"La réunion s'est achevée sous les applaudissements des ministres", a annoncé sur Twitter le porte-parole du président de l'Eurogroupe aux alentours de 22H00 (20H00 GMT). Le ministre français des Finances, Bruno Le Maire, a lui salué un "excellent accord", incluant "500 milliards d'euros disponibles immédiatement" et "un fonds de relance à venir".

Une étape importante

Ce consensus constitue un soulagement pour les Européens qui parviennent à afficher une unité face aux conséquences économiques désastreuses du virus, après des semaines d'atermoiements mettant en évidence une fracture béante entre les pays du Nord et ceux du Sud. Face à la pandémie, la réponse européenne doit s'orienter sur trois axes principaux : jusqu'à 240 milliards d'euros de prêts du fonds de secours de la zone euro, un fonds de garantie de 200 milliards d'euros pour les entreprises et jusqu'à 100 milliards pour soutenir le chômage partiel.

"Il était absolument nécessaire d'envoyer aujourd'hui, aux familles et entreprises, un signal clair de solidarité européenne", a déclaré le ministre belge Alexander De Croo. "L'Europe est également à leurs côtés. C'est une première étape importante pour répondre aux besoins les plus urgents rapidement."

Coronabonds

La brûlante question des "coronabonds", destinés à soutenir l'économie à plus long terme après la crise, considérée comme moins urgente, n'a pas été tranchée jeudi. Les chefs d'Etat et de gouvernement, qui n'étaient eux-mêmes pas parvenus à s'entendre lors d'un sommet le 26 mars, devront encore valider ces propositions.

Une réponse unitaire était d'autant plus indispensable que l'économie européenne se dirige en 2020 vers une profonde récession, le Fonds monétaire international estimant même que le coronavirus pourrait engendrer au niveau mondial "les pires conséquences économiques depuis la Grande Dépression" de 1929.

Les contacts bilatéraux s'étaient multiplié depuis deux jours, avec la "volonté d'aboutir à un compromis avant la réunion" par visioconférence, initialement programmée à 17H00 (15H00 GMT), mais qui n'a débuté qu'à 21H30 (19H30). Mercredi matin, après seize heures d'échanges stériles, La Haye avait été unanimement critiquée pour son inflexibilité, un blocage qualifié de "contreproductif" et "incompréhensible" par la présidence française.

Fonds de relance

Les Etats membres reprochaient aux Pays-Bas --soutenus, selon une source européenne, par l'Autriche, la Suède et le Danemark-- de bloquer l'activation du Mécanisme européen de stabilité (MES) en conditionnant strictement les prêts que pourrait octroyer ce fonds de secours de la zone euro à des réformes économiques. Une telle "conditionnalité", qui renverrait à l'époque où la Grèce a été contrainte de mettre en oeuvre des réformes parfois douloureuses en échange d'argent frais, aurait été vécue comme une humiliation par Rome et Madrid, les deux pays européens pour l'instant les plus touchés par l'épidémie.

Créé en 2012 lors de la crise de la dette et financé par les Etats membres, le MES pourrait prêter aux Etats jusqu'à 2% de leur PIB, soit jusqu'à 240 milliards d'euros pour l'ensemble de la zone euro. L'ancien président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, s'est invité jeudi dans le débat, jugeant "irresponsable" l'attitude des Pays-Bas, dans le quotidien Libération.

Les pays les plus affectés par le virus, en particulier l'Italie, réclament la création d'un "fonds" de relance qui puisse être financé par de la dette commune, sous la forme d'euro-obligations parfois appelées "coronabonds" ou "eurobonds". Parmi ces pays figurent aussi l'Espagne et la France, ainsi que la Grèce, Malte, le Luxembourg ou l'Irlande, selon des sources concordantes. Or, la mutualisation des dettes constitue une ligne rouge pour Berlin et La Haye, qui refusent de s'inscrire dans une démarche commune avec les Etats très endettés du Sud, jugés laxistes dans leur gestion. Le texte final évoque un "fonds de relance" dont "les aspects juridiques et pratiques", notamment le "financement" devra encore être défini.

Les deux autres axes de réponse des Européens face au virus étaient plus consensuels : un fonds de garantie de la Banque européenne d'investissement (BEI) permettant de mobiliser jusqu'à 200 milliards d'euros pour les entreprises et une garantie de 100 milliards d'euros maximum de la Commission européenne pour soutenir les plans nationaux de chômage partiel.

"La réunion s'est achevée sous les applaudissements des ministres", a annoncé sur Twitter le porte-parole du président de l'Eurogroupe aux alentours de 22H00 (20H00 GMT). Le ministre français des Finances, Bruno Le Maire, a lui salué un "excellent accord", incluant "500 milliards d'euros disponibles immédiatement" et "un fonds de relance à venir".Ce consensus constitue un soulagement pour les Européens qui parviennent à afficher une unité face aux conséquences économiques désastreuses du virus, après des semaines d'atermoiements mettant en évidence une fracture béante entre les pays du Nord et ceux du Sud. Face à la pandémie, la réponse européenne doit s'orienter sur trois axes principaux : jusqu'à 240 milliards d'euros de prêts du fonds de secours de la zone euro, un fonds de garantie de 200 milliards d'euros pour les entreprises et jusqu'à 100 milliards pour soutenir le chômage partiel. "Il était absolument nécessaire d'envoyer aujourd'hui, aux familles et entreprises, un signal clair de solidarité européenne", a déclaré le ministre belge Alexander De Croo. "L'Europe est également à leurs côtés. C'est une première étape importante pour répondre aux besoins les plus urgents rapidement." La brûlante question des "coronabonds", destinés à soutenir l'économie à plus long terme après la crise, considérée comme moins urgente, n'a pas été tranchée jeudi. Les chefs d'Etat et de gouvernement, qui n'étaient eux-mêmes pas parvenus à s'entendre lors d'un sommet le 26 mars, devront encore valider ces propositions.Une réponse unitaire était d'autant plus indispensable que l'économie européenne se dirige en 2020 vers une profonde récession, le Fonds monétaire international estimant même que le coronavirus pourrait engendrer au niveau mondial "les pires conséquences économiques depuis la Grande Dépression" de 1929.Les contacts bilatéraux s'étaient multiplié depuis deux jours, avec la "volonté d'aboutir à un compromis avant la réunion" par visioconférence, initialement programmée à 17H00 (15H00 GMT), mais qui n'a débuté qu'à 21H30 (19H30). Mercredi matin, après seize heures d'échanges stériles, La Haye avait été unanimement critiquée pour son inflexibilité, un blocage qualifié de "contreproductif" et "incompréhensible" par la présidence française.Les Etats membres reprochaient aux Pays-Bas --soutenus, selon une source européenne, par l'Autriche, la Suède et le Danemark-- de bloquer l'activation du Mécanisme européen de stabilité (MES) en conditionnant strictement les prêts que pourrait octroyer ce fonds de secours de la zone euro à des réformes économiques. Une telle "conditionnalité", qui renverrait à l'époque où la Grèce a été contrainte de mettre en oeuvre des réformes parfois douloureuses en échange d'argent frais, aurait été vécue comme une humiliation par Rome et Madrid, les deux pays européens pour l'instant les plus touchés par l'épidémie.Créé en 2012 lors de la crise de la dette et financé par les Etats membres, le MES pourrait prêter aux Etats jusqu'à 2% de leur PIB, soit jusqu'à 240 milliards d'euros pour l'ensemble de la zone euro. L'ancien président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, s'est invité jeudi dans le débat, jugeant "irresponsable" l'attitude des Pays-Bas, dans le quotidien Libération.Les pays les plus affectés par le virus, en particulier l'Italie, réclament la création d'un "fonds" de relance qui puisse être financé par de la dette commune, sous la forme d'euro-obligations parfois appelées "coronabonds" ou "eurobonds". Parmi ces pays figurent aussi l'Espagne et la France, ainsi que la Grèce, Malte, le Luxembourg ou l'Irlande, selon des sources concordantes. Or, la mutualisation des dettes constitue une ligne rouge pour Berlin et La Haye, qui refusent de s'inscrire dans une démarche commune avec les Etats très endettés du Sud, jugés laxistes dans leur gestion. Le texte final évoque un "fonds de relance" dont "les aspects juridiques et pratiques", notamment le "financement" devra encore être défini.Les deux autres axes de réponse des Européens face au virus étaient plus consensuels : un fonds de garantie de la Banque européenne d'investissement (BEI) permettant de mobiliser jusqu'à 200 milliards d'euros pour les entreprises et une garantie de 100 milliards d'euros maximum de la Commission européenne pour soutenir les plans nationaux de chômage partiel.