet, évoquant le fait que le puissant "Mitch" était sur le point de perdre le poste prestigieux de chef de la majorité.

- Trump, pressions sur Pence -

Galvanisés par la victoire de Joe Biden dans l'Etat le 3 novembre, une première depuis 1992, les démocrates ont réussi à mobiliser leurs électeurs, en particulier afro-américains, clés pour toute victoire démocrate.

Signe des grands enjeux, les présidents élu et sortant avaient fait lundi le déplacement sur le terrain.

Ces élections partielles pourraient être "votre dernière chance de sauver l'Amérique telle que nous l'aimons", avait tonné Donald Trump à Dalton. En vain.

Dans un étonnant télescopage, le Congrès se réunira mercredi en début d'après-midi pour enregistrer formellement le vote des grands électeurs en faveur de Joe Biden.

L'issue de cette obligation constitutionnelle ne fait aucun doute: Joe Biden deviendra président.

"Nous ne concéderons jamais" la défaite

Le président américain Donald Trump a affirmé mercredi qu'il ne concéderait "jamais" la défaite, à deux semaines de la prise de fonction du démocrate Joe Biden.

"Nous n'abandonnerons jamais. Nous ne concéderons jamais", a-t-il lancé lors d'un rassemblement devant ses partisans, sous un ciel chargé de lourds nuages, la Maison Blanche en toile de fond.

"Nous avons remporté cette élection, et nous l'avons remporté largement", a-t-il martelé, contre toute évidence et en dépit de l'absence de preuves accréditant l'hypothèse de fraudes électorales.

Mais la croisade de Donald Trump donne à cette journée une tonalité particulière.

Si certains poids lourds républicains ont fini par admettre la victoire du démocrate, des dizaines d'autres parlementaires ont promis d'exprimer leurs objections mercredi, et de faire résonner les allégations de fraude au sein même du Capitole.

M. Trump a de nouveau fait pression mardi sur son vice-président Mike Pence, auquel reviendra le rôle protocolaire de déclarer Joe Biden vainqueur. "Le vice-président a le pouvoir de rejeter les grands électeurs choisis de façon frauduleuse", a tweeté le président. A tort.

Mike Pence présidera bien la séance conjointe de la Chambre des représentants et du Sénat qui officialisera le vote de 306 grands électeurs en faveur de Joe Biden contre 232 pour Donald Trump.

Mais, selon la Constitution, son rôle consiste à "ouvrir" les certificats envoyés par chacun des 50 Etats pour transmettre les votes de leurs grands électeurs. Seuls les élus peuvent contester les résultats dans certains Etats.

Trump appelle Pence à ne pas entériner au Congrès la victoire de Biden

Donald Trump a appelé mercredi son vice-président Mike Pence à ne pas entériner la victoire de Joe Biden lors d'une session extraordinaire au Congrès, et a qualifié les élus républicains de "faibles" et "pathétiques".

"Si Mike Pence fait la bonne chose, nous gagnons l'élection", a lancé le président sortant devant une foule de partisans réunis à Washington. "S'il ne le fait pas, ce sera une triste journée pour notre pays", a-t-il ajouté, laissant entendre qu'il doutait de l'attitude de son numéro deux.

Mike Pence doit présider une séance conjointe du Congrès destinée à enregistrer formellement le vote des grands électeurs en faveur de Joe Biden. Son rôle est strictement protocolaire.

Reste que les injonctions présidentielles placent Mike Pence dans une position délicate, après trois ans et onze mois de loyaux services.

Joe Biden, lui, s'est largement gardé de commenter cette pression sans précédent autour d'une journée qui relève d'ordinaire d'une formalité.

Mercredi, il a prévu de faire un discours... sur l'économie.

Le président américain s'exprimera en fin de matinée dans ce qui ressemble à un baroud d'honneur. Ses sympathisants ont convergé en nombre vers Washington, pour dénoncer, comme lui, des fraudes, en dépit de l'absence de la moindre preuve. Katherine Caldwell, 61 ans, venue avec son mari de l'Oregon, à l'autre extrémité des Etats-Unis, arbore fièrement un chapeau sur lequel on peut lire: "Trump est mon président". "Ils ont volé nos élections", martèle-t-elle, jugeant que le parti républicain a fait son temps et qu'il doit céder la place au "parti Trump".Mais les résultats sont là, et ils sont un terrible camouflet pour l'ancien homme d'affaires, qui refuse toujours de reconnaître sa défaite et est de plus en plus critiqué dans son propre camp.En Géorgie, le candidat démocrate Raphael Warnock a battu la sénatrice républicaine Kelly Loeffler et est entré dans l'histoire en devenant le premier sénateur noir élu dans cet Etat du Sud."Ce qui s'est passé hier (mardi) soir est extraordinaire", a déclaré sur CNN ce pasteur de 51 ans d'une église d'Atlanta où officiait Martin Luther King. L'autre démocrate en lice, Jon Ossoff, semblait lui aussi en position de créer la surprise face au sénateur républicain David Perdue.Lors d'une déclaration mercredi matin, il a revendiqué sa victoire: "Géorgie, merci pour la confiance que vous m'avez accordée", a-t-il assuré lors d'une brève déclaration. Les grandes télévisions américaines ne l'ont cependant pas encore désigné comme vainqueur.Si sa victoire se confirme, Jon Ossoff deviendrait, à 33 ans, le plus jeune sénateur démocrate depuis... Joe Biden (en 1973).Les démocrates auraient alors 50 sièges au Sénat, comme les républicains. Mais comme le prévoit la constitution, la future vice-présidente Kamala Harris aurait le pouvoir de départager les votes, et donc de faire pencher la balance du côté démocrate.Les performances démocrates dans ce grand Etat du Sud traditionnellement conservateur représentent un terrible revers pour le Grand Old Party. Et si la double victoire se confirme, les républicains, après avoir perdu la Maison Blanche, verraient la prestigieuse chambre haute leur échapper."Mitch McConnell, chef de la minorité au Sénat", a ironisé Hillary Clinton dans un tweet, évoquant le fait que le puissant "Mitch" était sur le point de perdre le poste prestigieux de chef de la majorité.- Trump, pressions sur Pence -Galvanisés par la victoire de Joe Biden dans l'Etat le 3 novembre, une première depuis 1992, les démocrates ont réussi à mobiliser leurs électeurs, en particulier afro-américains, clés pour toute victoire démocrate.Signe des grands enjeux, les présidents élu et sortant avaient fait lundi le déplacement sur le terrain. Ces élections partielles pourraient être "votre dernière chance de sauver l'Amérique telle que nous l'aimons", avait tonné Donald Trump à Dalton. En vain.Dans un étonnant télescopage, le Congrès se réunira mercredi en début d'après-midi pour enregistrer formellement le vote des grands électeurs en faveur de Joe Biden.L'issue de cette obligation constitutionnelle ne fait aucun doute: Joe Biden deviendra président.Mais la croisade de Donald Trump donne à cette journée une tonalité particulière.Si certains poids lourds républicains ont fini par admettre la victoire du démocrate, des dizaines d'autres parlementaires ont promis d'exprimer leurs objections mercredi, et de faire résonner les allégations de fraude au sein même du Capitole.M. Trump a de nouveau fait pression mardi sur son vice-président Mike Pence, auquel reviendra le rôle protocolaire de déclarer Joe Biden vainqueur. "Le vice-président a le pouvoir de rejeter les grands électeurs choisis de façon frauduleuse", a tweeté le président. A tort.Mike Pence présidera bien la séance conjointe de la Chambre des représentants et du Sénat qui officialisera le vote de 306 grands électeurs en faveur de Joe Biden contre 232 pour Donald Trump.Mais, selon la Constitution, son rôle consiste à "ouvrir" les certificats envoyés par chacun des 50 Etats pour transmettre les votes de leurs grands électeurs. Seuls les élus peuvent contester les résultats dans certains Etats. Reste que les injonctions présidentielles placent Mike Pence dans une position délicate, après trois ans et onze mois de loyaux services.Joe Biden, lui, s'est largement gardé de commenter cette pression sans précédent autour d'une journée qui relève d'ordinaire d'une formalité. Mercredi, il a prévu de faire un discours... sur l'économie.