L'ancien Premier ministre belge a mené ces dernières semaines d'intenses contacts avec les chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE. Il doit encore voir la chancelière allemande Angela Merkel et le président français Emmanuel Macron, de même que le Premier ministre irlandais sortant, Leo Varadkar, et le président chypriote Nicos Anastasiades. "Chaque pays a ses demandes et son passé spécifique en matière de budget européen. Mais vu le trou de 60 milliards d'euros que laisse le Brexit, on ne plus faire comme avant. Chacun devra mettre de l'eau dans son vin", disait-on du côté du rond-point Schuman.

Le Conseil est la dernière des trois grandes institutions de l'UE à être toujours dépourvue d'une position de négociation sur le "cadre financier pluriannuel" (CFP), alors que la Commission et le Parlement sont prêts depuis 2018 pour l'indispensable trilogue.

Plus le temps passe, plus croît le risque de reporter l'entrée en vigueur d'importants programmes européens. L'enjeu - un bon millier de milliard d'euros - est de taille et les intérêts nationaux des États membres divergent parfois considérablement.

La Commission a proposé de réduire les budgets de politiques traditionnelles de l'UE comme les fonds de cohésion et la Politique agricole commune pour accentuer des politiques nouvelles comme la migration et le contrôle des frontières, la transition numérique, la recherche et l'innovation ou encore Erasmus.

Mais un club de cinq pays (Pays-Bas, Suède, Autriche, Danemark et dans une moindre mesure l'Allemagne) refuse que l'Union dépense plus d'un pour-cent du revenu national brut (RNB) du bloc à 27.

La Commission, elle, a proposé 1,11% et le Parlement 1,3%. Impensable pour l'Allemagne qui, notamment en raison du Brexit, pourrait voir sa contribution augmenter de 12 milliards d'euros par an pour atteindre les 40 milliards. Les rabais, que d'aucuns voudraient supprimer maintenant que les Britanniques sont sortis, font aussi l'objet d'âpres débats.

A l'autre bout de la table figure le club des "Amis de la cohésion", une alliance de seize pays méridionaux et de l'est de l'Europe qui reçoivent plus d'argent de l'UE qu'ils n'en injectent - encore que cette manière de voir les choses soit contestée par la Commission.

Parmi eux, l'Espagne et le Portugal insistent pour accentuer la création d'emploi chez les jeunes, soutenir les régions les moins développées et la politique agricole commune.

Et la Belgique dans tout ça ? La Première ministre du gouvernement d'affaires courantes, Sophie Wilmès, ne fixe pas de plafond budgétaire, mais des priorités. C'est ainsi que la Belgique s'oppose à la proposition de faire passer de 20% à 10% le montant que les États membres peuvent déduire dans le budget européen sur les droits de douane. Elle refuse aussi de perdre des fonds destinés aux régions de transition, un sujet très sensible en Wallonie comme en Flandre.

Le pays ne souhaite pas non plus que des fonds pour la recherche et l'innovation et des fonds de cohésion soient perdus à travers la politique climatique, dans le fonds pour une transition juste du Pacte vert européen. En ce qui concerne la politique agricole, la Belgique s'oppose à nouveau à l'idée de convergence externe, selon laquelle le soutien par hectare de terres agricoles serait uniformisé dans tous les États membres.

Si M. Michel tient son délai, le texte de compromis pourrait être discuté lundi après-midi par les ministres en charge des Affaires européennes. Mais bien malin qui pourrait dire si le sommet extraordinaire de jeudi débouchera sur un accord ou s'il devra jouer les prolongations

L'ancien Premier ministre belge a mené ces dernières semaines d'intenses contacts avec les chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE. Il doit encore voir la chancelière allemande Angela Merkel et le président français Emmanuel Macron, de même que le Premier ministre irlandais sortant, Leo Varadkar, et le président chypriote Nicos Anastasiades. "Chaque pays a ses demandes et son passé spécifique en matière de budget européen. Mais vu le trou de 60 milliards d'euros que laisse le Brexit, on ne plus faire comme avant. Chacun devra mettre de l'eau dans son vin", disait-on du côté du rond-point Schuman. Le Conseil est la dernière des trois grandes institutions de l'UE à être toujours dépourvue d'une position de négociation sur le "cadre financier pluriannuel" (CFP), alors que la Commission et le Parlement sont prêts depuis 2018 pour l'indispensable trilogue. Plus le temps passe, plus croît le risque de reporter l'entrée en vigueur d'importants programmes européens. L'enjeu - un bon millier de milliard d'euros - est de taille et les intérêts nationaux des États membres divergent parfois considérablement. La Commission a proposé de réduire les budgets de politiques traditionnelles de l'UE comme les fonds de cohésion et la Politique agricole commune pour accentuer des politiques nouvelles comme la migration et le contrôle des frontières, la transition numérique, la recherche et l'innovation ou encore Erasmus. Mais un club de cinq pays (Pays-Bas, Suède, Autriche, Danemark et dans une moindre mesure l'Allemagne) refuse que l'Union dépense plus d'un pour-cent du revenu national brut (RNB) du bloc à 27. La Commission, elle, a proposé 1,11% et le Parlement 1,3%. Impensable pour l'Allemagne qui, notamment en raison du Brexit, pourrait voir sa contribution augmenter de 12 milliards d'euros par an pour atteindre les 40 milliards. Les rabais, que d'aucuns voudraient supprimer maintenant que les Britanniques sont sortis, font aussi l'objet d'âpres débats. A l'autre bout de la table figure le club des "Amis de la cohésion", une alliance de seize pays méridionaux et de l'est de l'Europe qui reçoivent plus d'argent de l'UE qu'ils n'en injectent - encore que cette manière de voir les choses soit contestée par la Commission. Parmi eux, l'Espagne et le Portugal insistent pour accentuer la création d'emploi chez les jeunes, soutenir les régions les moins développées et la politique agricole commune. Et la Belgique dans tout ça ? La Première ministre du gouvernement d'affaires courantes, Sophie Wilmès, ne fixe pas de plafond budgétaire, mais des priorités. C'est ainsi que la Belgique s'oppose à la proposition de faire passer de 20% à 10% le montant que les États membres peuvent déduire dans le budget européen sur les droits de douane. Elle refuse aussi de perdre des fonds destinés aux régions de transition, un sujet très sensible en Wallonie comme en Flandre. Le pays ne souhaite pas non plus que des fonds pour la recherche et l'innovation et des fonds de cohésion soient perdus à travers la politique climatique, dans le fonds pour une transition juste du Pacte vert européen. En ce qui concerne la politique agricole, la Belgique s'oppose à nouveau à l'idée de convergence externe, selon laquelle le soutien par hectare de terres agricoles serait uniformisé dans tous les États membres.Si M. Michel tient son délai, le texte de compromis pourrait être discuté lundi après-midi par les ministres en charge des Affaires européennes. Mais bien malin qui pourrait dire si le sommet extraordinaire de jeudi débouchera sur un accord ou s'il devra jouer les prolongations