Le Vietnam, c'est d'abord l'affaire... des Vietnamiens ! En 1954, au terme de la (première) guerre d'Indochine, le Vietnam recouvre l'indépendance. Un nouvel Etat ? Non, deux ! Le Nord est contrôlé par des communistes, tandis que le Sud est aux mains de pro-Occidentaux. Entre les deux camps, la tension est palpable. Surtout à partir du moment où le dictateur Ngô Dinh Diêm prend le pouvoir au sud. Dans la foulée, une insurrection éclate. Avec le soutien du Nord, des communistes - les Viêt-Công...

Le Vietnam, c'est d'abord l'affaire... des Vietnamiens ! En 1954, au terme de la (première) guerre d'Indochine, le Vietnam recouvre l'indépendance. Un nouvel Etat ? Non, deux ! Le Nord est contrôlé par des communistes, tandis que le Sud est aux mains de pro-Occidentaux. Entre les deux camps, la tension est palpable. Surtout à partir du moment où le dictateur Ngô Dinh Diêm prend le pouvoir au sud. Dans la foulée, une insurrection éclate. Avec le soutien du Nord, des communistes - les Viêt-Công - tentent de renverser le régime. L'affaire, cette fois, n'est plus seulement celle des Vietnamiens ; les yeux du monde entier sont à présent tournés vers la région. L'Occident a peur : il faut dire que le Sud-Vietnam est pratiquement son dernier bastion asiatique. Inévitablement, les Etats-Unis viennent à s'en mêler. En 1961, le président Kennedy envoie des troupes légères dans la région. Mais la situation demeure trouble. Au sud, les crises de régime se succèdent, tandis que la menace des Công ne faiblit pas. Le nouveau locataire de la Maison-Blanche, Lyndon Johnson, aimerait renforcer l'effort de guerre de son pays. Mais le Congrès se montre hésitant. Comment le convaincre ? En trouvant le bon argument ! Quitte à l'inventer... Du 2 au 4 août 1964, deux destroyers américains sont la cible de tirs nord- vietnamiens. Vraiment ? La présence de navires ennemis semble avoir été perçue en pleine mer. Mais ne s'agirait-il pas plutôt d'effets liés aux dysfonctionnements du sonar des bateaux américains ? Des doutes circulent. La thèse d'une offensive ennemie finit même par tomber à l'eau. Il faudra cependant attendre 2005 pour que la NSA, l'agence nationale de sécurité américaine, admette qu'il n'y eut guère d'attaque nord-vietnamienne ces jours-là dans le Golfe du Tonkin. Mais retournons en août 1964. A Washington, les rapports contradictoires arrivent. L'hypothèse d'une attaque est trop belle, les doutes sont balayés. Tandis que la " vérité " est proclamée, on sort des tiroirs le texte d'une résolution - préparée de longue date ! - à soumettre au Congrès. Celui-ci est à présent enthousiaste : le 7 août, pratiquement à l'unanimité, il octroie les plein pouvoirs militaires à Johnson. En novembre, le président est largement réélu. Le 7 février 1965, il ordonne les bombardements. En prenant cette décision, il donne à la guerre du Vietnam une autre dimension. Il prépare aussi l'un des échecs les plus cuisants que les Etats-Unis connaîtront durant la guerre froide.