Theresa May est apparue vers 21h40, un peu plus tard que prévu, devant le 10 Downing Street pour un discours télévisuel très attendu. Des rumeurs annonçaient en effet qu'elle pouvait démissionner comme dernier sacrifice pour obtenir l'accord de la Chambre des communes. Rien de tel pourtant. Elle s'est contenté de rejeter l'entière responsabilité sur le Parlement. "Les députés n'ont pas réussi à trouver un moyen de mettre en oeuvre le brexit. En conséquence, nous ne serons pas en mesure de partir avec un accord le 29 mars", a-t-elle déclaré.

"Ce report est un grand regret personnel pour moi", a déclaré Theresa May lors d'une courte allocution mercredi soir à Downing Street, après s'être entretenue avec des membres de l'opposition.

"Je suis sûr que vous, le peuple, en avez assez de tout ça. Vous en avez assez que les députés ne parlent que de Brexit alors que vous avez préoccupations bien réelles. Je suis de votre côté. Il est temps que les députés décident. J'espère passionnément que les députés soutiendront l'accord que j'ai négocié avec l'UE", a-t-elle dit.

May a aussi déclaré qu'elle n'était pas prête à reporter le Brexit à après le 30 juin. "Certains disent que je fais le mauvais choix et que je devrais demander un délai plus long pour donner aux politiciens plus de temps pour discuter de la façon dont nous devrions procéder. Mais cela implique l'organisation d'élections européennes. Et quel message cela enverrait-il ? Et à quel point cette campagne serait amère et diviserait le pays, à un moment où le pays a un besoin urgent d'union.

Un deuxième référendum n'est pas non plus une option, a-t-elle dit. "Nous vous avons posé la question et vous avez répondu, vous voulez maintenant que nous y travaillions et je suis déterminé à le faire.

Une lettre à Tusk

A neuf jours de la date prévue pour la sortie du Royaume Uni du club européen et alors qu'elle a échoué à faire adopter par la Chambre des Communes le Traité de retrait conclu fin novembre avec Bruxelles, Mme May a écrit à M. Tusk pour lui demander une extension "jusqu'au 30 juin" de l'article 50 du Traité de Lisbonne, qui régit la sortie d'un pays de l'UE.

Elle appelle solennellement les députés à soutenir son accord de divorce, "J'espère passionnément que les députés soutiendront l'accord que j'ai négocié avec l'UE", a déclaré la dirigeante conservatrice lors d'une adresse à la nation depuis le 10, Downing Street, après avoir demandé dans la journée à l'Union européenne un report de la date du divorce, prévu initialement pour le 29 mars.

L'objectif de la dirigeante conservatrice est d'éviter à son pays une sortie brutale, sans accord et sans transition, de l'UE, 46 ans après son adhésion à ce qui était alors la Communauté économique européenne.

Mais sa demande doit être acceptée à l'unanimité des 27 autres Etats membres de l'UE, réunis en sommet à Bruxelles jeudi et vendredi, et validée par les deux chambres du Parlement britannique avant le 29 mars, date théorique de la sortie.

L'Union européenne est prête à accorder au Royaume-Uni un court report du Brexit à condition que les députés votent l'accord de divorce négocié avec Theresa May, a annoncé mercredi le président du Conseil européen, Donald Tusk. "Je crois qu'une courte extension sera possible mais elle sera conditionnée à un vote positif sur le traité de retrait à la Chambre des Communes", a dit M. Tusk, dans une courte déclaration devant la presse, réagissant à la requête de la cheffe du gouvernement britannique.

Le risque demeure donc d'un divorce brutal entre Londres et l'UE, un scénario aux conséquences économiques redoutées d'un côté comme de l'autre.

- "Frêle" espoir -

"Même si l'espoir d'un succès final peut paraître frêle, voire illusoire, et bien qu'une fatigue du Brexit soit de plus en plus visible et justifiée, nous ne pouvons renoncer à rechercher jusqu'au tout dernier moment une solution positive", a déclaré M. Tusk.

Le traité de retrait de l'UE, péniblement conclu à l'issue d'un an et demi de négociations, a été massivement rejeté à deux reprises par les députés britanniques. Malgré ces cuisantes défaites, Theresa May souhaite "présenter une nouvelle fois à la Chambre" ce texte et ce "aussi vite que possible".

Pour être soumis au vote des députés, l'accord devra cependant être "substantiellement" différent, a prévenu le président de la Chambre des Communes, John Bercow, qui a écarté lundi que les députés se prononcent une nouvelle fois sur un texte identique.

En obtenant ensuite un report du Brexit au 30 juin, Theresa May compte éviter au Royaume-Uni de participer aux élections européennes fin mai, une perspective qu'elle considère "inacceptable", près de trois ans après le référendum de juin 2016 qui a décidé du Brexit.

"En tant que Première ministre, je ne suis pas disposée à repousser le Brexit au-delà du 30 juin", a-t-elle déclaré, laissant planer l'hypothèse de sa démission.

- Pour quelle durée? -

Mais cette date est jugée trop tardive par plusieurs Etats membres et fait peser de "graves risques politiques et juridiques" pour l'UE, selon la Commission européenne.

"La question reste ouverte quant à la durée" du report, a souligné Donald Tusk.

Si les dirigeants des 27 "approuvent mes recommandations et qu'il y a un vote positif à la Chambre des Communes la semaine prochaine, nous pouvons finaliser et formaliser la décision sur l'extension dans une procédure écrite" ultérieurement, a dit M. Tusk, qui n'a toutefois pas exclu la nécessité d'un nouveau sommet "la semaine prochaine".

Plus tôt dans la journée, le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, avait estimé qu'il n'y aurait "pas de décision cette semaine lors du Conseil européen".

Le délai réclamé par Mme May a fait bondir dans les rangs de la majorité comme de l'opposition. Le leader de l'opposition travailliste, Jeremy Corbyn, partisan d'un report plus long, a fustigé "l'incompétence, les échecs et l'intransigeance de la Première ministre et de son gouvernement".

Le député conservateur Peter Bone, opposé au report, y a vu une "trahison du peuple britannique" et a appelé la cheffe du gouvernement à revenir sur sa décision.

Theresa May est apparue vers 21h40, un peu plus tard que prévu, devant le 10 Downing Street pour un discours télévisuel très attendu. Des rumeurs annonçaient en effet qu'elle pouvait démissionner comme dernier sacrifice pour obtenir l'accord de la Chambre des communes. Rien de tel pourtant. Elle s'est contenté de rejeter l'entière responsabilité sur le Parlement. "Les députés n'ont pas réussi à trouver un moyen de mettre en oeuvre le brexit. En conséquence, nous ne serons pas en mesure de partir avec un accord le 29 mars", a-t-elle déclaré."Ce report est un grand regret personnel pour moi", a déclaré Theresa May lors d'une courte allocution mercredi soir à Downing Street, après s'être entretenue avec des membres de l'opposition. "Je suis sûr que vous, le peuple, en avez assez de tout ça. Vous en avez assez que les députés ne parlent que de Brexit alors que vous avez préoccupations bien réelles. Je suis de votre côté. Il est temps que les députés décident. J'espère passionnément que les députés soutiendront l'accord que j'ai négocié avec l'UE", a-t-elle dit.May a aussi déclaré qu'elle n'était pas prête à reporter le Brexit à après le 30 juin. "Certains disent que je fais le mauvais choix et que je devrais demander un délai plus long pour donner aux politiciens plus de temps pour discuter de la façon dont nous devrions procéder. Mais cela implique l'organisation d'élections européennes. Et quel message cela enverrait-il ? Et à quel point cette campagne serait amère et diviserait le pays, à un moment où le pays a un besoin urgent d'union. Un deuxième référendum n'est pas non plus une option, a-t-elle dit. "Nous vous avons posé la question et vous avez répondu, vous voulez maintenant que nous y travaillions et je suis déterminé à le faire.A neuf jours de la date prévue pour la sortie du Royaume Uni du club européen et alors qu'elle a échoué à faire adopter par la Chambre des Communes le Traité de retrait conclu fin novembre avec Bruxelles, Mme May a écrit à M. Tusk pour lui demander une extension "jusqu'au 30 juin" de l'article 50 du Traité de Lisbonne, qui régit la sortie d'un pays de l'UE.Elle appelle solennellement les députés à soutenir son accord de divorce, "J'espère passionnément que les députés soutiendront l'accord que j'ai négocié avec l'UE", a déclaré la dirigeante conservatrice lors d'une adresse à la nation depuis le 10, Downing Street, après avoir demandé dans la journée à l'Union européenne un report de la date du divorce, prévu initialement pour le 29 mars.L'objectif de la dirigeante conservatrice est d'éviter à son pays une sortie brutale, sans accord et sans transition, de l'UE, 46 ans après son adhésion à ce qui était alors la Communauté économique européenne.Mais sa demande doit être acceptée à l'unanimité des 27 autres Etats membres de l'UE, réunis en sommet à Bruxelles jeudi et vendredi, et validée par les deux chambres du Parlement britannique avant le 29 mars, date théorique de la sortie.L'Union européenne est prête à accorder au Royaume-Uni un court report du Brexit à condition que les députés votent l'accord de divorce négocié avec Theresa May, a annoncé mercredi le président du Conseil européen, Donald Tusk. "Je crois qu'une courte extension sera possible mais elle sera conditionnée à un vote positif sur le traité de retrait à la Chambre des Communes", a dit M. Tusk, dans une courte déclaration devant la presse, réagissant à la requête de la cheffe du gouvernement britannique.Le risque demeure donc d'un divorce brutal entre Londres et l'UE, un scénario aux conséquences économiques redoutées d'un côté comme de l'autre."Même si l'espoir d'un succès final peut paraître frêle, voire illusoire, et bien qu'une fatigue du Brexit soit de plus en plus visible et justifiée, nous ne pouvons renoncer à rechercher jusqu'au tout dernier moment une solution positive", a déclaré M. Tusk.Le traité de retrait de l'UE, péniblement conclu à l'issue d'un an et demi de négociations, a été massivement rejeté à deux reprises par les députés britanniques. Malgré ces cuisantes défaites, Theresa May souhaite "présenter une nouvelle fois à la Chambre" ce texte et ce "aussi vite que possible".Pour être soumis au vote des députés, l'accord devra cependant être "substantiellement" différent, a prévenu le président de la Chambre des Communes, John Bercow, qui a écarté lundi que les députés se prononcent une nouvelle fois sur un texte identique.En obtenant ensuite un report du Brexit au 30 juin, Theresa May compte éviter au Royaume-Uni de participer aux élections européennes fin mai, une perspective qu'elle considère "inacceptable", près de trois ans après le référendum de juin 2016 qui a décidé du Brexit."En tant que Première ministre, je ne suis pas disposée à repousser le Brexit au-delà du 30 juin", a-t-elle déclaré, laissant planer l'hypothèse de sa démission.Mais cette date est jugée trop tardive par plusieurs Etats membres et fait peser de "graves risques politiques et juridiques" pour l'UE, selon la Commission européenne."La question reste ouverte quant à la durée" du report, a souligné Donald Tusk.Si les dirigeants des 27 "approuvent mes recommandations et qu'il y a un vote positif à la Chambre des Communes la semaine prochaine, nous pouvons finaliser et formaliser la décision sur l'extension dans une procédure écrite" ultérieurement, a dit M. Tusk, qui n'a toutefois pas exclu la nécessité d'un nouveau sommet "la semaine prochaine".Plus tôt dans la journée, le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, avait estimé qu'il n'y aurait "pas de décision cette semaine lors du Conseil européen".Le délai réclamé par Mme May a fait bondir dans les rangs de la majorité comme de l'opposition. Le leader de l'opposition travailliste, Jeremy Corbyn, partisan d'un report plus long, a fustigé "l'incompétence, les échecs et l'intransigeance de la Première ministre et de son gouvernement".Le député conservateur Peter Bone, opposé au report, y a vu une "trahison du peuple britannique" et a appelé la cheffe du gouvernement à revenir sur sa décision.