Les élections municipales en France ont été marquées dimanche par une vague écologiste dans plusieurs grandes villes, où le parti présidentiel a enregistré de nombreuses défaites.

Le 15 mars dernier, lors d'un premier tour controversé en pleine pandémie de coronavirus, les Verts avaient déjà fait un bon score. La crise semble avoir conforté les électeurs dans leur choix.

"La grille de lecture de l'épidémie s'est faite autour de l'écologie, avec les questionnements autour de nos modes de vie et de consommation qui mettent à trop rudes épreuves nos écosystèmes", décrypte dans le journal Le Monde, Jérôme Fourquet, directeur du département opinion de l'IFOP et coauteur du livre "En immersion : enquête sur une société confinée". Il ajoute : "Le confinement a été un accélérateur. Les gens demandent du localisme, une baisse de la consommation frénétique. Cette période a renforcé les thèmes d' Europe Écologie Les Verts (EELV)."

Toutes ces grandes villes vont donc adopter une politique verte qui pourrait donner l'exemple pour la politique nationale. Car si le niveau de pouvoir municipal n'est qu'un rouage du changement, il est sans doute celui qui a le plus d'impact concret sur la vie des gens. Surtout dans les grandes villes où la population subit la pollution, les embouteillages et le manque d'espaces verts. Des écueils exacerbés ou qui ont complètement disparu (comme la pollution) durant le confinement. Ce sont précisément sur ces points de l'Europe Écologie Le Vert veut agir au niveau local.

Au-delà des grandes villes, les Verts ont également empoché des victoires dans les zones rurales et dans les quartiers populaires.

"Ce qui a gagné, c'est la volonté d'une écologie concrète, en action, qui propose des solutions sur les déplacements, le logement, l'alimentation", s'est réjoui Yannick Jadot, député européen et figure du mouvement écologiste français. "L'enjeu aujourd'hui n'est pas de savoir qui des Verts ou des socialistes ont gagné. On a prouvé que rassemblés, on est capable de lever un espoir", a souligné Pierre Jouvet, porte-parole du PS.

Cette recomposition de la gauche derrière les écologistes intervient alors que le parti d'Emmanuel Macron, qui a bâti sa victoire au centre, est perçu par une partie de l'opinion comme menant une politique de droite.

Gregory Doucet, maire élu à Lyon., Belga
Gregory Doucet, maire élu à Lyon. © Belga

Macron promet des "réponses fortes"

Après une défaite écrasante de son parti, ce lundi le président Emmanuel Macron entend apporter des "réponses fortes" sur le terrain de l'écologie, "à la hauteur des enjeux et des attentes".

Il reçoit aujourd'hui les membres de la Convention citoyenne pour le climat (CCC), 150 citoyens qui avaient été tirés au sort pour faire des propositions destinées à répondre à l'urgence climatique.

Cette initiative, prise l'année dernière, visait à répondre à la contestation entendue pendant la "crise des gilets jaunes". Les manifestants réclamaient notamment davantage de démocratie directe. Six de ces citoyens présenteront les conclusions de leurs travaux au chef de l'État.

Après la crise du coronavirus, ce dernier a affirmé sa volonté de se "réinventer". Il a notamment appelé de ses voeux le développement d'une "économie forte, écologique, souveraine et solidaire" pour sortir de la récession dans laquelle la crise née de l'épidémie de coronavirus a plongé le pays.

Que retiendra-t-il des 149 propositions que vont lui faire les membres de la CCC?

Parmi les plus remarquées: la limitation de la vitesse sur les autoroutes à 110 km/h au lieu de 130km/h actuellement, une mesure risquée sur le plan de la popularité.

Limitation drastique de la publicité, rénovation thermique globale et obligatoire des bâtiments, réduction de la place de la voiture individuelle, taxation de l'alimentation ultra-transformée, interdiction des semences OGM ou des terrasses chauffées: les citoyens ont traité nombre de sujets clivants, à l'exception notable de la taxe carbone.

Cette séquence lancera en tout cas la dernière ligne droite du quinquennat d'Emmanuel Macron qui doit s'achever en avril 2022. Concernant l'écologie, la première partie du mandat a surtout été marquée par le départ fracassant en 2018 du gouvernement du ministre Nicolas Hulot, une figure de l'engagement pour l'environnement en France, qui estimait que l'écologie n'était pas une priorité du gouvernement.

Après ces municipales, un remaniement gouvernemental est à l'étude, là aussi avec beaucoup de questions, notamment sur l'opportunité ou non de changer de Premier ministre après la nette réélection d'Édouard Philippe dans la ville portuaire du Havre (ouest).

Edouard Philippe., Belga
Edouard Philippe. © Belga
Les élections municipales en France ont été marquées dimanche par une vague écologiste dans plusieurs grandes villes, où le parti présidentiel a enregistré de nombreuses défaites.Le 15 mars dernier, lors d'un premier tour controversé en pleine pandémie de coronavirus, les Verts avaient déjà fait un bon score. La crise semble avoir conforté les électeurs dans leur choix. "La grille de lecture de l'épidémie s'est faite autour de l'écologie, avec les questionnements autour de nos modes de vie et de consommation qui mettent à trop rudes épreuves nos écosystèmes", décrypte dans le journal Le Monde, Jérôme Fourquet, directeur du département opinion de l'IFOP et coauteur du livre "En immersion : enquête sur une société confinée". Il ajoute : "Le confinement a été un accélérateur. Les gens demandent du localisme, une baisse de la consommation frénétique. Cette période a renforcé les thèmes d' Europe Écologie Les Verts (EELV)."Toutes ces grandes villes vont donc adopter une politique verte qui pourrait donner l'exemple pour la politique nationale. Car si le niveau de pouvoir municipal n'est qu'un rouage du changement, il est sans doute celui qui a le plus d'impact concret sur la vie des gens. Surtout dans les grandes villes où la population subit la pollution, les embouteillages et le manque d'espaces verts. Des écueils exacerbés ou qui ont complètement disparu (comme la pollution) durant le confinement. Ce sont précisément sur ces points de l'Europe Écologie Le Vert veut agir au niveau local. Au-delà des grandes villes, les Verts ont également empoché des victoires dans les zones rurales et dans les quartiers populaires."Ce qui a gagné, c'est la volonté d'une écologie concrète, en action, qui propose des solutions sur les déplacements, le logement, l'alimentation", s'est réjoui Yannick Jadot, député européen et figure du mouvement écologiste français. "L'enjeu aujourd'hui n'est pas de savoir qui des Verts ou des socialistes ont gagné. On a prouvé que rassemblés, on est capable de lever un espoir", a souligné Pierre Jouvet, porte-parole du PS.Cette recomposition de la gauche derrière les écologistes intervient alors que le parti d'Emmanuel Macron, qui a bâti sa victoire au centre, est perçu par une partie de l'opinion comme menant une politique de droite.Macron promet des "réponses fortes"Après une défaite écrasante de son parti, ce lundi le président Emmanuel Macron entend apporter des "réponses fortes" sur le terrain de l'écologie, "à la hauteur des enjeux et des attentes". Il reçoit aujourd'hui les membres de la Convention citoyenne pour le climat (CCC), 150 citoyens qui avaient été tirés au sort pour faire des propositions destinées à répondre à l'urgence climatique. Cette initiative, prise l'année dernière, visait à répondre à la contestation entendue pendant la "crise des gilets jaunes". Les manifestants réclamaient notamment davantage de démocratie directe. Six de ces citoyens présenteront les conclusions de leurs travaux au chef de l'État.Après la crise du coronavirus, ce dernier a affirmé sa volonté de se "réinventer". Il a notamment appelé de ses voeux le développement d'une "économie forte, écologique, souveraine et solidaire" pour sortir de la récession dans laquelle la crise née de l'épidémie de coronavirus a plongé le pays. Que retiendra-t-il des 149 propositions que vont lui faire les membres de la CCC? Parmi les plus remarquées: la limitation de la vitesse sur les autoroutes à 110 km/h au lieu de 130km/h actuellement, une mesure risquée sur le plan de la popularité. Limitation drastique de la publicité, rénovation thermique globale et obligatoire des bâtiments, réduction de la place de la voiture individuelle, taxation de l'alimentation ultra-transformée, interdiction des semences OGM ou des terrasses chauffées: les citoyens ont traité nombre de sujets clivants, à l'exception notable de la taxe carbone.Cette séquence lancera en tout cas la dernière ligne droite du quinquennat d'Emmanuel Macron qui doit s'achever en avril 2022. Concernant l'écologie, la première partie du mandat a surtout été marquée par le départ fracassant en 2018 du gouvernement du ministre Nicolas Hulot, une figure de l'engagement pour l'environnement en France, qui estimait que l'écologie n'était pas une priorité du gouvernement.Après ces municipales, un remaniement gouvernemental est à l'étude, là aussi avec beaucoup de questions, notamment sur l'opportunité ou non de changer de Premier ministre après la nette réélection d'Édouard Philippe dans la ville portuaire du Havre (ouest).