Les causes de l'accident sont encore inconnues, a indiqué en début d'après-midi le gouvernement, tout en annonçant le lancement immédiat d'une enquête. Les regards se portent néanmoins sur un des véhicules accidentés, "a priori un véhicule lourd" qui aurait pu entraîner l'effondrement de l'ouvrage.

Une adolescente de 15 ans, habitante de Mirepoix-sur-Tarn, la commune où s'est produit le drame, a été tuée quand la voiture que conduisait sa mère est tombée à l'eau, avec un camion. Sa mère a pu être sauvée par des témoins, selon le procureur de Toulouse Dominique Alzéari.

La personne portée disparue est le conducteur du camion qui s'était engagé sur le pont, dont on ignore encore s'il excédait ou non le tonnage autorisé. "Ces ponts sont interdits aux véhicules de plus de 19 tonnes mais il est fréquent que des camions de plus gros tonnage les empruntent", a relevé le président de la Communauté de communes, Jean-Marc Dumoulin.

Cinq personnes, des témoins ayant tenté de porter secours aux victimes et deux pompiers, sont en état d'urgence relative.

Le tablier du pont, quasi entièrement effondré et dont la chaussée a été presque coupée en deux, plonge dans la rivière, profonde de plus de 20 mètres et large de 100 à cet endroit. Des plongeurs étaient sur place pour confirmer qu'il n'y avait pas de troisième véhicule impliqué.

Pont de Mirepoix sur Tarn, le 18 novembre 2019 © AFP

"25.000 ponts" en mauvais état

Le pont de structure métallique, datant de 1931, avait "fait, semble-t-il, l'objet d'un suivi correct", selon le procureur. L'ouvrage, qui mesurait 155 mètres de long et 6,50 de large, ne présentait "aucun problème de structure" lors de sa dernière inspection détaillée en 2017, et le dernier contrôle a eu lieu en décembre 2018. "Ce n'était pas un ouvrage classé à surveillance renforcée ou en état critique", assure Georges Tempez, responsable de l'organisme public qui avait conduit l'inspection en 2017.

Les ouvrages suspendus sont répandus dans cette région, ils ont été installés sur la rivière Tarn après des inondations en 1930. "On le prend tous les jours ce pont. On était loin de s'imaginer qu'il pouvait s'effondrer. Les bus scolaires venaient juste de passer", a témoigné, des sanglots dans la voix, Audrey Laujac, 36 ans, qui habite à 100 mètres.

Pour la commune d'un millier d'habitants, située à une trentaine de kilomètres au nord de Toulouse, le pont était "un axe de circulation important", emprunté notamment par de nombreux piétons.

Ce drame "illustre malheureusement" les conclusions de la mission d'information sénatoriale sur la sécurité des ponts, à savoir qu'il y a "une vraie dangerosité de l'état de nos ponts", a déclaré son président Hervé Maurey à l'AFP.

Selon les conclusions de cette mission, mise en place après l'effondrement meurtrier du viaduc italien de Gênes en août 2018 (43 morts), "au moins 25.000 ponts" français "sont en mauvais état structurel", sur les 200.000 à 250.000 ouvrages que compte le pays - le nombre exact de ponts routiers en France n'est pas connu.

La mission d'information a appelé fin juin à "un "plan Marshall" pour éviter un drame", réclamant un audit des ponts.