En 1930, Gandhi n'est déjà plus n'importe qui. Après avoir étudié en Grande-Bretagne, c'est en Afrique du Sud qu'il fait ses gammes de militant. Il y dénonce les injustices dont sont victimes ceux qui ne sont ni coloniaux ni Boers - notamment les nombreux Indiens établis dans ce pays. Déjà, il se distingue par sa méthode : celle de la non-violence. Quand une loi interdit le droit de vote aux Indiens, il lance une pétition. Lorsqu'on impose aux Asiatiques un contrôle accru de leurs activités, il en appelle à la désobéissance civique. Régulièrement, Gandhi tâte de l...

En 1930, Gandhi n'est déjà plus n'importe qui. Après avoir étudié en Grande-Bretagne, c'est en Afrique du Sud qu'il fait ses gammes de militant. Il y dénonce les injustices dont sont victimes ceux qui ne sont ni coloniaux ni Boers - notamment les nombreux Indiens établis dans ce pays. Déjà, il se distingue par sa méthode : celle de la non-violence. Quand une loi interdit le droit de vote aux Indiens, il lance une pétition. Lorsqu'on impose aux Asiatiques un contrôle accru de leurs activités, il en appelle à la désobéissance civique. Régulièrement, Gandhi tâte de la prison. Mais il obtient aussi ses premières victoires. En 1914, plusieurs lois raciales sont abrogées. Gandhi quitte alors l'Afrique pour retrouver son pays natal. A l'époque, la colonie indienne est largement exploitée par la métropole britannique. Gandhi prend le parti des agriculteurs, contraints de ne travailler qu'au bénéfice des Anglais. Il soutient aussi les ouvriers du textile, auxquels il se joint en jeûnant. Dirigé contre les élites, son combat se mue inévitablement en lutte pour l'autonomie. Gandhi apporte un nouveau souffle au mouvement nationaliste indien. Au lendemain de la Première Guerre mondiale, il encourage ses compatriotes à manifester pacifiquement contre les autorités politiques. Mais des dérapages se produisent. Des corps tombent. Gandhi confesse que tous ses compatriotes ne sont pas mûrs pour la maîtrise de soi qu'implique la non-violence... L'homme monte en puissance. Son charisme lui permet d'obtenir des responsabilités politiques. Dans le même temps, il prend le contrôle de grands journaux. Non violent, peut-être ; mou, certainement pas ! Gandhi qualifie le gouvernement britannique de " satanique ", appelle ses compatriotes à boycotter les biens étrangers, à refuser les us et coutumes occidentaux... Mais l'autonomie tant espérée ne vient pas. C'est la traversée du désert : qualifié d'autocrate ou de naïf, Gandhi cristallise les tensions. Il change alors de stratégie. Pendant une petite décennie, il prend du recul. Fuit les postes officiels. Polit son image d'homme sage. Et prépare son retour. En 1930, il sort de son silence. Cette fois, il ne réclame plus l'indépendance ; il se battra... pour le sel ! Une plaisanterie ? Absolument pas ! Gandhi exige la fin du monopole d'Etat sur l'or blanc. Pour ce faire, il imagine une marche de 350 kilomètres. Le 12 mars, minutieusement sélectionnés, les participants s'élancent. A coup de communiqués de presse, l'événement est mis en scène. A chaque étape, un travail de sensibilisation est effectué dans les villages. Après 24 jours, c'est l'arrivée sur la plage de Dandi. Devant des journalistes du monde entier, Gandhi viole la loi en brandissant une poignée de sel. Le 4 mai, il est arrêté. Mais il a rendu aux Indiens leur dignité. En 1947, ils obtiendront aussi l'indépendance.