La force motrice derrière le 11 septembre est le Koweïtien Khalid Cheikh Mohammed. Avec son cousin Ramzi Yousef, Khalid avait déjà joué un rôle important dans l'attentat à la bombe du World Trade Center du 26 février 1993. Bien avant qu'il ne rejoigne Al-Qaida, il s'intéressait déjà à l'utilisation d'avion dans les attaques terroristes. C'est lui qui élabore le plan Bojinka dont l'objectif était d'abattre douze vols commerciaux américains au-dessus du Pacifique.
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La force motrice derrière le 11 septembre est le Koweïtien Khalid Cheikh Mohammed. Avec son cousin Ramzi Yousef, Khalid avait déjà joué un rôle important dans l'attentat à la bombe du World Trade Center du 26 février 1993. Bien avant qu'il ne rejoigne Al-Qaida, il s'intéressait déjà à l'utilisation d'avion dans les attaques terroristes. C'est lui qui élabore le plan Bojinka dont l'objectif était d'abattre douze vols commerciaux américains au-dessus du Pacifique. Il y a aussi le projet de Yousef. Ce dernier souhaitait avec l'aide d'Abdul Hakim, un pilote qualifié, bombarder l'itinéraire suivi par le pape Jean-Paul II lors de sa visite aux Philippines en janvier 1995. Ce même pilote proposera aussi de diriger un avion rempli d'armes chimiques vers le siège de la CIA à Langley, en Virginie. Seulement voilà, pour les dirigeants d'Al-Qaida, un simple détournement d'avion ne fait pas assez de dégâts. Mais ces projets vont faire germer l'idée d'utiliser les avions comme armes de destruction massive. Avec de telles "bombes volantes", même les objectifs les plus extravagants semblent réalisables.Dans la foulée, les plans pour le 11 septembre commencent à prendre forme. En 1999, la liste des cibles est dressée : la Maison Blanche comme symbole du pouvoir politique américain, le Capitole pour faire payer la politique américaine en Israël, le Pentagone comme centre de la puissance militaire et le WTC comme symbole de la puissance économique américaine. Les pirates de l'air sont sélectionnés par les services secrets d'Al-Qaida. Khalid al Mihdhar et Nawaf al-Hamzi sont des djihadistes convaincus, qui ont l'approbation d'Oussama ben Laden. Trois des quatre pilotes sont issus de la cellule terroriste de Hambourg, un groupe de musulmans radicalisés, pour la plupart des étudiants. Le noyau de la cellule de Hambourg est formé par Mohamed Atta, le pirate de l'air le plus âgé, Marwan al Shehhi et Ramzi bin al-Shibh, qui vivent ensemble dans un appartement de la Marienstrasse. Après avoir été formés dans les camps d'Al-Qaida en Afghanistan, ils sont choisis par Ben Laden et l'élite militaire d'Al-Qaida parce qu'ils ne sont pas seulement des pilotes entraînés, mais qu'ils ont aussi de bonnes compétences linguistiques et une connaissance approfondie de la culture occidentale - des éléments clés pour la réussite de l'opération. Ramzi bin al Shibh n'obtiendra cependant pas de visa pour entrer aux États-Unis et sera remplacé - comme quatrième pilote - par Hani Hanjour, originaire d'Arabie Saoudite.Mihdhar et Hazmi sont les premiers à arriver aux États-Unis. S'ils ont été sélectionnés comme potentiels pilotes/chefs d'équipe, ils se révèlent moins performants lors des cours de pilotage à San Diego en janvier 2000. Ils serviront donc à maîtriser l'équipage et les passagers. En 2000 et 2001, treize autres pirates de l'air sont recherchés - douze d'Arabie saoudite et un des Émirats arabes unis. Mohamed Atta, Marwan al-Shehhi et Ziad Jarrah ont commencé à s'entraîner au vol dans le sud de la Floride à la mi-2000. Le quatrième et dernier pilote pirate de l'air, Hani Hanjour, arrive à San Diego en décembre 2000.Al-Qaida a fait l'objet d'étroite surveillance durant les années précédant le 11 septembre. Car même si on ne savait pas grand-chose sur cette organisation terroriste et qu'on ignorait la popularité réelle du djihad salafiste, il était évident que les États-Unis allaient être la cible d'une nouvelle attaque. Al-Qaida avait annoncé dès 1998 qu'elle était en état de guerre avec les États-Unis. Dans une fatwa de 1998, Oussama ben Laden s'exprime clairement lorsqu'il déclare que le meurtre des Américains et de leurs alliés, militaires et civils, est le devoir de tout musulman qui peut le faire dans n'importe quel pays du monde. Cette situation, ainsi que les attentats ou tentatives d'attentats terroristes antérieurs, tels que l'attaque du WTC en 1993, des ambassades américaines en Afrique en 1998 et de l'USS Cole au Yémen en 2000, fait d'Al-Qaida une des priorités des services de renseignement du monde entier. Et pourtant, malgré cela, les futurs pirates de l'air parviennent à rester sous le radar...Les premiers pirates de l'air arrivent aux États-Unis vingt mois avant l'attentat. Lors d'une formation préalable à Karachi sur la manière de briser la résistance dans un avion, il devient évident que les hommes doivent mieux comprendre où se trouvent les points faibles dans les routines de l'équipage de l'avion. Quand le cockpit est-il accessible, quels sièges ont une vue sur les portes de la cabine, quand le commandant de bord quitte-t-il le cockpit pendant le vol, quand et comment les stewards ou hôtesses apportent-ils la nourriture aux pilotes dans le cockpit ? Rétrospectivement, il s'avère que les pirates de l'air ont effectué plusieurs vols tests en tant que passagers pour découvrir les faiblesses du système. Par exemple : comment faire entrer clandestinement des armes dans un avion ? L'un des pirates de l'air de cette mission suicide, Khallad, vole en première classe de Bangkok à Hong Kong avec une compagnie aérienne américaine en janvier 2000. Ce vol lui permet de constater qu'il ne peut pas voir dans le cockpit depuis son siège, mais qu'il est possible d'introduire clandestinement un cutter dans sa trousse de toilette.Les pilotes pirates effectuaient ces vols d'essai sur des vols aussi semblables que possible à ceux qu'ils allaient finalement détourner. Ils voyagent toujours en première classe pour avoir la meilleure vue possible du cockpit. Ils pilotent le même type d'avion. Ils observent l'équipage. Et ils comparent leurs données pour déterminer les routines de ces vols. Mohamed Atta conclut que le cockpit est ouvert pour la première fois quelque dix à quinze minutes après le décollage. C'est à ce moment que doit avoir lieu l'assaut. Certains pirates de l'air vont même plus loin et effectuent des vols d'essai en tant que pilotes, afin de pouvoir s'entraîner dans des conditions presque identiques à celles du 11 septembre. Ainsi, Hani Hanjour et Nawaf al Hazmi - deux des pirates de l'air du vol 77 d'American Airlines, l'avion qui s'est écrasé sur le Pentagone le 11 septembre - ont loué un petit avion pour explorer la route proche de Washington D.C.. Les mêmes ont également effectué chacun un vol d'entraînement dans le Hudson Corridor, une route que les pilotes amateurs peuvent emprunter à basse altitude le long du fleuve Hudson et qui offre une vue splendide sur les tours du WTC... Hanjour et al Hazmi louent eux un petit avion pour explorer les environs du Pentagone. La visibilité des cibles semble être un élément clé. Ainsi, même si Oussama ben Laden aimerait que Mohamed Atta frappe la Maison Blanche - symboliquement le coeur de l'Amérique - pour le pirate de l'air cela semble impossible. Elle est plus petite que les autres cibles, et donc plus difficile à voir depuis les airs. On pense alors au Capitole qui semble être une option plus réalisable.Enfin, il ne faut pas que les pirates de l'air ressemblent-ils à des terroristes. Qu'est-ce qui pourrait les trahir ? C'est un élément qui joue dans la sélection des pilotes et des combattants : ils ne doivent pas ressembler à des "terroristes musulmans typiques". Connaissent-ils suffisamment les coutumes occidentales ? Rasage, vêtements occidentaux... Tout doit paraître naturel pour rendre la couverture crédible. Tout ce savoir accumulé, la sélection des pirates de l'air, leur entraînement et une opération méticuleusement planifiée pendant un an par Al-Qaida aboutissent finalement à quatre vols qui graveront la date du 11 septembre dans l'histoire du monde.Le 16 août 2001, le Marocain Zacarias Moussaoui est arrêté car il viole les règles de son visa. À ce moment-là, on ne sait pas encore avec certitude s'il fait partie d'Al-Qaida. Il avait éveillé la méfiance de l'instructeur du Minnesota qui lui avait donné des leçons de vol et ce dernier avait persuadé son supérieur d'en informer le FBI. Ce n'est qu'au bout d'un mois, après les attentats, qu'il devient clair que Moussaoui est lui aussi impliqué dans le complot. Il devient le "20eme pirate de l'air" et est poursuivi pour complicité dans les attentats du 11 septembre 2001. Ses affirmations selon lesquelles Al-Qaida aurait reçu de l'argent de la famille royale saoudienne peu avant les attentats du 11 septembre ont suscité un émoi international. Moussaoui a également affirmé qu'il avait planifié avec un diplomate saoudien un attentat contre Air Force One, l'avion du président américain. Des années plus tard, en 2006, Oussama ben Laden a déclaré dans un message audio que Moussaoui n'était pas impliqué dans les attentats.