Stig Engström, un opposant aux idées de gauche d'Olof Palme et identifié comme le principal suspect de cette enquête hors norme, est mort en 2000.

"Puisque la personne est décédée, je ne peux pas engager des poursuites, ni l'interroger. C'est pourquoi, j'ai décidé de clore cette enquête", a déclaré le procureur en charge de l'affaire Krister Petersson, lors d'une conférence de presse en visioconférence.

Dirigeant social-démocrate charismatique, Olof Palme a été abattu sur un trottoir gelé du centre de Stockholm le 28 février 1986, à l'âge de 59 ans, alors qu'il rentrait à pied du cinéma avec sa femme, sans gardes du corps. Son meurtrier avait réussi à prendre la fuite, emportant avec lui l'arme du crime, qui n'a jamais été retrouvée.

Interrogé par la radio suédoise, l'un des fils d'Olof Palme, Mårten, a estimé mercredi qu'"Engström (était) coupable". "Compte tenu de la situation actuelle, je pense qu'il est raisonnable de clore l'enquête", a-t-il poursuivi.

L'actuel Premier ministre suédois, Stefan Löfven, a lui dit espérer que "la plaie (ouverte par le meurtre) puisse désormais cicatriser". "Que le Premier ministre d'un pays soit assassiné est un traumatisme national", a-t-il affirmé à la presse.

- "L'homme de Skandia" -

Krister Petersson a reconnu à l'AFP que "seul un tribunal peut déterminer la culpabilité" mais s'est dit "convaincu qu'il y a des preuves de soupçons raisonnables" à l'égard du suspect. Toutefois, dit-il, il n'aurait pas inculpé Engström sur la base des éléments présentés mercredi. "Cela n'aurait pas suffi pour engager des poursuites", a-t-il déclaré au quotidien Dagens Nyheter.

Le nom de Stig Engström, également connu comme "l'homme de Skandia", du nom de l'entreprise pour laquelle il travaillait à l'époque, est régulièrement apparu dans la presse en tant que suspect.

Arrivé parmi les premiers sur les lieux du crime, selon ses dires, il s'était présenté comme témoin aussi bien auprès de la police que des médias mais les autorités jugeaient ses déclarations peu fiables car éminemment changeantes. Il avait 52 ans au moment des faits.

"Il n'y a rien parmi les déclarations des témoins qui soutiennent les dires d'Engström", a dit à l'AFP Hans Melander, responsable de l'enquête auprès de la police.

Mercredi, le parquet est revenu sur les témoignages accréditant l'idée que Stig Engström ait pu commettre le crime.

Certains ont parlé d'une personne en fuite, portant un manteau "sombre" et une casquette, une description correspondant à celle d'Engström le soir de l'assassinat, a expliqué le procureur. Mais aucun témoin "ne l'a identifié comme étant présent sur la scène du crime", selon le parquet.

Stig Engström, décrit par le procureur comme un homme "fragile", gravitait dans les "cercles critiques de la politique de Palme" et avait également accès à des armes.

Il aurait vraisemblablement agi seul selon le parquet, qui n'exclut pas "complètement" l'hypothèse d'un complot.

- Manque de sérieux -

Homonyme du magistrat en charge du dossier, un autre homme, Christer Pettersson, identifié par la femme d'Olof Palme, avait été déclaré coupable de l'assassinat en juillet 1989 avant d'être relaxé en appel quelques mois plus tard, pour insuffisance de preuves.

Son témoignage avait aussi été fragilisé par les conditions, entachées d'irrégularités, dans lesquelles il avait été recueilli. Il est mort en 2004.

Lisbeth Palme, la veuve du Premier ministre qui l'avait formellement reconnu, est elle décédée en 2018.

Au fil des années, ont été également soupçonnés, entre autres, le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK, séparatistes kurdes turcs), l'armée et la police suédoises ou les services secrets sud-africains - Olof Palme était très critique à l'égard de la politique d'apartheid du pays.

Grand orateur, il avait pris position contre la guerre du Vietnam et l'énergie nucléaire. Il avait également soutenu les gouvernements communistes à Cuba et sandiniste au Nicaragua.

HASSE PERSSON
© HASSE PERSSON

Durant l'enquête, la police avait été vivement critiquée pour son manque de sérieux et les pistes hasardeuses qu'elle avait empruntées.

Le soir du drame, elle n'avait pas correctement bouclé la scène du crime, détruisant ainsi de potentielles preuves, une bévue qui hante encore les enquêteurs aujourd'hui.

L'enquête pourrait être rouverte si de nouveaux éléments apparaissaient.

Stig Engström, un opposant aux idées de gauche d'Olof Palme et identifié comme le principal suspect de cette enquête hors norme, est mort en 2000."Puisque la personne est décédée, je ne peux pas engager des poursuites, ni l'interroger. C'est pourquoi, j'ai décidé de clore cette enquête", a déclaré le procureur en charge de l'affaire Krister Petersson, lors d'une conférence de presse en visioconférence.Dirigeant social-démocrate charismatique, Olof Palme a été abattu sur un trottoir gelé du centre de Stockholm le 28 février 1986, à l'âge de 59 ans, alors qu'il rentrait à pied du cinéma avec sa femme, sans gardes du corps. Son meurtrier avait réussi à prendre la fuite, emportant avec lui l'arme du crime, qui n'a jamais été retrouvée. Interrogé par la radio suédoise, l'un des fils d'Olof Palme, Mårten, a estimé mercredi qu'"Engström (était) coupable". "Compte tenu de la situation actuelle, je pense qu'il est raisonnable de clore l'enquête", a-t-il poursuivi.L'actuel Premier ministre suédois, Stefan Löfven, a lui dit espérer que "la plaie (ouverte par le meurtre) puisse désormais cicatriser". "Que le Premier ministre d'un pays soit assassiné est un traumatisme national", a-t-il affirmé à la presse.- "L'homme de Skandia" -Krister Petersson a reconnu à l'AFP que "seul un tribunal peut déterminer la culpabilité" mais s'est dit "convaincu qu'il y a des preuves de soupçons raisonnables" à l'égard du suspect. Toutefois, dit-il, il n'aurait pas inculpé Engström sur la base des éléments présentés mercredi. "Cela n'aurait pas suffi pour engager des poursuites", a-t-il déclaré au quotidien Dagens Nyheter.Le nom de Stig Engström, également connu comme "l'homme de Skandia", du nom de l'entreprise pour laquelle il travaillait à l'époque, est régulièrement apparu dans la presse en tant que suspect. Arrivé parmi les premiers sur les lieux du crime, selon ses dires, il s'était présenté comme témoin aussi bien auprès de la police que des médias mais les autorités jugeaient ses déclarations peu fiables car éminemment changeantes. Il avait 52 ans au moment des faits."Il n'y a rien parmi les déclarations des témoins qui soutiennent les dires d'Engström", a dit à l'AFP Hans Melander, responsable de l'enquête auprès de la police.Mercredi, le parquet est revenu sur les témoignages accréditant l'idée que Stig Engström ait pu commettre le crime.Certains ont parlé d'une personne en fuite, portant un manteau "sombre" et une casquette, une description correspondant à celle d'Engström le soir de l'assassinat, a expliqué le procureur. Mais aucun témoin "ne l'a identifié comme étant présent sur la scène du crime", selon le parquet.Stig Engström, décrit par le procureur comme un homme "fragile", gravitait dans les "cercles critiques de la politique de Palme" et avait également accès à des armes. Il aurait vraisemblablement agi seul selon le parquet, qui n'exclut pas "complètement" l'hypothèse d'un complot.- Manque de sérieux -Homonyme du magistrat en charge du dossier, un autre homme, Christer Pettersson, identifié par la femme d'Olof Palme, avait été déclaré coupable de l'assassinat en juillet 1989 avant d'être relaxé en appel quelques mois plus tard, pour insuffisance de preuves. Son témoignage avait aussi été fragilisé par les conditions, entachées d'irrégularités, dans lesquelles il avait été recueilli. Il est mort en 2004.Lisbeth Palme, la veuve du Premier ministre qui l'avait formellement reconnu, est elle décédée en 2018.Au fil des années, ont été également soupçonnés, entre autres, le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK, séparatistes kurdes turcs), l'armée et la police suédoises ou les services secrets sud-africains - Olof Palme était très critique à l'égard de la politique d'apartheid du pays.Grand orateur, il avait pris position contre la guerre du Vietnam et l'énergie nucléaire. Il avait également soutenu les gouvernements communistes à Cuba et sandiniste au Nicaragua. Durant l'enquête, la police avait été vivement critiquée pour son manque de sérieux et les pistes hasardeuses qu'elle avait empruntées.Le soir du drame, elle n'avait pas correctement bouclé la scène du crime, détruisant ainsi de potentielles preuves, une bévue qui hante encore les enquêteurs aujourd'hui. L'enquête pourrait être rouverte si de nouveaux éléments apparaissaient.