Curieuse mise en abyme : un film, Australia, qui, en 1989, ressuscitait une époque révolue avec un soin maniaque du détail - 1955 et la prise de conscience de la fin inéluctable de l'industrie lainière verviétoise - est l'objet, trente ans plus tard, de la même interrogation lancinante, qui se décline sous la forme de conférences, expositions, projections et découverte des lieux de tournage (1). Qu'est-ce qui, dans la vie des êtres, des familles, des entreprises ou des territoires, fait que l'un ou l'autre décroche, tandis qu'une partie du même corps social se projette dans le futur et d'autres espaces : déracinement, déclin, déni ? Le réalisateur verviétois d' Australia, Jean-Jacques Andrien, a toujours manifesté le plus grand intérêt pour la migration, en tant que réalisateur ( Le Fils d'Amr est mort) ou producteur ( Quand les hommes pleurent, L'Enfant endormi). La question de la transmission, quand on passe d'une rive à l'autre, hante particulièrement sa filmographie paysanne ( Le Grand paysage d'Alexis Droeven).
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