Les dirigeants, sous la houlette du président du Conseil européen Charles Michel, débuteront leurs discussions tous ensemble à 10h00, mais le Conseil sera ponctué de nombreuses bilatérales. Impossible de prédire si et à quel moment les acteurs seront capables d'annoncer une conférence de presse concluant le sommet avec un accord.

Il faut dire que les deux gros dossiers sur la table sont loin de créer l'unanimité, la tâche est ardue. Il s'agit de deux gros "paquets" financiers: l'un est le budget de l'UE pour les sept années à venir (2021-2027), l'autre est l'instrument de relance qu'a proposé récemment la Commission pour relever le continent de la pandémie et de son marasme économique, et qui est destiné à fournir des fonds aux Etats les plus touchés, surtout dans les premières années.

La Commission s'était inspirée pour sa proposition d'une initiative franco-allemande dévoilée en mai, qui semblait marquer un tournant dans l'attitude de Berlin puisqu'elle brisait le tabou d'un endettement commun. Le paquet "relance" de 750 milliards d'euros serait en effet financé par un emprunt de la Commission européenne sur les marchés de capitaux, un emprunt garanti par les Etats membres qui s'endetteraient donc ensemble. L'ampleur du budget à long terme (Charles Michel propose 1.074 milliards) et de l'instrument de relance, mais également la manière dont les fonds de ce dernier seront alloués aux Etats, sous quelles conditions (en échange de réformes?) et sous quelle forme (surtout des subventions? Ou davantage de prêts, à rembourser par l'Etat bénéficiaire?), sont autant de questions qui divisent.

Et il faut absolument un compromis au Conseil pour que ces dossiers avancent.

Les points de vue sont connus, entre autres à la suite de l'échec du sommet de février dernier où les 27 n'étaient pas parvenus à s'accorder sur le budget à long terme. Entre-temps, la pandémie et la crise économique qu'elle a entrainée sont venus ajouter un dossier, tout aussi difficile, sur la table.

On pointe volontiers le doigt ces derniers mois vers un petit groupe d'Etats qu'on surnomme les "frugaux" ou les "pingres", dont le Premier ministre néerlandais Mark Rutte est devenu un des porte-paroles officieux. Il s'agit des Pays-Bas, de l'Autriche, de la Suède et du Danemark. Des pays qui bénéficient actuellement de rabais sur leur contribution au budget européen, qui rechignent à délier davantage les cordons de la bourse, qui préfèrent que l'on "prête" aux pays du Sud plutôt qu'on leur "donne", et aimeraient qu'on impose en échange aux pays bénéficiaires des réformes économiques substantielles.

Sans surprise, on trouve les pays du "sud" dans l'autre camp, des pays lourdement impactés par la crise du coronavirus et qui ont déjà des dettes publiques conséquentes. Le spectre de la Grèce et des réformes controversées imposées par la "troïka" après la crise de sa dette publique reste en mémoire.

Quant aux autres pays plus centraux, et de l'est, ils ont chacun leurs priorités à défendre, entre autres les fonds européens dont ils bénéficient habituellement sous les politiques historiques de cohésion (fonds Feder, Fonds social européen, etc.) et agricole (PAC). Or, la grosseur de ces enveloppes dépend bien sûr de l'ampleur du budget global.

Pour pimenter le tout, les Etats savent déjà qu'ils devront compenser le départ du Royaume-Uni, qui était un gros contributeur net au budget et dont l'apport s'arrête fin 2020.

Les dirigeants, sous la houlette du président du Conseil européen Charles Michel, débuteront leurs discussions tous ensemble à 10h00, mais le Conseil sera ponctué de nombreuses bilatérales. Impossible de prédire si et à quel moment les acteurs seront capables d'annoncer une conférence de presse concluant le sommet avec un accord. Il faut dire que les deux gros dossiers sur la table sont loin de créer l'unanimité, la tâche est ardue. Il s'agit de deux gros "paquets" financiers: l'un est le budget de l'UE pour les sept années à venir (2021-2027), l'autre est l'instrument de relance qu'a proposé récemment la Commission pour relever le continent de la pandémie et de son marasme économique, et qui est destiné à fournir des fonds aux Etats les plus touchés, surtout dans les premières années. La Commission s'était inspirée pour sa proposition d'une initiative franco-allemande dévoilée en mai, qui semblait marquer un tournant dans l'attitude de Berlin puisqu'elle brisait le tabou d'un endettement commun. Le paquet "relance" de 750 milliards d'euros serait en effet financé par un emprunt de la Commission européenne sur les marchés de capitaux, un emprunt garanti par les Etats membres qui s'endetteraient donc ensemble. L'ampleur du budget à long terme (Charles Michel propose 1.074 milliards) et de l'instrument de relance, mais également la manière dont les fonds de ce dernier seront alloués aux Etats, sous quelles conditions (en échange de réformes?) et sous quelle forme (surtout des subventions? Ou davantage de prêts, à rembourser par l'Etat bénéficiaire?), sont autant de questions qui divisent.Et il faut absolument un compromis au Conseil pour que ces dossiers avancent.Les points de vue sont connus, entre autres à la suite de l'échec du sommet de février dernier où les 27 n'étaient pas parvenus à s'accorder sur le budget à long terme. Entre-temps, la pandémie et la crise économique qu'elle a entrainée sont venus ajouter un dossier, tout aussi difficile, sur la table. On pointe volontiers le doigt ces derniers mois vers un petit groupe d'Etats qu'on surnomme les "frugaux" ou les "pingres", dont le Premier ministre néerlandais Mark Rutte est devenu un des porte-paroles officieux. Il s'agit des Pays-Bas, de l'Autriche, de la Suède et du Danemark. Des pays qui bénéficient actuellement de rabais sur leur contribution au budget européen, qui rechignent à délier davantage les cordons de la bourse, qui préfèrent que l'on "prête" aux pays du Sud plutôt qu'on leur "donne", et aimeraient qu'on impose en échange aux pays bénéficiaires des réformes économiques substantielles. Sans surprise, on trouve les pays du "sud" dans l'autre camp, des pays lourdement impactés par la crise du coronavirus et qui ont déjà des dettes publiques conséquentes. Le spectre de la Grèce et des réformes controversées imposées par la "troïka" après la crise de sa dette publique reste en mémoire. Quant aux autres pays plus centraux, et de l'est, ils ont chacun leurs priorités à défendre, entre autres les fonds européens dont ils bénéficient habituellement sous les politiques historiques de cohésion (fonds Feder, Fonds social européen, etc.) et agricole (PAC). Or, la grosseur de ces enveloppes dépend bien sûr de l'ampleur du budget global.Pour pimenter le tout, les Etats savent déjà qu'ils devront compenser le départ du Royaume-Uni, qui était un gros contributeur net au budget et dont l'apport s'arrête fin 2020.