Une sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne sans filet de sécurité, le 29 mars, serait "une situation désastreuse", avec des échanges commerciaux régis par les règles de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) et ainsi réduits à leurs "termes les plus basiques avec nos partenaires les plus proches", a déclaré le ministre des Entreprises, Greg Clark, sur la BBC.

Ces propos contredisent la position officielle du gouvernement conservateur de Theresa May, qui n'exclut pas un Brexit brutal en cas de rejet, très probable, de l'accord de divorce négocié pendant de longs mois avec Bruxelles.

Ils sont également un signe supplémentaire des divisions sur le Brexit, qui ont conduit l'exécutif à essuyer deux défaites cuisantes à la chambre des Communes cette semaine, mauvais présage pour le vote sur l'accord de divorce prévu mardi, qui mécontente tant les Brexiters que les europhiles.

Greg Clark © REUTERS

Les règles de l'OMC fixent notamment des droits de douane pour la circulation des marchandises. Une rupture brutale des liens avec le bloc européen est particulièrement redoutée par les milieux économiques et plongerait le Royaume-Uni dans la crise, selon la Banque d'Angleterre, avec un effondrement de la livre et une montée en flèche du chômage.

Selon la BBC, le constructeur automobile Jaguar Land Rover va supprimer jusqu'à 5.000 emplois au Royaume-Uni, soit plus de 10% de ses effectifs, affecté notamment par une chute des ventes en Chine et les incertitudes du Brexit.

Face à ces divisions, Greg Clark a appelé à l'unité. "Je suis persuadé que nous devons nous rassembler. Nous devons agir pour éviter un no deal parce que, selon moi, on est très loin d'une majorité au Parlement qui tolérera cela".